Je suis neuro-droitière (part 4)

La première partie ici (Présentation du « concept »)

 

La deuxième partie ici (Enfance et adolescence)


La troisième partie (Travail et internet)

 

 

Avant d’attaquer la séquence sphère amoureuse, j’aimerais bien faire un point route. J’ai discuté brièvement avec quelqu’un via dm au sujet des neuro-droitiers. Sa formation est celle d’un neurobiologiste. Il est, apparemment, neuro-droitier. Il semblerait que d’un point de vue scientifique, ce concept tienne la route mais comme il le soulignait, peut-on ranger l’intelligence dans une case ? Et que se passe-t-il après ?

 

Il parle de « douance » dans ses billets, je parle de suréfficience mentale dans les miens. Le seul dénominateur commun en terme de vocabulaire, c’est les normopensants. Il y a quelque chose qui me gêne profondément dans tout cela. Parce qu’il est sous entendu quand même une sorte de hiérarchie. Comme si les neuro-droitiers étaient quelque part supérieurs alors que je suis fondamentalement convaincue que c’est faux. Cela pourrait être comparé aux hommes et aux femmes. Nous avons un mode de raisonnement différent (Epargnez moi l’éternel débat la différence est-elle vraiment genrée ou sociale, s’il vous plait) mais nous sommes sur un pied d’égalité. Concernant les neuro-droitiers, tous les mots qui les désignent sont « sur » : Surdoués, suréfficience. Je trouve ça complètement idiot. Et si je continue mon parallèle –certes hasardeux – avec les hommes et les femmes, au même titre que nous vivons dans des contrées fortement marquées de patriarcat, nous vivons dans un monde de normopensants. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Pour l’instant, c’est ainsi, les neuro-droitiers peinent à faire entendre leur voix mais l’évolution opère, j’imagine.

 

(MAJ de 19h12 D’ailleurs, si l’on y réfléchit vraiment, est-ce que finalement les qualités que l’on dit féminines ou masculines pourraient être juste une histoire d’hémisphères ? J’en sais rien, je ne suis pas une spécialiste du sujet mais ça pourrait être une piste intéressante, non ? )

 

Il serait juste de parler de neuro-gauchers et de neuro-droitiers tout simplement. Et encore. Cela s’avère insuffisant puisque je rappelle à la foule en délire que bien que dominés par une hémisphère, l’autre continue de fonctionner. Nous nous en servons. Enfin… J’espère ^^.

 

Et après ? Voilà, vous avez réalisé que vous êtes neuro-droitier, à savoir que votre grille de lecture du monde, de votre vie, se fait essentiellement par l’hémisphère droit de votre merveilleux petit cerveau. Bien. Je crains que suite à l’enthousiasme de la découverte succède une période de doute. C’est bien là tout le paradoxe du neuro-droitier. Cette personne que j’évoquais tout à l’heure a rencontré Béatrice Millètre. (voir billet ici, c’est très intéressant ou celui-là). Ce qui m’intéresse précisément c’est la réponse qu’elle lui a faite à la question : « suis-je neuro-droitier ? » : « Après m’avoir longuement écouté elle m’a juste dit “Si vous pensez l’être, c’est que vous l’êtes sûrement” ».

 

Nous sommes à ce moment-là. Mais après s’être grisé de cette explication, viendra implacablement le doute. Car paradoxalement, je crois qu’aucun neuro-droitier ne peut-être sûr à 100% de l’être car sa principale caractéristique est de… tout remettre en doute en permanence. (Et c’est reparti pour un tour…) : « Le cerveau en arborescence est effectivement une usine à fabriquer du doute et des questions ».

 

Cela s’avèrera insuffisant. Vous venez de réaliser comme moi que vous êtes, en fait, dans la merde jusqu’au cou. Vous êtes contents ? Le moment de répit que vous accorde ces billets, ces livres sur les neuro-droitiers – je cesse de parler de suréfficience mentale car finalement je n’aime pas ce terme – ne durera pas. Il vous faudra trouver un autre os à ronger, j’en ai bien peur.

