33 commentaires

  1. Catnatt
    ·

    Très bon article Patrizia. Pour autant, ça ne change pas mon raisonnement parce qu’à l’origine, il y a un manque de fric. Je veux dire par là, que ce n’est pas une démarche spontanée. Après, elle a déroulé. Si elle avait eu le choix par rapport aux dettes de son mari, je ne crois pas qu’elle aurait fait le choix de la prostitution.

    Après qu’elle le vive bien et que ça se passe bien, j’ai envie de dire « tant mieux « !!

    Répondre

  2. ·

    excellent billet.

    Quelques points

    1-La question de la propriété de l’outil de production en cas de légalisation a été posée par le STRAS et il serait possible par exemple d’adapter une sorte de fonctionnement en scop ou en « cabinet médical » à la situation. Ainsi le bordel ne serai pas à la chaine. Autre solution, comme dans certains bordels allemands, la location d’un espace par une travailleuse indépendante

    2-Il faudrait vérifier ce chiffre de 80%, balancé un peu partout. Il est possible mais je demande à voir

    3-La question de la pénétration du corps dans notre contexte culturel au moins (mais le physiologique prend toute sa part c’est évident aussi) fait en effet que la comparaison avec un job normal est compliquée et pose une vraie question d’altérité

    4-La notion du désir non partagé rend surement la chose plus frustrante et augmente les risques de violence d’un client peu équilibré. L’interdiction totale rajouterai encore de la tension

    5-Tu poses à juste titre que nous ne sommes pas égaux devant la séduction, à la fois en capital beauté, en relations…je rajouterais aussi en genre. Je n’ai pas souvent eu à me plaindre de ce côté la lorsque j’étais sur le marché mais il est plus facile pour une femme de se « faire sauter gratuitement » comme tu le dis. D’ailleurs lorsque la sexualité est décidée uniquement par les garçons, il y a beaucoup plus de sexe (les gays ont une sexualité souvent plus dense que leurs amis hétéros même si bien évidemment les généralisations sont souvent bêtes).

    6-Un point que tu effleures sans le traiter (mais quel billet dantesque, comment tout traiter) c’est que la sexualité avec une prostituée peut aussi être pour quelqu’un d’engagé avec une femme dans sa vie, le moyen de voir ailleurs sans avoir à conclure un second engagement, même bref, juste pour un peu de variété sexuelle, voire de sexe tout court. Plus facile que de séduire quelqu’un alors que tu es déjà en couple et qu’il va falloir gérer une seconde histoire

    7-Les filles commencent à aller aux putes, certes de façon moins gores. Voir ces quadras canadiennes qui vont aux Antilles pour ces raisons ou ces françaises dans certains coins du Sénégal

    Répondre
    1. Catnatt
      ·

      Te répond 🙂

      1/ Oui j’ai vu la position de Merteuil sur les collectifs autogérés par les prostituées. Ca me va, je trouve que c’est la moins pire des solutions.

      2/ J’ai la flemme de vérifier :p

      3/ + 1 . Et se faire traiter de réac en proie aux clichés sous prétexte qu’on estime que oui ce n’est pas pareil commence à être gonflant en fait.

      4/+ 1

      5/ Probablement mais de fait, je suis mal placée pour répondre :p

      6/ Oui, j’entends. Mais c’est bien parce qu’il y a un manque quelque part non ? Sans que cela soit négatif mais manque quand même non ?

      7/ Perso je n’y suis pas allée encore donc je ne me prononce pas 😉


  3. ·

    du coup je vais faire un billet peut-être dessus. Mais j’ai peur
    1-Je suis un mec
    2-je suis marié
    3-je suis plutôt favorable à la légalisation de la prostitution

    du coup je sens les amalgames imbéciles venir…

    Répondre
    1. Catnatt
      ·

      Je préfère te prévenir c’est hyper touchy. Tu vas te retrouver coincé entre les abolitionnistes et les énerves du Strass. C’est inconfortable au possible.

