La légende des pianistes de l’Aufgang (ou le batteur enchanté)

© Rod - Le HibOO

La légende des pianistes de l’Aufgang (ou le batteur enchanté)… On dit qu’un jour, un joueur de batterie se retrouva entouré par deux joueurs de piano et qu’il en fut enchanté. Le sortilège se matérialisa en un album et se répandit partout. Ils jouaient ensemble. Aux deux sens du terme…

 

Il est des associations improbables, des paris risqués, de la magie dans l’air et du talent à en pleurer…

À l’aube d’une nouvelle ère, l’an 2000 porteur de rêves autant que d’angoisses, deux pianistes se rencontrent. Si leur parcours semble des plus classiques, ils s’évadent du genre en jouant tous les deux avec des styles opposés à celui qu’ils pratiquent à la Juilliard School à New York. Filer à l’anglaise vers l’électro, jouer les filles de l’air en fuyant pour quelques heures la servitude du piano classique.Un troisième complice fait son apparition, côté batterie, et le trio vit de grandes aventures à Manhattan. Et le temps passe…

 

Rami, l’un des deux pianistes parcourt le monde avec ou sans son père, jouant, et rejouant et acquiert une réputation internationale. Aymeric, le batteur se lance à la conquête de la « french touch » en compagnie de Cassius. Francesco exécute, interprète, court de prix en prix, et surtout remet inlassablement tout en jeu en sortant des albums qui transcendent les styles, reprenant des standards d’électro ou s’associant avec un légendaire sorcier berlinois, Moritz Von Oswald.

 

Des guerriers du carcan classique. Des aventuriers de la musique.

 

La légende dit que c’est à Barcelone que le serment se scelle. Ils passent cinq nuits à jouer à en perdre la raison et se produisent lors d’un live retentissant. Et enregistrer un album devient de la pure logique.

 

Vibrer et faire vibrer, uniquement, affranchi des styles et des dictats. Deux pianos, une batterie et une auréole d’arrangements électro.

 

Ce jeudi, au café de la danse, je suis face à la légende. Ils s’avancent tous les trois. Trois chevaliers, beaux comme le disent les rumeurs. Je suis face à l’improbable. Parce que ça fonctionne ! Ce que l’on peut soupçonner d’être indigeste, rébarbatif est une oeuvre. Pleine et entière. La salle est littéralement emportée. Loin du pré-mâché, du prêt à consommer, Aufgang (ascenseur en allemand) est précisément un ascenseur émotionnel. Et ceux qui connaissent vraiment Voldemag savent à quel point c’est une notion à laquelle nous tenons en ce lieu. Parfois, c’est insupportable, parfois, c’est un enchantement, parfois c’est agressif, parfois c’est bouleversant. C’est tout un monde d’émotions qui s’abat sur une salle de concert, peuplée de gens très différents les uns des autres. Sphère classique et sphère ultra-moderne enfin réunies. Fusionnées autour de trois êtres terriblement humains et pourtant complètement d’ailleurs.

 

 

© Rod - Le HibOO

Rami, l’énergie, la vie

 

© Rod - Le HibOO

Francesco, la sensualité, la grâce

 

© Rod - Le HibOO

Aymeric, le rêve, la puissance


Les trois, symboles de notions qui existent toutes dans cet album. Dans ce concert. Je n’avais jamais vu ça. Je n’avais jamais entendu ça. « Un ovni » comme dit le magazine Tsug. Les frontières sont abolies avec eux. Tout devient possible. Des perspectives gigantesques, presque vertigineuses. La légende des pianistes de l’Aufgang ou le batteur enchanté…

 

Un mythe est né. L’histoire de ceux qui ont abattu le mur construit siècle après siècle entre les genres musicaux. Il n’y a pas si longtemps, on fêtait la chute de celui qui précipita l’anéantissement d’un rideau de fer. Le monde de la musique fêtera un jour la capitulation des barrières musicales qui prit corps dans un album. « Aufgang », l’ascenseur pour la liberté. La légende de deux pianistes et d’un batteur.

 

http://www.myspace.com/aufgangsonar


Crédit photo : le Hiboo /Rod

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