 

C’est bien joli tout ça mais qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Ben pas grand-chose si vous voulez mon avis. Ce que j’essaye d’expliquer dans ce billet, c’est que c’est vous qui déciderez si le fait de vous savoir neuro-droitier va changer quelque chose. Quel type de neuro-droitier êtes-vous ? (Là, il faut lire, je veux bien recopier certains passages mais faut pas abuser). En fait, je sais donc je suis. A partir du moment où vous savez quel type de neuro-droitier vous êtes, vous allez décider ou pas de canaliser ces qualités dans quelque chose qui y correspondra. C’est tout ce que vous pouvez faire. Vous ne cesserez pas de vous prendre la tête, vous avez juste mis des mots sur le malaise permanent que vous ressentez.

 

Je crois que c’est formidable de le savoir mais je suis convaincue que ce n’est pas une fin en soi. Le petit échange avec cette personne me l’a fait toucher du doigt. Trois ans après qu’il en ait pris conscience, il reste quelque part insatisfait. Alors je suggère que vous vous trouviez fissa fissa une passion, une obsession pour canaliser votre mental. Je crois que j’ai de la chance, moi, j’ai trouvé, c’est le blog et ses déclinaisons : musique, politique, interviews, société, ce putain de roman que je finirai bien un jour et puis moi, me, myself and I. Je suis mon propre sujet d’étude. Qui a dit qu’un blog était un truc d’égocentrique ?

 

Ce qui a changé concrètement pour moi ? Je ne me trouve plus anormale. Je ne suis pas au bord de devenir folle contrairement à ce que je croyais ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Le fait que je me prenne la tête toute la sainte journée ? Pas grave. J’ai trouvé comment expliquer simplement aux gens : me demander de cesser de me poser sans arrêt des questions revient à dire à un insomniaque chronique : « Ben, t’as qu’à dormir ! ». Oui, il aimerait bien mais il peut point figurez-vous.

 

Une petite différence aussi, c’est qu’au lieu de me laisser entraîner quand je rumine sur un sujet quelconque, je me suis mise à parler à mon hémisphère gauche. (Et là, vous remontez quelques lignes plus haut en vous disant, ça yé elle devient folle, on l’a perdue…). Hier soir, je me suis donnée un coup de pied au cul mental alors que je ruminais à propos d’une personne. J’ai réussi à stopper toute seule l’engrenage, car en l’espèce il était improductif. S’il m’avait servi à étayer une pensée ou écrire ou Dieu seul sait quoi d’autre, je me serais laissée aller. Mais j’ai analysé toute seule que ce n’était pas le cas d’où l’arrêt. Le fait d’avoir pris conscience de cette caractéristique neuronale m’a permis, je crois, de cesser d’être fascinée par ces spirales. Il y a un plaisir – malsain ou pas – à se laisser envahir par ces pensées insatiables. A croire que maintenant que je sais que l’hémisphère droit me domine, ça m’amuserait d’aller fricoter avec le gauche. Comme je sais à présent que c’est en partie lié à mon cerveau, je peux commencer à contrôler la situation quelque part :

 

« Au cours de l’enfance, quand ils réalisent qu’ils ont un sérieux problème, les neuro-droitiers se créent un tyran intérieur qui ne leur laissera plus aucun répit. Vous le connaissez sûrement ce tyran intérieur. Il vous accompagne du lever au coucher et commente toutes vos expériences de la journée. Il vous dicte ce que vous devez penser de vous, comment vous devez vous sentir et vous impose ses interprétations très subjectives comme étant le reflet exact de la réalité. C’est un envahissement permanent. Ce bavard ne vous laisse aucun répit. Il vous fait perdre votre temps à ressasser le passé, à vous inquiéter pour le futur et à disséquer tous les mots prononcés ou les actes posés, par vous et votre entourage. Il réécrit cent fois la même histoire, avec autant de versions pour vous prouver que vous n’êtes pas une personne compétente et aimable ». En fait, cette série de billet est en train de créer le phénomène suivant : je suis en train de devenir pote avec mon tyran intérieur. Il me fait même marrer par moments. S’il déborde, je fais « appel » à une grille de lecture neuro gauchère. Enfin, j’essaye. De l’humour et de la gauche, c’est cela dont j’ai besoin.(Je crois que je viens de comprendre pourquoi j’étais une gauchiste enragée, je le savais que le salut viendrait de là :p)

 

