A l’envers

 

 

Gorst, Vern C.

Un petit, gros, immense coup de gueule ce dimanche matin. Oui, ce matin, je suis folle de rage.

 

Je parcours le web, section infos et jette un coup d’œil aux résultats de l’affaire Dylan, ce petit garçon aujourd’hui âgé de 9 ans, qui a été battu, enfermé, déscolarisé par ses parents avec la bénédiction de la grand-mère et du voisin pendant qu’on y était.

 

Je ne vais pas vous faire la liste des sévices. On va s’épargner, non ?

 

Ce qui me met dans un état de rage indescriptible, c’est le résultat. Je passe sur le fait que le père et la mère passeront moins de temps en prison que leur fils a passé en enfer. « Je me rends compte que j’ai fait des bêtises ». On part de loin, non ? Vous voulez que je vous dise, je ne suis même pas convaincue que leur place soit en taule. Quand je lis le petit discours de l’avocat du père (qui fait son taf, j’imagine mais bordel, un chouia de décence, c’est pas trop demandé ?!) « L’avocat du père, Me Christophe Bringer, a cependant estimé que les parents n’avaient pas « volontairement infligé des mauvais traitements par sadisme » mais étaient simplement « des gens incapables d’apporter des réponses adaptées aux problèmes d’éducation, parce que trop démunis socialement et intellectuellement ». » Source France info.

 

Ha ouais ? C’est pas du sadisme ? Je ne sais pas ce que c’est alors, et c’est bien pour ça, que si c’était moi qui décidais, ce serait direction institution psychiatrique, parce que ne pas avoir de notions de bien ou de mal à ce point-là, c’est de l’ordre de la psychiatrie.

 

Mais ce qui me met vraiment dans un état de rage indescriptible, c’est ça : « Les parents n’ont pas été déchus de leurs droits parentaux ».

 

Ha bon ? Mais diable ! Que faut-il faire pour être déchu de ses droits ?! Est-ce que la justice se rend compte du message qu’elle fait passer là ? Ce qu’elle dit en substance, c’est « Dylan, malgré toute ta douleur, ta souffrance, ta vie brisée avec une hypothétique résilience à la clé, tes parents défaillants ont encore des droits sur toi. Moi, la justice, j’ai le droit de les mettre en prison, de les enfermer comme toi, tu as été enfermé, mais je leur laisse des droits sur toi. Tu ne les verras probablement plus, alors que peut-être toi, tu en as envie paradoxalement, mais je leur confère le pire : une autorité symbolique sur toi. Et tu grandiras en sachant que ces gens-là ont « main mise » sur toi».

 

Je sais bien que le lien qui se tisse entre parents maltraitant et enfant battu est de nature complexe. Qu’il y a de l’amour. Mais je crois aussi, qu’il va falloir en France en finir avec le fameux « Je maintiens le lien à tout prix » y compris et surtout quand le lien est toxique. La décision de justice fonctionne à l’envers. Déchoir un parent de son autorité parentale est une décision symbolique forte. Elle n’est pas assez souvent utilisée, probablement à cause de cette bonne vieille société judéo-chrétienne qui nous fait croire, que, nous parents, sommes des Dieux pour nos enfants et que nous avons des droits sur eux. Droit de vie ou de mort. La justice répugne à aller jusque-là alors que je suis fondamentalement convaincue que c’est un droit qui se perd et qui se regagne aussi.

 

Dans le cas de Dylan, ce sont aux parents de prouver qu’ils sont capables de redevenir des parents. En maltraitant cet enfant comme ils l’ont fait, ils se sont déchus eux-mêmes de leur statut. Il aurait été sain de leur signifier au lieu de les envoyer bêtement en prison. Là, ça cautionne les propos de la mère et du père « Je me rends compte qu’on a fait des bêtises ». On leur tape sur les doigts. C’est tout. Je me dis qu’aux yeux de Dylan, ça n’a aucun sens, on lui explique que c’est mal d’enfermer un enfant, mais que c’est bien d’enfermer les parents. Parce qu’ils ont fait une bêtise. Comme lui devait en faire, à force de devenir cinglé, enfermé entre 4 murs.

 

On aurait peut-être dû lui dire « Tes parents sont déchus de leur autorité parentale. Ils doivent regagner ce droit avec ton consentement. ». C’aurait eu probablement plus de sens pour lui, non ?

 

(billet écrit sans relecture.)

Crédit photo Flickr

1 commentaire sur “A l’envers

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