      Donc sois prudent ds tes propos 🙂


    2. ·

      pas seulement. Il y aura aussi « tu es un mec qui parle de putes donc c’est suspect »

  4. Isaway
    ·

    Romain tu devrais l’écrire, j’avoue que j’aimerai bien avoir le pendant masculin aux questions « pourquoi je ne vais pas aux putes ?  » et « Pourquoi je ne prostitue pas? » si tel est ton cas, bien entendu… mais je serais curieuse !
    Catnatt, bravo pour ce billet qui reconstitue bien les différentes conversations vues hier sur twitter, le sujet est tellement compliqué, et ramène tellement à nos intimités à tous, que c’est pas évident et effectivement bon courage aux politiques.
    Envisager un statut légal comme les médecins, ou les avocats avec déclarations fiscales, sociales… une piste ? ce ne serait pas du flicage puisque tout serait légalisé (le gros mot) mais hors ces clous effectivement la loi reprendrait peut-être enfin ses droits et permettrait de bien différencier la prostitution « choisie » de celle inhérente à la traite des femmes.
    Il faut savoir si les prostitué(e)s ainsi officialisé(e) se satisferaient de sortir de la clandestinité où ils (elles) sont plus ou moins contraintes aujourd’hui… à suivre

    Répondre

    1. ·

      Oui mais tu peux te prendre cher. Et puis tu as aussi le coup du gars qui va au pute une fois ou deux dont parle Catnatt. Bref tout cela est compliqué.et j’ai peur d’avoir l’amalgame »tu es pour la légalisation, tu vas au putes » ce qui n’est pas mon cas mais peut être dit.


    2. ·

      mais sinon je veux bien faire le billet pourquoi je ne vais pas au putes et je suis pour la légalisation

  5. Spleen sans idéal
    ·

    Je suis d’accord sur des points et en franc désaccord pour d’autre.

    Je suis contre l’interdiction. Parce qu’interdire la prostitution reste un interdire un choix fondamental : choisir ce que l’on fait avec son corps. Et ca, je suis contre. En plus, ca n’aidera pas à lutter contre les dérives , et surtout pas contre la traite des femmes.

    De plus, je connaissais une prostituée. Certes, c’est occasionnelle, mais prostituée quand meme. Je vais pas mentir, j’ai été choquée. Mais moins que ce à quoi je m’attendais. Elle leve des mecs dans des bars classes et leur signale que le fun n’est pas gratuit. J’aurais du etre dégouté. Mais je connais des femmes qui font ça gratuitement. Alors si elle peut recevoir une gratification ( tres génreuse) , ca m’est égal . Elle n’est pas malheureuse, elle a juste des gouts de luxe et des problemes de fric. Est ce que ca fait d’elle une femme déséquilibrée. Non . Pour elle, c’est une forme de boulot occasionnel. Au prix où on est payé à mac do , je peux comprendre.

    Bon, après, les hommes qui vont aux putes, j’ai un peu de mal à comprendre l’idée ( d’un autre coté, je vois mal pourquoi je paierais pour un truc pour lequel on est près à me payer ^^ ) .
    C’est bizarre à dire, mais je suis à peu pres certain que pour eux, il n’y a aucune difference entre aller s’encannailler et aller à la salle de sport ( excepté peut etre le tarif ). Il s’agit tout simplement d’égoisme. Un de mes amis y est allé plusieurs fois. Parce que ca le détend. Concept étrange mais comprehensible.

    Par contre, je pense que je peux comprendre les hommes mariés qui y vont. Lassitude + aucune envie de relation extraconjugale suivie ou de drague + fénéantise = gratification onéreuse.
    Certains hommes ne veulent pas se séparer , pour des raisons diverses : raisons financieres, religieuses, ou tout simplement encore amoureux de leurs femmes. Mais d’un autre coté, ils s’emmerdent. Donc, plutot que sauter leurs secrétaires, bah ils vont à pigalle. Est positif ? Non. Intélligent ? Non. Mais je suis sur que dans la tete de beaucoup, ce n’est meme pas de l’adultére. Et ils n’ont aucune chance de se faire gauler bêtement ( si si, ca joue dans l’équation )

    De plus, la prostitution masculine est en constante augmentation. Dans les grandes villes anglo saxones, on trouve facilement des hommes prets à satisfaire des femmes contre rémunération. Et c’est sans parler des zones de tourismes sexuels féminins on pense notamment à haiti et cuba ou on trouve des « boys » pres à faire plaisir sur les plages ( les allemandes et les suédoises raffolent des caraibes en dehors des zones d’affluence, on se demande pourquoi )

    Répondre
    1. Catnatt
      ·

      heu…

      Alors Spleen, j’ai jamais dit que j’étais pour l’interdiction, je sais pas où tu as vu jouer ça

      2/ la copine prostituée : tu l’as dit toi-même, à l’origine des problèmes de fric. Est ce sans ça elle serait devenue une pute, je ne crois pas. Dc on retombe sur la même chose, ce n’est pas vraiment un choix, c’est une solution. Après, qu’elle le vive bien, tu m’en vois ravie.