Un truc très con, j’ai enfin compris pourquoi il était très difficile pour moi de rester dans une soirée. Comme je suis très sensible aux odeurs et aux sons, comme je suis très sensible aux humeurs et émotions des autres – je suis hyperempathique –  il est épuisant pour moi de me retrouver dans ce contexte. Je suis championne du monde toute catégorie pour me barrer sans dire au revoir. C’est juste parce que c’est au-dessus de mes forces. J’arrive à un point de saturation totale, trop d’informations à traiter. La plupart du temps, je suis obligée de me mettre en pilote automatique pour échanger. Incapable de me concentrer car débordée par tout ce que je reçois, ma conversation tourne très vite à « Oui », « Bien sûr », « Merci », « C’est à dire ? ». Je suis littéralement épuisée. Je sais donc, à présent, que je ne suis pas une vieille conne mais simplement une telle éponge que je ne peux pas traiter les infos correctement au delà d’un certain nombre de personnes. Je sais pourquoi ça fait longtemps que je privilégie les déjeuners en tête à tête : tout simplement parce que je peux me concentrer tranquillement sur mon interlocuteur et lui apporter l’aide dont il a besoin éventuellement.

 

Autre point : je m’écoute. Si telle personne, par ailleurs formidable, ne me convient pas, je ne cherche plus à maintenir le contact à tout prix. J’écoute mes intuitions, face à une décision, je prends la première qui me vient à l’esprit car c’est la bonne pour tout ce qui ME concerne. Et uniquement en ce qui ME concerne.

 

Je crois qu’en fait, j’ai cessé de me battre avec moi-même. C’est tout. Je ne serai jamais une personne « classique ». Ma vie ne sera jamais vraiment conventionnelle. Je ferai des choix qui feront bondir mon entourage. Je ne serai jamais stable émotionnellement. Mais je serai capable d’expliquer pourquoi et surtout pourquoi ça me rend heureuse d’être à contre courant. Christel Petitcollin dit « Votre cerveau a besoin que les choses soient compliquées pour être performant ». Cela explique bien des choix que j’ai faits.

 

Ma différence n’est plus un handicap. Etre neuro-droitière, en avoir pris conscience, n’est que le début d’une toute nouvelle aventure. Car au lieu de m’arracher les cheveux sur pourquoi suis-je ainsi et qu’est-ce qui cloche chez moi, je sais que tout va bien. Dès lors, mon regard sur les évènements ne pourra plus jamais être le même.

 

Il faudra terminer ces billets. Il reste celui sur la sphère amoureuse (Vous aurez noté que je prends grand soin d’y aller à reculons) et peut-être un sur la maternité. J’aurais regardé en arrière par ce prisme là. Me tourner ensuite vers le futur, réconciliée avec moi-même. Et trouver un nouvel os à ronger 😉

 

 

 

Source :

« Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués » de Béatrice Millêtre

« Je pense trop » de Christel Petitcollin

 

 

 

30 commentaires sur “Je suis neuro-droitière (part 4)

  1. Les anglo-saxons disent gifted. Je trouve ce mot le plus approprié ( difficilement traduisible en français, doué n’étant pas le sens exact)

  2. Je crois que vous etes peut etre neurodroitière mais aussi probablement bipolaire.. C’est amusant si on peut dire car vous faites une métaphore de la bipolarité à une échelle macroscopique, cerveau droit versus cerveau gauche.. Alors que c’est exaltation de l’humeur versus dépression.. D’un point de vue physiopathologique on ne l’explique pas tres bien encore et peut etre vous avez trouvé une explication !! Les signes de la bipolaritè seraient dus a une dominance du cerveau droit sur le cerveau gauche !!! Si c’est le cas on méritera de partager le prix Nobel tous les 3.. Vous, moi et le neurobiologiste qui finira le travail de démonstration.. La bipolarité on l’appelle aussi pshycose maniaco dépressive (ca fait un peu peur ces mots et on préfère dire bipolair du coup) et on a du forcèment vous en parler mais j’imagine que quelqu’un vous a dit que ce n’était pas ça chez vous.. A vérifier quand même.. Des gens célèbres sont bipolaires.. On peut vivre avec.. Mais il existe un traitement.. apaisant..

  3. Soudain vous vous réveillez un matin et vous apprenez par jean-paul que vous êtes bipolaire.

    Bien.

