18 commentaires

  1. Cylk
    ·

    Tes interrogations, ou introspections, comme tu veux, sont légitimes, et même que je m’y retrouve, je les trouve saines, justifiées. Si on écrit avant tout, c’est pour l’amour des mots, et aussi parce qu’ils nous a fallu un moyen d’expression répondant à notre impulsivité, notre besoin de créer instantanément, de sortir ce trop plein de mots, comme ça, dans un plaisir immédiat, et tant pis s’il y a de l’orgueil, tant pis si on se sent petit, pas assez doué, trop loin de ceux qui pondent des livres comme on lâcherait un soupir. On ne se compare qu’à nous même. Bien mauvais juge que nous sommes à notre égard, et en même temps, on hésite toujours entre le plaisir égocentrique et le réel besoin d’écrire.
    Bien loin de ton niveau, je comprends quand même la difficulté d’affronter des éditeurs, c’est là tout le dilemme, écrire librement ou arranger la sauce pour leur plaire. Reste toi même, car comme tu le dis, peu d’écrivains gagnent vraiment de l’argent. Alors, fais le pour nous, tes lecteurs. Fais le pour toi, l’écrivain.
    C’est peut-être pas assez pour combler tes ambitions, et c’est bien d’en avoir, des ambitions, ça fait avancer, progresser, mais qui sait ce que l’avenir te réserve comme on a l’habitude de dire ?

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  2. Catnatt
    ·

    Merci pour ton commentaire, c’était pas évident de le faire 🙂

    Je vais digérer et rebondir. Les vacances me feront du bien de toute manière. Je me suis amusée ces derniers temps à tester des choses sur ce blog pour voir. En fait, j’observais le lecteur, c’est pour ça que j’ai été si prolixe.

    Je vais tirer de tout ça des enseignements et voir ce que j’en fais.

    Merci pour tes encouragements <3

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  3. Eleria
    ·

    Quand on écrit, je pense qu’on est confronté à tes interrogations. Pourquoi j’écris ? Pourquoi me lit-on ? Pourquoi ce texte est-il plus lu par rapport à un autre ? Dois-je faire des pauses lorsque j’écris ? Et le sentiment fondé ou infondé que personne ne comprend ce que je veux exprimer dans mes textes.

    Sentiments et questions qui peuvent être amplifiés par le microcosme amical. Ceux et celles qui te lisent, on peut supposer qu’ils apprécient ton écriture et viennent te lire parce qu’ils aiment ton style, ta façon de raconter des histoires, les sujets que tu abordes d’une certaine manière, etc. Les commentaires négatifs ne viendront pas de ta « communauté »… Il en est de même pour la critique constructive.

    A savoir, aujourd’hui beaucoup de personnes pensent savoir comment on corrige un texte, comment il doit être structuré, en oubliant que c’est avant tout un métier. On ne s’improvise pas correcteur.

    Comme je te le disais sur twitter, l’erreur que généralement tout le monde fait c’est de faire lire le livre sur lequel on a sué eau et sang par des proches. Or leur approche est tout sauf objectif parce qu’ils n’ont pas les « outils » pour évaluer correctement un texte, car l’affect envers l’auteur joue énormément. Il ne s’agit pas uniquement de corriger les fautes de syntaxe ou d’orthographe mais de comprendre la structure du texte et savoir s’il ne souffre pas d’un déséquilibre quelque part : par un ou pas trop de dialogues, manque ou pas de personnage, la logique ou pas de l’histoire, etc.

    Je te raconterais si tu veux l’histoire de l’écrivain que j’ai publié un jour :p

    Mais surtout ne te décourage pas, l’écriture est une ascèse, voire un sacerdoce et si chaque matin, tu te réveilles avec l’envie d’écrire et de manger des mots au kilomètre alors tu n’as rien à craindre pour la suite. Après tout est question de rencontre : entre un éditeur et un écrivain, entre un écrivain et son public. Je crois que sur ce dernier point, tu l’as rencontré 🙂

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  4. ·

    Tu sais, en discutant avec Benjamin ce matin, il me disait « mais tu peux retourner le truc dans ts les sens, mais il n’empêche que les deux professionnels qui l’ont lu, l’ont lu jusqu’au bout ». Et c’est vrai que c’est pas mal. Par ailleurs aucun des deux n’a dit que c’était mal écrit.

    Après il me semble clair que c’est un objet un peu bancal car pas du tout un roman à l’origine. Il est à la limite composé de textes presque indépendants les uns des autres.