      Il va quand même falloir arrêter de se raconter des histoires. Pr l’instant être une prostitué n’est pas un choix strictement professionnel. C’est « un choix de vie » car il y a des conséquences à tous les niveaux : privé, sentimental, familial etc. Après qu’on modifie le cadre juridique et que ca devienne moins « touchy », j’en doute pas. Mais pr l’instant, c’est ça la réalité.

      Je n’ia jamais traité les prostituées de déséquilibrées. Va falloir arrêter de caricaturer mes propos sinon je vais vraiment m »enerver. J’ai juste parlé de « manque ». Après c’est pathologique ou ça ne l’est pas. Suis curieuse d’ailleurs de comprendre l’origine des goûts de luxe de ta pote hein…

      Pr les clients, oui je te suis. En attendant, on tourne en rond, car on parle bien de « manque ». La prostituée règle le probleme de forme en aucun cas celui de fond.

      Pour les femmes qui cherchent des putes hommes, bah mon raisonnement est le même. Pourquoi ? Et si à répétition, encore pourquoi ? Tu sais c’est un peu comme la dope en fait. Tu peux taper de la coke en soirée une fois, deux fois sans que ça soit significatif. Mais 3 fois ? quatre ? XX ?

      Non ce n’est pas anodin…

    2. Spleen sans idéal
      ·

      1- j’ai pas dit que tu étais contre l’interdiction. J’ai dit que je suis contre . Nuance énorme
      2- BIen sur qu’on ne choisis pas d’etre prostituée par vocation. D’un autre coté, on ne choisis pas de bosser chez mac do ou d’etre balayeur par vocation non plus. Dans tous les cas, ca reste une question de fric ( d’ailleurs, je connais assez peu de personnes qui bossent réellement par envie ^^ ).
      Et j’ai jamais dit que c’était un choix sans conséquence. Après, parler de choix de vie est peut etre exagéré dans son cas, vu qeu c’est occassionel.
      3- Quelqu’un qui a de gros probleme affectifs et un soucis de mal etre, c’est quelqu’un de déséquilibré. Ce n’est pas de la carricature, c’est de la définition.

      Quelques soient les manques dont souffrent les client(e)s , mis à part un psy , rien ne pourra regler ca. En plus, je ne considere pas que les prostituées et la dope soient vraiment à classer dans la meme catégorie ( à part bien sur si la consommation est journalière ou bizarre ).
      Le sexe est un bien de consommation comme un autre, c’est tout ( oui, je sais, c’est choquant ). Et la prostitution rentre souvent dans un domaine de fantasme avec en highlight l’égoisme et la possession. Les trucs de bases, quoi. Pour beaucoup de gens, c’est à mettre au meme niveau que l’adultère. Sauf que c’est moins cher et supposé sans conséquence
      Je vais etre franc, je trouve bcp plus étrange un type qui joue au tennis tout les jours alors qu’il est pas tennisman. Le plaisir, aussi étrange et / ou malsain soit il n’est pas à mettre sur le meme niveau que la dépendance. En tout cas, c’est mon avis.
      Pour ma copine, je connais pas toute sa vie, mais je ne pense pas qu’il y ait quoique ce soit de pathologique. C’est juste une petite fille gatée qui aime les jolies choses et qui deteste bosser. Des femmes comme ça, j’en connais plein. Elles se contentent juste de saigner à blanc un seul mec, d’habitude , c’est tout.

      Le sujet semble te mettre dans tous tes états. Du caaaaaaalme.

    3. Catnatt
      ·

      mouhaha ! Oui t’as pas tort, j’étais plutôt sereine ce matin mais après m’être fait traiter de café du commerce n’y connaissant rien, puis de (grosso modo) petite bourgeoise de merde pleine de fantasmes qui accumule les clichés, je commence à saturer un chouia.

      Donc toutes mes excuses si j’ai été un peu tendue.

      « 3- Quelqu’un qui a de gros probleme affectifs et un soucis de mal etre, c’est quelqu’un de déséquilibré. Ce n’est pas de la carricature, c’est de la définition. »

      >> Ben bizarrement, je ne serai pas aussi radicale que toi. Déséquilibré amène à des comportements borderline ou déviants fatalement. Mais on peut avoir des problèmes affectifs (je suis par ex une grande névrosée :p) pour autant je n’adopte (plus) de conduites « à risques ». Je fais une toute petite nuance qui je le reconnais reste personnelle.