     » trouble bipolaire (ou trouble maniaco-dépressif1; anciennement classifié sous les termes de psychose maniaco-dépressive1 (PMD) ou maladie maniaco-dépressive (MMD)) est un diagnostic psychiatrique décrivant une catégorie de troubles de l’humeur définie par la fluctuation anormale de l’humeur, oscillant de périodes d’excitation marquée (manie) à des périodes de mélancolie (dépression). Les individus faisant l’expérience d’épisodes de manie font également l’expérience de symptômes, d’un état mixte ou d’épisodes dépressifs durant lesquels l’excitation et la dépression sont ressenties en même temps2. Ces événements sont souvent entrecoupés par des périodes de stabilité ; mais, chez certains individus, la dépression et l’excitation peuvent rapidement alterner. Un état maniaque très intense peut conduire à des symptômes psychotiques tels que les délires et les hallucinations.

    Les facteurs génétiques contribuent substantiellement au développement du trouble bipolaire, et les facteurs environnementaux sont également impliqués. Les troubles bipolaires sont souvent soignés à l’aide de traitements médicamenteux. La psychothérapie joue également un rôle pour aider à la stabilité du patient. Dans de sévères cas, une rétention de sûreté peut être appliquée. Ces cas incluent généralement de sévères épisodes maniaques impliquant un comportement dangereux du patient ou des épisodes dépressifs impliquant des idées suicidaires. Il existe des problèmes externes tels que la stigmatisation, les stéréotypes et préjugés à l’encontre des individus atteints de trouble bipolaire3. Les individus atteints de trouble bipolaire montrent des symptômes psychotiques qui peuvent être confondus avec ceux de la schizophrénie, un trouble mental grave4.

    Les troubles bipolaires peuvent donner lieu à la reconnaissance du handicap : on parlera de handicap psychique5. »

    Ce qui aurait été formidable c’est de me préciser quel type de bipolaire je suis. Faut faire le travail jusqu’au bout tant qu’à faire…

    Donc cher Jean-Paul (je vous aime déjà) vous lisez un billet de blog (allez 3 peut-être) et vous réussissez le prodige de poser un diagnostic psychiatrique ( Je rappelle à toute fin utile que la psychiatrie est une discipline médicale) et de me conseiller fortement de me mettre sous traitement médical.

    Accessoirement, cher Jean-Paul (passion #JeanPaul) j’ai été suivie par un psychiatre renommé pendant trois ans qui ne m’a rien diagnostiquée. Je préférais vous rassurer de suite.

    Ce qui est effarant dans votre commentaire, c’est que vous vous permettiez un truc pareil. Dans mes billets je parle de neuro-droitiers, et je ne dis à personne qu’il est malade ou qu’il a besoin d’un traitement médical. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?

    Si ce n’était à hurler de rire, je pourrais considérer vos propos comme dangereux. Parce que avec quelqu’un comme vous, l’humanité aurait tôt fait de se retrouver dans une camisole chimique.

    Vous avez pris votre traitement aujourd’hui ?

    You made my day dear Jean-Paul 😉

    1. désolé je ne voulais pas être blessant ni péremptoire.. je disais « probablement ».. « à vérifier ».. etc.. mais en me relisant c’est vrai que je parais faire un diagnostic ce qui n’était pas le cas !!.. je suis médecin et j’ai réagi à chaud en découvrant votre blog que je n’avais toujours pas regardé bien que vous suivant avec plaisir sur twitter depuis plusieurs mois.. j’ai été saisi par le contraste entre vos tweets amusants et votre expérience apparemment quand même assez difficile… etre bipolaire n’est pas une « maladie » plus ou moins grave que neurodroitière.. ce n’était pas insultant pour moi… et puis je suis contre les camisoles chimiques.. le traitement devrait être plus psychanalytique que chimique (je parle de la bipolarité..pas de vous donc..)..

    2. Faut pas commenter à 6h20 du matin Jean-Paul ! :p

      Ok, c’est bien plus clair et recevable avec votre second commentaire. Je ne pense pas être bipolaire. D’ailleurs, j’ai quand même l’impression que les troubles bipolaires sont bien à la mode en ce moment. On jette du bipolaire comme on jette de l’allergique. Je caricature mais il y a de ça.

