Meurtre sanglant au supermarché

 

corner store on Bourke & Fitzroy Streets, Surry Hills, Sydney, 21 August 1934 / Sam Hood

Ca pourrait être le titre du journal « Le Parisien » demain…

 

Je crois que plus je vieillis, plus je ressemble à mon père et ce n’est pas un compliment, je vous assure. Et je ne sais pas pourquoi, ça se cristallise particulièrement au supermarché. Le supermarché AAAAAATAC (c’est comme ça que je le prononce) de mon quartier.

 

D’abord, j’ai une sainte horreur qu’ils fassent des fantaisies en matière de rangement chez Atac. Les lingettes, c’est l’allée 7. Point. Ca ne se discute pas. Je suis arrivée dans le quartier il y a 4 ans, j’ai bien fait mes repérages et non, je suis désolée, c’est interdit de déménager les compotes de pommes de l’allée 3 à l’allée 6. C’est ILLEGAL, ok ?!

 

Ensuite, j’ai horreur qu’on me perturbe dans mon parcours rationnalisé à mort. J’arrive, le vigile s’écarte mort de trouille (nan…je rigole, c’est un fantasme), et je commence bien ma démarche taylorienne par le fond du magasin, là où se situent les produits les plus encombrants pour terminer au début du magasin. Aussi, pour gagner du temps au moment de rejoindre la sortie. Et croyez moi, j’ai bien étudié le bordel. Mes courses doivent durer 30mn. Pas plus. J’ai une liste précise quasi classée par rayon et je coche avec un plaisir non dissimulé chaque produit terminant dans mon caddy. Enfin, le caddy, le machin à roulettes ignoble que les mémés du monde entier se trimballent. Je l’ai choisi moche exprès pour ne jamais m’habituer. Non, c’est pas vrai. Je l’ai récupéré après un tournage mais je confirme, il est ignoble, tout gris, déprimant.

 

Donc le temps hebdomadaire consacré à AAAATAC est chronométré. Et c’est le samedi matin. Point. Pas le lundi, pas le jeudi, pas le samedi après-midi. Que nenni, pas de fantaisie, on a dit. Le samedi matin entre 8h30 et 11h. J’ai une carte de séjour très précise pour aller là-bas. J’arpente chaque allée en effectuant des gestes précis. C’est le pied. C’est pour ça qu’il est strictement interdit de bouger un rayon. Car ça me destabilise. La dernière fois qu’ils l’ont fait, on a crée une cellule de soutien psychologique. mes courses avaient duré 42mn. Le drame ! Quant aux promeneurs du dimanche égarés dans un supermarket le samedi matin, j’ai envie de les tuer. Et que je me balade rayon tampax et que j’erre au rayon surgelés. Je dois dire que les hommes font beaucoup de mal à ce sujet. Ils contrarient très régulièrement mon parcours. C’est extrèmement désagréable.

 

Ensuite arrive le moment le plus crucial. LA CAISSE. Je précise que je suis super pote avec les caissières de supermarché. Je sais pas pourquoi, elles font tellement un métier de merde que je les adore. Je leur raconte très souvent des conneries pour les faire ricaner bêtement, elles me connaissent pratiquement toutes. Elles me foutent souvent dans des situations ahurissantes comme la fois où j’ai du, pour faire une blague, faire un scandale au nouveau directeur car soi-disant, l’ancien s’était barré sans me dire au revoir ! Le pauvre garçon était halluciné quand je lui ai expliqué que ce n’était pas très commerçant de partir sans laisser un petit mot à chaque client fidèle (environ 352 personnes…). Et je l’ai achevé quand, en ayant quasi les larmes aux yeux, je lui ai expliqué qu’un directeur de supermarché, c’était comme les pigeons que je nourrissais, je m’attachais facilement…

 

Donc…La caisse.

 

Et là….ya un truc, ça me rend mauvaise comme tout, c’est les gens qui se conduisent de manière irrationelle. Exposé de la situation. Moi, je déballe mes produits sur le tapis roulant du plus encombrant au moins encombrant. Vous m’avez bien entendu. Je classe mes produits sur le tapis. Et je prends garde à prendre le moins de place possible. Rationalisation de l’espace, on a dit. Oui, je sais….mais en début de billet, je vous ai expliqué que je ressemblais de plus en plus à mon père, 76 ans au compteur (Papa, je t’aime !). Et je range également, de manière optimale la chose ignoble qui me sert à transporter d’un point A à un point B les choses pour me nourrir. Je range très vite. Car, sous vos yeux émerveillés, mon jeu préféré, c’est ne pas me faire pulvériser par une caissière plus rapide que moi. Je sais…c’est pathétique. MAIS !

 

MAIS !

 

Je veille toujours, si je me suis fait explosée par le rythme infernal d’une caissière aux doigts de super Jaimie, de bien avoir préalablement sorti mon moyen de paiement et de payer dès qu’elle a terminé de façon à ce que, pendant que la caisse fait son taf, je termine tranquillement de ranger mes courses. RATIONALISATION DU TEMPS, on a dit, ok ?

 

Mais, il y a des gens. Des vrais gens, j’entends. Des vrais gens qui ne font pas comme moi. Des dingues qui mettent tout en vrac sur le tapis, et qui rangent leurs courses peinards, mais alors peinards de chez tranquille. Des malades mentaux qui rangent d’abord leur bordel, cherchent deux heures leur moyen de paiement dans leur saloperie de merde de portefeuille qui est à l’intérieur de leur putain de saloperie de sac….et finissent par daigner régler leur note dix longues minutes plus tard.

 

ET CA !! Ca, ça me rend folle furieuse. J’ai envie de les tuer. Hier soir, je suis partie chercher 10 litres de dstop. Parce que ça fait trois semaines que mes toilettes se bouchent tellement régulièrement que c’en est déstabilisant. Oui…je sais, ne me remerciez pas, ma vie est la votre, ça me fait plaisir ! Et il y a eu une série noire chez AAAATAC. Il était 20h et la caisse où j’étais était remplie de gens décontractés qui ne classaient pas leurs courses, ne sortaient surtout pas leur CB à l’avance, oubliaient de peser leurs légumes frais ( c’est entre autre pour ça que je ne mange jamais de légumes frais, c’est contre ma déontologie personnelle de rationalisation de la grande surface), et attendaient d’avoir rangé leurs courses avant de payer, les DINGUES !!!

 

J’ai cru que j’allais commettre un meurtre. Vraiment. Mais je crois que j’ai la solution. Maintenant quand j’irai à Atac, je prendrais des anxiolétiques.

 

Ou je vais créer le premier cabinet de coaching de courses…

 

Après mûre reflexion je crois avoir un problème global avec les grands magasins…

Crédit photo Flickr

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