      « En plus, je ne considere pas que les prostituées et la dope soient vraiment à classer dans la meme catégorie  »

      Certes mais la mécanique peut-être la même….

      « BIen sur qu’on ne choisis pas d’etre prostituée par vocation. D’un autre coté, on ne choisis pas de bosser chez mac do ou d’etre balayeur par vocation non plus. »

      Nan ? Jure ! 😉

      Il y a quand même une différence de taille entre les deux. En général la prostitution est « choisie » parce qu’on est acculé à. Je ne dis pas que c’est la totalité mais la grande majorité se retrouve confronté à de tels problèmes qu’il faut du cash, beaucoup de préférence, et vite.

      Tandis que aller bosser au mc do ou être balayeur est un choix classique de vouloir gagner sa vie. Ca pourrait être ça ou autre chose, ce serait pareil. La prostitution, pour l’instant, ce n’est pas ça ou autre chose, c’est pareil. Enfin, j’espère que tu vois la petite nuance que je fais également à ce sujet 🙂


    4. ·

      spleen je pense que la prostitution la plus calme doit venir de la , du je veux un peu de variété mais j’aime ma femme et donc je paye pour cela.Je pense que cela doit souvent arriver.


  6. ·

    tres bon article.
    Mais au-de-là de la question sur l’abolition ou non de la prostitution, il nous faut comprendre ce qui les pousse dans cette voie qui n’est pas une voie anodine et qui ressemble plus une forme d’auto-flagellation qu’a une acceptation de soit.
    Il faut aussi remarquer que notre société actuelle semble vivre une sorte de schizophrénie autour de la sexualité. Entre une hyper-sexualisation, une banalisation de l’acte sexuel et une certaine forme de honte et/ou condamnation de celui-ci, on ne sait plus vraiment de quel manière jauger l’aspect sexuel de nos vie sans que cela soit biaisé

    Répondre
  7. Catnatt
    ·

    Le truc, et c’est ce que tout le monde oublie allègrement, c’est que ce débat porte en fait sur la libre disposition de son corps à des fins mercantiles. Autrement dit, j’ai le droit de me servir de mon corps comme je l’entends jusqu’au point d’en faire bénéficier à un autre contre rémunération.

    Si l’on s’en tient à la prostitution et si le consentement éclairé est acquis (consentement éclairé est une notion fourre tout, je le reconnais mais là j’en trouve pas d’autre pour illustrer) tout va bien. Comme je le dis dans mon billet, je n’ai pas tellement de problèmes avec ça tant que la démarche est si j’ose dire « rationalisée ».

    Mais si on pousse le curseur un peu plus loin, de fait, est ce que cela ne crée pas une ouverture à tout commerce avec le corps : sperme et ovules évidemment qui ne sont autorisés pr l’instant en France que sous forme de dons. Quid des organes ?

    Où commence et où s’arrête le libre commerce de son corps ? j’ai pas de réponse hein… Mais c’est bien là le fond du problème.

    Répondre
    1. Spleen sans idéal
      ·

      Tout simplement parce que même si tu voulais vendre tes ovules ou tes organes, l’éthique scientifique et médicale t’en empecherais.

      Il y a une difference énorme entre les deux. Quand tu donnes ton corps, c’est un don banal de fluide et d’énergie qui dure quelques minutes. C’est peu ragoutant, mais ca reste naturel. Il n’y a aucune intervention extérieure ( ou alors, c’est plus cher ) .
      Un don d’organe dure nettement plus longtemps et prends en compte les donneurs, les receveurs , et surtout les praticiens, ainsi que les cadrages de la sociétés. Cela à un impact réel , durable et inaliénable sur énormement de personnes.
      Des comités de bioéthiques existent pour ca.

    2. Catnatt
      ·

      Ca c’est ce qui existe aujourd’hui.

      Quid de demain ?

      Je crois que dans certains pays étrangers, on peut vendre ses ovules. Je ne serai pas aussi certaine que toi que le capitalisme, le libéralisme ne fasse pas bouger aussi les lignes de ce côté-là un jour.