      Je préfèrerai qu’on emploi l’ancien terme : maniaco-dépressif. Parce que le terme est plus lourd et que du coup, on l’use moins facilement.

  4. « Ce qui a changé concrètement pour moi ? Je ne me trouve plus anormale. »

    J’ai lu (un peu rapidement, je l’avoue) les 4 articles. J’ai eu plein de pensées qui sont passées en courant en les lisant (c’est pour ça que je dis que j’ai lu rapidement, parce que ça valsait en même temps). J’essaie un très court résumé, j’ai pensé que :
    Que je retrouve pas mal de choses en moi. Que j’en réfute d’autres (pour moi, bien sûr).
    Que j’ai aussi un haut QI et que ce n’est pas incompatible. Que les différences droite/gauche, ça me gonfle de + en +, et pas que pour les cerveaux, d’ailleurs. Idem pour les hommes/femmes. Idem pour les développeurs informatiques vs les « créatifs » (oui, je suis ingénieure, et oui je suis aussi créative, et oui je sais aussi communiquer). Idem pour les bons et les mauvais élèves.
    Qu’on veut toujours nous parquer. Nous normer ?
    Qu’on se sent tous, ou quasi tout, hors normes, différents. Que la norme, c’est les autres.
    Ou l’idée qu’on se fait des autres.
    Ou alors tous les « différents » sont sur internet ?
    Qu’on adore tous se retrouver dans un modèle, retrouver une norme dans le hors-norme.
    Qu’on finit par se poser, et s’accepter, tout mélangé qu’on est.
    Souvent après des épreuves (mon divorce m’a été salutaire aussi, par ex), souvent avec l’âge, souvent avec la parentalité.
    Mes pauvres enfants, tout ce par quoi vous allez devoir passer… (et que vous avez commencé à passer, pour mes aînés déjà quasi-adultes).
    C’est ptet parce que maintenant c’est pour leurs parcours à eux que je m’inquiète, que j’assume plus volontiers le mien.
    C’est ptet juste la nature humaine, tout ça.

  5. Heu…

    « l serait juste de parler de neuro-gauchers et de neuro-droitiers tout simplement. Et encore. Cela s’avère insuffisant puisque je rappelle à la foule en délire que bien que dominés par une hémisphère, l’autre continue de fonctionner. Nous nous en servons. Enfin… J’espère ^^. »

    Ce que je comprends pas ds ton commentaire, c’est quel est ton but par rapport à mon billet ? Enfin ma série de billets lus rapidement (probablement en diagonale donc)

  6. JP,
    Si vous avez une source pour soutenir le lien entre PMD et préférence hémisphérique, je suis preneur.
    Maintenant, je crains que vous ne psychiatrisez des comportements « anormaux ». CatNatt peut avoir un comportement différent sans que cela soit une pathologie.
    Pour en revenir avec le ND, pour moi c’est une étiquette que l’on pose pour traduire une réalité selon une perspective. Y a la préférence hémisphérique qui explique une organisation de la pensée différente, mais cela n’explique pas les différences « performatives ».
    On projette dans des catégories données des réalités qui peuvent être très différentes.

    1. Non non Mauvais Père, je n’ai pas de source pour soutenir le lien entre pmd et nd.. la source c’était un délire aigü de ma part du à un tomber du lit trop matinal..

  7. Mais si on se sent tous différent de la norme comment la norme peut-elle exister ?

    J’ai l’exemple en tête d’une copine à qui j’ai expliqué le concept des neuro-droitiers, et elle m’a dit très spontanément « Ha mais moi je suis totalement normopensante ». Avec un grand sourire. Elle se sent appartenir à la norme sans que cela soit péjoratif.

    Parce que si je pousse le raisonnement de Oelita jusqu’au bout, ça lisse tout. C’est pas vraiment un nivellement vers le bas, parce que je vois ça plus horizontal mais un nivellement vers l’original qui aboutira fatalement à créer une nouvelle ….norme ^^ . Une nouvelle norme flottante, un fourre-tout bien pratique.

    Sans classer réellement les gens, je crois qu’on a besoin d’appartenir à des tribus. Il n’y a qu’à voir le flot de solidarité qui a suivi la publication de ces billets. J’ai échangé avec des gens que je ne connaissais pas, on s’est enrichi et je crois que ça a plus donner le sourire aux gens que de l’angoisse. Si on suit le raisonnement de Oelita, tout cela n’existe plus.