    Pour les corrections des potes, oui je comprends ce que tu veux dire. En même temps, l’envoi direct à un éditeur me semble quelque peu présomptueux. Et j’ai vraiment aimé les corrections faites par Ben, les suggestions. Ca faisait vraiment sens pr moi. Et si je suis honnête, les deux principaux défauts de ce roman Benjamin les avait pointé du doigt.

    Je crois qu’il faut que j’écrive plus simplement alors que j’aime « les concepts ». Enfin… les trucs un peu tordus. Il y a plein de petits trucs de le manuscrit dont personne ne s’est aperçu et finalement moi, qui me plaise. C’est là où ça ne va pas probablement. J’ai peut-être persécuté le détail au détriment du général…

    On en reparle demain si tu veux 🙂

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  5. ·

  6. ·

    Il y a une dizaine d’années, j’avais écrit un roman.  J’avais passé une bonne partie du printemps et de l’été à travailler dessus, dès que j’avais du temps et de l’inspiration. Sans discipline, sans rigueur.
    Je l’avais envoyé à 10 éditeurs, de grandes et de petites maisons d’édition. Et juste ensuite j’étais là, comme toi, attendant de me faire défoncer la tronche. Ça n’a pas loupé, les premiers retours furent rapides « ne correspond pas à notre ligne éditoriale », puis des retours épisodiques avec le même commentaire. Puis le retour d’un éditeur dont je tairais le nom « vocabulaire faible » (à cet instant là, l’envie immédiate de casser la gueule du connard qui t’a eçrit ça. Je SAIS que j’ai un vocabulaire étendu. Je ne connais qu’une personne qui me dépasse et je suis son amoureux….).
    Enfin le dernier retour, plusieurs mois après, le manuscrit abîmé, chiffonné, des annotations gommées… Visiblement il avait été lu, trimbalé, était passé par plusieurs mains…. Mais même commentaire « pas la ligne ».
    J’ai renoncé à le reprendre, à le renvoyer ailleurs. À l’époque j’avais d’autres tourments qui s’étaient installés dans ma vie.

    Et un jour je lis ton blog, tes textes, tes mots, ta vision de la vie. Je me retrouve souvent dans une phrase ou un texte entier, ta facilité à décrire, sans l’exprimer, sans l’évoquer, une situation, un émoi, un sentiment me fascine.

    Donc je twitte le lien quand le texte me touche. Et si j’apprécie ton remerciement, je te dis, en toute honnêteté que tu ne me dois rien. Ton talent suffit. Si ça n’avait pas été moi, ça aurait été un autre à un autre moment. Tu es douée, sache le.

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  7. ·

    J’oubliais, tu es la seule, avec Florence, à me sortir parfois des remarques qui me fassent (avec plaisir malgré ce qu’elles impliquent) reprendre tout un système de pensée que j’ai mis en place sans m’en rendre compte.

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    1. ·

      « Sans discipline, sans rigueur. »

      C’est ça le truc. Ecrire un roman c’est d’abord établir une colonne vertébrale et savoir exactement où on va.

      A moins d’être Victor Hugo, ça demande de bosser. Et de ne pas laisser son égo tout envahir au détriment du lecteur.

      (Pour le reste #touchée #coulée)

  8. sand
    ·

    J’ai pas trop de réponses parce que toutes ces questions je me les pose aussi. La publication, le roman.

    La seule chose que je me dis: se poser toutes ces questions même si c’est inconfortable te fait avancer au final. Accepter de ne pas toujours être oui … Confortable je n’ai pas d’autres mots ça te rend je crois vraie. Sincere. Pas par rapport aux gens, aux lecteurs mais avant tout à soi.

    Je me demande de plus en plus si nous (les gens pour qui écrire est une nécessité, un besoin, un plaisir, une douleur, un rien, une salope, une jouissance, un tout) n’utilisons pas ça comme une espèce de recherche de nous. Un truc qui se dédouane quand les gens nous lisent. C’est moins égoïste de se dire qu’on parle avec tous les guillemets possibles à des gens. Enfin je sais pas si je suis claire.
    Mais la démarche est salutaire, nécessaire, et je suis certaine qu’elle te fera avancer. Tu sais le respect et toutes ces choses que je voue à la plume. Et à la personne. Bref.

    Voilà.

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    1. ·

      « C’est moins égoïste de se dire qu’on parle avec tous les guillemets possibles à des gens.  »

      C’est peut-être ça la limite du blogueur en fait…

      Et c’est intéresssant de se poser la question même si elle ne trouve pas fatalement de réponse et même si elle est positive. Mais à partir du moment où on l’a déterminé, négocier avec.