      Après tout les mères porteuses sont légales aux Etats-Unis. Cela a un impact réel, durable et inaliénable…


  8. ·

    en fait l’argument de l’usage libre de son corps, il est dans plusieurs camps, et dans plusieurs champs,
    interdire de vendre son sang, interdire de le donner plus que tous les 2 mois, obliger à porter la ceinture de sécurité et autres mesures de protection, c’est objectivement faire entrave à l’usage libre de son propre corps, c’est être protégé contre soi-même,
    je le rappelle constamment quand il est question de prostitution, pas pour faire un parallèle sur les faits, mais sur la notion juridique. On peut trouver que l’état est paternaliste, exagérément interventionniste, mais du moins il n’y a pas incohérence entre vouloir faire reculer la prostitution et le reste de notre système légal.

    je trouve ça intéressant à rappeler. Ca pose différemment l’aspect moral de la question, il y a plusieurs manières d’aborder « moralement » la prostitution.
    Tout comme il faut rappeler qu’historiquement les syndicats sont issus du salariat, pas des artisans, et de luttes contre des conditions d’exploitation indignes et/ou inégalitaires. Cela dit l’état se fout bien de la gueule des personnes prostituées, en leur prenant des impôts d’un côté sans pour autant qu’elles aient accès véritablement aux droits sociaux (chômage, santé…). De ce point de vue ça se défend de poser la question sous un angle syndical, même si je crains toujours que ça ne légitime involontairement les bordels, dont les médias se gobergent (y’a qu’à voir serge kaganski, qui écrit avant de réfléchir) alors que les intéressées n’en veulent surtout pas.

    En fait Nat, pour revenir à ton billet plus qu’au sujet en général, je n’aborde pas la question de la même manière. C’est aussi largement une question politique, donc collective. Les situations sont toutes individuelles, mais il y a aussi un cadre, une société autour, et ça c’est collectif, le fait que tu te poses la question d’aller aux putes c’est de la pure théorie, presque aucune femme ne se la pose pour de vrai parce que ce n’est pas comme ça que la société fonctionne.
    Je ne suis pas surpris d’ailleurs de voir les personnalités qui se prononcent pour une prostitution reconnue et librement exercée, ce sont plutôt les « lib-lib », libéraux-libertaires, que je préfère qualifier de libéraux de gauche (genre Iacub, au hasard, ma bête noire.
    C’est pour ça que je parlais de l’état interventionniste, et des syndicats, il y a quelque chose qui me gêne voire me choque dans la défense par certain-e-s de la prostitution au nom de la comparaison avec le salariat. Parce que c’est adopter, en tant que salarié, le point de vue du capitaliste, c’est revendiquer l’individualisme tout en le plaçant dans un cadre collectif et de rapports de forces vastes.
    Moi qui ne suis pas un libéral, ni de droit ni libertaire, c’est une comparaison (et je ne dis pas que tu la fais toi, tu la cites à juste titre car elle est présente dans le débat) qui relève d’un raisonnement faussé.

    Je crois qu’il y aurait de la place pour un « abolitionnisme » qui dépasserait le positionnement moraliste et lui préfèrerait une lecture politique. Je doute qu’il y ait grand monde pour cette position nuancée et je crains que le débat, plus que jamais, ne se solidifie autour d’un pour ou contre la prostitution, ce que je trouve aussi simpliste d’un côté que de l’autre :-/

    Répondre

  9. ·

    Ton commentaire me fait voir les choses autrement. Mais vu ce que j’ai pu lire sur twitter, je crains qu’en effet, le débat se borne à un « pour ou contre la prostitution ».

    Le truc c’est que j’en ai longuement parlé avec Celina et nous sommes tombées d’accord : un monde sans prostitution, ou à minima une France sans prostitution, ça m’irait très bien. Mais de manière pragmatique, c’est vain. Donc on négocie avec une réalité à savoir qu’il faut bien un cadre légal à tout ça. Ca a quelque chose à voir avec le renoncement plutôt qu’une revendication.