    On devient tous des normands. p’tête ben que oui p’tête ben que non

    Je ne sais si je suis claire.

    1. Je voulais dire, je crois, deux choses (mais comme je l’ai dit, c’était livré en vrac, en direct live, et j’ai pris un peu de recul depuis hier donc je vais ptet réussir à mieux l’expliquer) :

      – La norme existe surtout dans la culture d’une part (en tant que modèle), et dans le regard qu’on porte sur les autres d’autre part (parce qu’on ne les connait pas vraiment, donc on plaque le modèle sur eux). Ce n’est pas pour autant qu’elle représente une majorité. Même si elle existe chez certains, évidemment.

      – Je crois que c’est dans le cheminement normal de l’humain de se sentir différent, d’abord (ça début à l’adolescence, majoritairement), d’avoir envie de se trouver une tribu ensuite (en cherchant un nom, un label, un truc qui explique tout… et on peut trouver plusieurs tribus, à la suite des autres ou en même temps), puis enfin, la force de l’âge et le confort apaisant des tribus aidant, on s’assume en tant qu’individu qui est au croisement de plusieurs définitions, qui est un joyeux mélange unique. Et on s’éloigne alors enfin des stéréotypes.

      Bref, je me suis toujours sentie différente, j’ai cherché des modèles, des tribus, cela m’a fait du bien, et aujourd’hui je m’en éloigne car je n’en ressens plus le besoin, et au final, ça m’agace désormais de vouloir catégoriser. La boucle est bouclée (mais ptet pas, allez savoir).

  8. Been there, done that 🙂 Même si l’environnement a été différent, je crois bien que je suis aussi comme ça. À la suite d’une tête au carré sur France Inter, j’ai lu ça http://www.amazon.fr/Trop-intelligent-heureux-Ladulte-surdou%C3%A9/dp/2738120873 et un ou deux autres de la même auteur. Ça aide, ça secoue un peu aussi. Ah bon, je ne suis pas tout seul et c’est normal.
    On y trouve aussi un mot que je préfère à normo-droiter : zèbre « Comme les zèbres dont les rayures les distinguent des animaux de la savane, mais qui sont cependant uniques comme les empreintes digitales. »

  9. Par où commencer…..Cattnat n’est pas bipolaire c’est certain.
    Ou alors autant que toutes les femmes de ce monde…
    Nat: tu as simultanément fait couler mes larmes et arrêter les battements de mon coeur…quand j’aurai repris mes esprits je t’enverrai un mail.
    Enfin si cela ne t’importune pas…

  10. Oh Logorrhée !! Comment vas-tu ? <3

    Désolée, j'ai du mettre les commentaires en modération, je me suis fait troller sur ces billets, t'y crois toi ?!

    Sinon, hé bé ma grande dans quelle état tu erres ? :p Envoie moi un mail ou déjeunons ensemble si tu veux 🙂

    Sinon pour les autres, Logorrhée me suit depuis des années, si elle dit que je ne suis pas bipolaire, j'ai tendance à la croire 😉

  11. Ton accueil me fait chaud au coeur dis!
    Et je reste sûre que tu n’es pas bipolaire 🙂
    Dans quel état j’erre?
    Dan un tas d’états!
    Pour les trolls qui errent également ça ne m’étonne guère surtout par chez toi!
    Depuis 4 ans pour être précise 😉
    J’aurai une tendance au déjeuner mais je serai suivie de près par un petit monstre qui te plaira j’en suis sûre.

  12. Un peu comme Oelita.
    Dans les « caractéristiques » des neuro-droitiers, je retrouve plein de choses familières qui expliqueraient si bien pourquoi j’étais une enfant différente, solitaire, brillante à l’école tout en n’ayant aucune confiance en moi, pourquoi je passe autant de temps dans mes pensées, pourquoi je « psychote » bien trop, pourquoi je tourne systématiquement le dos à l’argent, etc… Et puis il y a aussi tout un tas de trucs qui ne collent pas du tout.