      (oui, bref… 🙂 )


  9. ·

    C’est une question de légitimité. Le syndrome de l’escroc, comme tu l’appelles, c’est ça : se dire que si on arrive à finir un roman, à le ficeler assez bien pour qu’on se touche dessus et qu’un éditeur nous publie, c’est qu’on est pas de simples blogueurs lambdas. Y a un besoin de reconnaissance, de l’orgueil, bien sûr, mais juste, simplement, je suppose, le besoin d’un acte achevé.

    Le blog a cette fâcheuse caractéristique d’être un objet informe, on peut toujours en rajouter. Un roman, c’est fini. Et l’univers fini, les limites, les barrières, ça rassure.

    Tu n’as pas besoin de publier des romans pour qu’on aime te lire, non. Mais, en toi, tu te dis que ça te rassurerait, que ça te prouverait, quoi ? Tu ne sais pas vraiment, mais que quelque part, ce serait quand même chouette que quelques dizaines, ou centaines de commentaires se transforment en exemplaires vendus, en gens qui apprécient tes mots. La fierté, bordel ! C’est important.

    On est con, avec notre orgueil, hein 😉 Mais pour moi – gamine immature qui doit encore régler des choses avec elle même- c’est un peu les mêmes questions, les mêmes pensées et, comme Sand, je suppose que te poser ces questions va te faire avancer. Soit vers un second brouillon, soit vers un au-delà.

    En attendant, si tu veux bien écrire pour nous encore, moi, ça me va 🙂

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    1. ·

      « Le blog a cette fâcheuse caractéristique d’être un objet informe, on peut toujours en rajouter. Un roman, c’est fini. Et l’univers fini, les limites, les barrières, ça rassure. »

      J’y avais jamais pensé putain. Le vertige du vide ? Vers l’infini et au delà ? :p
      C’est vrai que c’est un peu flippant.

      Le blog serait à la mesure de notre égo : demesuré ? Le roman (avec ttes les remarques qu’on a pu faire dans les échanges) serait l’humilité ?

      C’est pas mal ton truc, ça me parle.

      J’en reviens à ce que j’ai dit ds le texte, je persiste et je signe, je pense que ça m’a fait le plus grand bien de me faire cartonner. A force d’être un peu complimenté, on finit par transformer 4 commentaires en vérité universelle.

      J’aime bien les échanges qui ont eu sous ce texte. Ca m’a fait du bien et ça m’a fait avancer.

      Un grand merci à tous :))


  10. ·

    J’ai passé pas mal de temps à écrire un roman policier qui a été refusé partout -mais j’ai le sentiment que la plupart du temps, les manuscrits envoyés par la poste ne sont tout simplement pas lus. Dans l’édition, comme ailleurs, il faut un physionomiste qui nous fasse entrer dans la place. J’ai aussi passé du temps sur un projet assez différent avec un ami. Qu’on reprendra sans doute un jour. Et j’ai plus ou moins autre chose en cours.
    Sans compter que j’écris de la poésie, que je publie irrégulièrement.
    Mon blog? J’ai été poussée à le faire comme une sorte de compensation à tout ça. Et j’étais persuadée que je n’arriverais jamais à avoir assez d’idées pour faire des posts réguliers. Pour autant, un blog me parait très différent d’un roman. C’est écrit plus vite (pour moi en tout cas). Ce sont des sortes de petits flashs, des conversations qu’on a sur les sujets du jour, ça reste un peu superficiel même sur les sujets sérieux. Les lecteurs vont rarement vers les vieux posts.
    Un roman ça demande, en effet, comme plusieurs l’ont écrit, une structure, une détermination, une ambition même. Et peut-être qu’on ne peut accéder à tout ça que si on ne contrôle pas trop ce qu’on est tout en veillant à ce qu’on écrit (ce qui est assez différent de l’écriture d’un blog).

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  11. ·

  12. ·

    Cette note, additionnée aux commentaires qu’elle a engendrée est tout bonnement instructive et intéressante.
    Je retiens comme fondement d’un projet (modeste ou invraisemblable) d’écriture le plaisir et la réponse à un besoin d’expulser quelque chose.
    Quant à ton talent certain, ah ben, ma phrase est déjà complète. 🙂
    Remettre son travail sur le métier…

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  13. ·

    Oh Sapiens !!
    Suis bien contente de te voir passer par là.

    J’ai me suis remise au travail…

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    1. ·

      C’est que je viens souvent en fait, en silence certes, mais souvent.
      Et tant que j’y suis, voilà un vrai commentaire décalé du message (ce qui est vraisemblablement idiot): étonnante playlist de lecture et oui, tu m’as donné envie d’en lire (au moins) un. Courir avec des ciseaux.


  14. ·

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