    Après avoir discuté avec « la patronne » du strass qui fait pas dans la nuance, ça c’est clair ^^, les partisanes de la « légalisation » sont radicales. Ou tu es avec elles totalement ou tu es contre elles. C’est pénible. Donc on n’échappe pas à un pour ou contre. C’est navrant et à la limite j’ai juste envie de dire que j’en ai rien à branler à la fin de la journée. Qu’elles (ils) se démerdent. 😉

    Répondre

  10. ·

    ah ah, ça se défend ^^

    j’aime pas le stras, mais je dois reconnaître que
    1/ même avec un discours + modéré ils ne seraient pas mieux accueillis par les pouvoirs publics de toute façon
    2/ il y a des lobbies d’argent, très puissants (et sans même chercher à savoir s’ils sont liés aux mafias), qui poussent une libéralisation à leur sauce, celle de grands bordels capitalistes, à l’allemande, sex-centers qu’il est impossible de ne pas voir se transformer en maisons d’abattage sauf à avoir un contrôle public peu ragoutant,
    donc ça leur fait beaucoup d’adversaires, car en plus des « prohibitionnistes » les « indépendant-e-s » se battent aussi contre les méga-maquereaux qui veulent en faire des gagneuses.

    et ces lobbies là, ils sont très actifs au niveau européen et international, par exemple ils pèsent lourd dans les négociations qui conduisent aux textes internationaux sur la traire, mais aussi sur la lutte contre les discriminations faites aux femmes.

    la prostitution génère un fric considérable, des dizaines de milliards dans le monde chaque année. autant dire qu’au ministère le téléphone ne doit pas être souvent raccroché.

    Répondre
  11. Ulrich
    ·

    @arbobo Il faudrait éviter les raccourcis sur le syndicalisme pour appréhender la prostitution. Déjà dire qu’il est issu du salariat, c’est biaisé volontairement le débat. De même les poncifs du genre « un monde sans prostitution ça m’irait très bien », car pour le coup c’est enfoncer des portes grandes ouvertes.
    La prostitution est un problème social avant tout, régler ce problème par la revendication et la négociation est une des voies. Ce n’est pas la seule… Car la prostitution pose aussi les problèmes de la condition de la femme en règle générale.

    Maintenant, sur le plan sémantique, parle-t-on d’une prohibition ou d’une abolition ? Car juridiquement, ça n’a pas la même portée. Le premier porte en lui les germes d’une répression liberticide et la deuxième une notion d’atteinte à la liberté.

    Répondre

    1. ·

      merci pr le poncif sur « un monde ss prostitution m’irait très bien ».
      J’apprécie Ulrich, j’apprécie vraiment surtout quand tu zappes la suite


  12. ·

    Ben faut pas s’étonner que derrière le strass s’aliène les bonnes volontés. Après je comprends la logique de la radicalisation mais j’ai jamais aimé les groupes, j’ai jamais aimé les discours radicaux, j’ai jamais aimé qu’on me casse le bras sous prétexte que si tu n’épouses pas la cause, tu es fatalement du côté de l’adversaire. C’est pas mon truc.

    Je n’ai absolument pas l’intention de renier mon point de vue sous prétexte qu’il y a des enjeux derrière. La comparaison est mal venue mais c’est comme soutenir inconditionnellement le PS sans se poser de questions et en taisant ses divergences.

    C’est non.

    Répondre

  13. ·

    « @arbobo Il faudrait éviter les raccourcis »

    les résultats du bac c’était vendredi, tu es en retard pour me mettre de mauvaises nites.

    Répondre
    1. Ulrich
      ·

      Avec une telle réponse, tu ne l’aurais pas eu.


  14. ·

    moi j’ai souvent des commentaires pourris sur mon blog (moins ces derniers temps) et les tiens sont intéressants.tu as un secret!

    Répondre

  15. ·

    Je rajouterai en complément une discussion avec bacicoline que nous avons eu hier soir.

    1/ Elle pense contrairement à moi (en fait je n’avais pas du tout envisagé ça) que certaines jeunes filles peuvent parfaitement embrasser de nos jours le métier de prostituée sans état d’âmes, basé sur un « fantasme » de la call girl ds de beaux hôtels pétées de tunes. Ca me semble possible au même titre que certaines se lancent ds le porno. Je reste persuadée que ça ne reste pas sans conséquences mais peut-être que je mettrais du coup un bémol sur le « manque » comme facteur déclenchant.

    Bref à réfléchir

    2/ Elle soulevait la question du droit français qui est extrêmement clair à savoir (comme l’a plus ou moins abordé Arbobo) qu’on ne peut « vendre tout ou partie » de son corps. Le don de sang, de sperme etc est autorisé et la vente interdite. De fait, cela place la prostitution dans un « angle mort ». Pourtant, c’est bel et bien le corps, ce que l’on a le droit d’en faire dans une démarche « commerciale » qui est questionné.