    En fait je suis gênée par l’idée qu’il y auraient des gens comme-ci et des gens comme-ça (ça heurte profondément mon altruisime et mon « gauchisme » 😉 Qu’est-ce qu’on fait s’il y a beaucoup de soit-disant normo-pensants qui ressentent à un moment ou à un autre les âffres des neuro-droitiers?

    Et si il y avait un continuum entre tous les modes de fonctionnement? Et que nous soyons tous placés ici ou là sur cette ligne horizontale, au lieu d’être séparés en deux catégories par une ligne verticale?…
    Bizzz

    1. Le problème n’est pas de savoir s’il faut classer les gens ou pas. Le problème est que certaines personnes qui correspondent aux caractéristiques des dits neuro-droitiers le vivent mal et que par ces bouquins, ces billets, arrivent à trouver réconfort là-dedans. Si tu vis bien le fait d’être différente tout en n’ayant pas besoin de t' »affilier » avec un groupe de personnes, mais tant mieux :).

    1. P…..Purée ( je reste polie)
      Je viens de redecouvrir ma surreffience mentale, il y a qqs mois… grace à ma psy.
      Testée à 5 ans, classée dans les surdouées…
      Je me suis sentie un animal de foire , alors j’ai preferé « Precoce », et etre precoce( traduire en avance) y a un moment où cela se termine. J’ai cru être comme tout le monde ou plutot j’ai essayé de rentrer dans le moule et on m’a bien tapé sur la tete pur que cela rentre.
      J’ai cru que j’etais folle.
      Je vous passe l’errance professionnelle, les echecs sentimentaux, j’ai été la proie d’un PN pendant 13 ans! ma vie jusque là a été un gachis.
      il y a 3 ans , je me sentai juste une merde, une depression grave et un divorce plus tard je me sens mieux. OUF.
      Mais je suis encore sous le choc de cette redecouverte.
      C’est la 1ere fois que je poste un billet sur le net. parce que vous et ben c ‘est …moi….
      Ah , Jean Paul, je sais que vous avez fait amende honorable mais franchement , il faut reflechir un peu.
      Assimiler les zebres a des maniaco depressifs, cela peut avoir des consequences dramatiques sur un zebre. car un zebre est tres fragile, avec souvent une mauvaise estime de lui.
       » la force fragile »
      j’ ai vu 3 psy avant de LA trouver ( incompetence) et j’en ai vu d’autres pour mes enfants( mon fils a des troubles du comportement depuis l’age de 3 ans) et j’en ai vu des professionnels ( certains tres bien et d’autres, mon dieu….)j en ai deja emplafonné un ou deux.
      Parce que maintenant que je sais , je ne supporte plus qu’on me parle comme si j’avais 4 ans).
      ouf , je sais plus où j’en suis.
      J’ai soif de comprendre, de lire.
      Et je me demande si mon fils n’est pas aussi un petit zebre. Il y abeaucoup de choses tres troublantes…
      Vous me repondez?
      Je me sens dans une telle fatigue , une telle solitude parfois.
      Bises
      Courage chacun.

  13. Bonjour 🙂
    Oui je réponds 😉

    Mais je ne sais pas quoi répondre. Si vous avez déjà lu les deux ouvrages sur lesquels je me suis basée, après je suis un peu démunie. Peut-être faut il vous pencher sur les travaux de Sperry.

    Juste un truc, j’aime pas trop (mais ce n’est que mon avis) le terme « zébre » qui fait appel à mon sens à une imagerie animalière. Et justement, j’aime pas trop l’idée d’être un animal de foire 😉

    1. merci catnat de votre prompte reponse.
      Une reponse cela fait du BIEN.
      J’ai été litteralement scotchée par votre billet sur le professionnel.
      et evidement un plaisir de vous lire: percutant, humour feroce que j’adore et clair.J’ai pas encore tout lu: je sais quoi lire ce soir.
      Je cherche a comprendre ( lectures) et j »‘ai besoin de lire des temoignages.
      Je vais aller voir du coté de Sperry.
      J’ai lu, evidement: l’adulte surdoué, et comment canaliser ce mental envahissant.
      Je vais lire aussi votre 2eme reference.
      Ma soeur m’a offert cet été: Pourquoi etre heureux quand on peut etre normal quand je me suis confié a elle.
      J’ai adoré aussi. J’ai encore du chemin pour apprivoiser cela.
      J’ai beaucoup de et de colere en ce moment quand je pense qu’on savait cela depuis mes 5 ans ( j’en ai 42) et TOUT s’est transformé en enfoirade( mais à l’epoque on manquait de connaissance sur le sujet).
      On ne m’a dit que j’avais de la chance, et que vu mes capacités, je n’avais pas le droit d’ECHOUER!
      Donc forcement , hautes etudes que je n’ai pas fait….. donc nullle Bref… on connait cela.
      Alors mon parcours s’eclaire , enfin , mais la valda a du mal à passer.
      J’ai fait 36 metiers aussi. Et finalement je me suis trouvé dans un metier manuel tourné vers les autres( esthetique, CAP à 38 ans) et je peux etre creative dans le maquillage ‘ j’ oublie tout avec mes pinceaux ) et pour ma petite entreprise. Independante evidement , et je travaille seule.
      Mais je rame.
      Bref, besoin de comprendre , besoin qu’on me comprenne enfin…
      Bon , c’est enorme en ce moment, d’où ZEbre je me sens encore un drole d’animal.
      H.Q.I: cela me fait irresistiblement penser à Quartier haute securité.
      Je vais tester Neuro droitier pour voir la tete des gens: j’adore foncer dans le tas et faire de la provoc.
      Qu’est ce je suis bavarde ce soir…ouh la la….

  14. Hello tout le monde 🙂

    Je vais poster ce commentaire sur chaque billet sur les neuros droitiers.
    A titre informatif, je suis à ma deuxième séance de pba. Cela peut probablement aider certains d’entre vous :). En tout cas, moi, je me sens de plus en plus harmonieuse. (effet placebo ou pas)

    Vous pouvez vous renseigner ici >> http://www.psycho-bio-acupressure.com/

  15. Des billets très intéressants, que j’ai dévoré, et qui m’ont énormément fait penser à ma petite condition.

    Mais… ensuite j’ai réfléchi et finalement je n’adhère pas à cette théorie, bien trop dualiste.

    Bien trop doudou pour les personnes qui se sentent différentes.

    Oui, j’ai passé toute mon enfance bien solitaire dans les livres, dans mes rêveries invasives, oui je n’ai jamais ouvert ni mon cahier de texte ni mon agenda pour faire mes devoirs de la primaire au lycée et pourtant j’ai toujours brillamment réussi. Oui je me suis toujours sentie différente et exclue.

    Et lire ce genre de théorie me rassure, haha, je savais bien que je valais bien mieux que vous, je fais partie de la petite minorité qui, par ses capacités, n’est pas adapté à votre monde de méchant.

    Ca me rappelle ce que me disait ma mère pour me consoler, quand elle me disait que j’étais trop bien pour eux, que j’était la chenille et bientôt le papillon. Et j’y ai cru, longtemps, jusqu’à grandir, jusqu’à m’ouvrir aux autres.

    Oui je suis une personne très empathique et très sensible.

    Mais est ce qu’il ne s’agit d’une part de mon humanité, une part de mon humanité partagé, à des degrés différents, par tous ?

    Ce que tu dis, c’est très intéressant, très bien écrit, mais ça me fait pensé à ce qu’on lit dans les horoscopes. Ca marche pour tout le monde, tout le monde se sent concerné, on a tout de suite l’impression d’adhéré à quelque chose qui nous parle personnellement. Ca touche tout de suite à l’intime.

    Il y a peu de gens dans mon entourage, de personnes que je connais suffisamment bien, qui ne correspondrait pas à tes développements, chacun à leur degrés.

    Bien sûr, il y a beaucoup de gens qui correspondrait à ce que tu nommes normopensants. Mais il s’agit de personnes que je ne connais finalement que superficiellement. Je suis sure qu’en apprenant à les connaître, eux aussi rentrerait dans la catégorie, dans une certaine mesure, des personnes « neuro droitiers ».

    J’ai remarqué que ces billets datent d’il y a quelques années, est ce que ta réflexion a évolué aujourd’hui ?

  16. Qu’il est bon de tomber sur cette page.

    J’ai lu, avidement, captivé.

    Je m’y retrouve tellement, jusqu’à la polémique de la grille de lecture pathologique quasi systématique des professionnels.

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