    Je ne sais pas si je suis claire d’autant que je suis une buse en droit 😉

    Répondre

  16. ·

    c’est toute la difficulté, Nat,
    il y a 1 législation, mais les réalités de la prostitution sont multiples,

    si tu prohibes, c’est soit sur une base morale soit pour défendre les victimes (de mac, de la traite…),
    si tu libéralises, c’est soit pour les patrons de bordels, soit pour les indépendantes qui ne veulent surtout pas faire autre chose,

    entre l’occasionnelle qui a une vie à côté et qui, quand elle sortira de ses problèmes d’argent, pourra arrêter « facilement »,
    l’escort de haut vol qui facture plus de 1000€ la nuit (t’en fais 3 par mois et tu vis très correctement, 4 par mois et tu achètes un appart),
    celle qui voulait faire du porno mais qui n’a pas réussi à en vivre,
    celle qui trouvait ça bien au début mais qui au bout de 10 ans n’a surtout pas de porte de sortie,
    celle qui joint à peine les 2 bouts avec son van qui tombe en ruine et qui a de plus en plus la trouille (quand elle ne fait pas carrément partie de celles qui se font dérouiller ou qui sont violées)
    celle qui n’a jamais maîtrisé sa vie et n’existe que par le désir qu’elle suscite
    celle qui est devenue accro au fric, parce de toute façon c’est tout ce qu’elle de vraiment à elle,
    celle dont le mec n’acceptera jamais qu’elle arrête parce que ça lui fait un appréciable complément de RSA,
    celle qui est camée et qui est tombée dedans elle sait même plus comment (notez que l’inverse existe aussi, la came pour mieux tenir le coup au début, puis parce qu’on ne peut plus s’en passer, cercle vicieux)
    celle qui n’a trouvé que ça pour garder un logement et nourrir son môme,
    celle à qui on a pris les économies familiales et son passeport et qu’on oblige à « payer sa dette »,
    celle qu’on a violé massivement pour la dresser et qu’on tient sous la coupe d’un réseau,
    celle qui ne peut pas refuser parce que sinon sa mère et sa soeur y passent dans son village natal,

    ça en fait des différences, et pour dire le vrai, bien que tous les acteurs du débat utilisent des chiffres, aucun n’est réellement fiable, on ne sait pas trop ni le nombre réel ni la répartition réelle indépendantes / sous la coupe d’un proxo.

    le problème de l’abolition telle qu’envisagée, c’est d’être plus moraliste que réaliste, concrètement que vont devenir celles qui arrêtent? Les occasionnelles, ça ne change pas trop leur vie, et les victimes de la traite peuvent reprendre le chemin qu’elles avaient envisagé au départ (chercher un job, demander l’asile, faire des études, voire revenir au pays), et les putes de haut vol, elles continueront mais le jour où elles décident d’arrêter elles ont des ressources pour s’en sortir (utiliser leur argent placé, faire de l’immobilier, faire un mariage juteux avec un mec qui leur plait…).
    Et les autres? concrètement c’est le RSA et pôle emploi. Certes, on n’en est plus à 10’000 ou 20’000 près à l’échelle du pays, mais à l’échelle individuelle ça tape.

    on peut raisonner coût/bénéfice à moyen terme, si la pénalisation du client dissuade d’entrer dans la prostitution alors il n’y aurait « que » les actuelles qui seraient sacrifiées. Acceptable ou non? Du point de vue de l’Etat froid on peut répondre oui, du point de vue féministe c’est nettement moins évident.

    je crois plus à des choix, des arbitrages, qu’à un idéal possible. La situation actuelle est défavorable aux victimes de macs, par définition toutes vont dire qu’elles sont libres et indépendantes, le mec va pas mener une enquête durant 6 mois avant de lâcher ses 20€, il me semble.
    Quels que soient les choix politiques, il y aura toujours des catégories de prostituées qui en tirent profit et d’autres qui en paient le prix. A partir de là, l’éventail des choix est large, mais rien n’est super évident.

    désolé d’avoir fait court, c’est ma tendance à être simpliste

    Répondre

  17. ·

    On en revient à ce que je disais plus ou moins dans le billet, aucune solution n’est satisfaisante, on ne fait que limiter la casse dans un sens ou dans l’autre.

    C’est d’un motivant… ^^

    Répondre
  18. M
    ·

    Coucou, je pense que ton article résume bien toutes les questions que l’on peut se poser par rapport à la prostitution, et la difficulté de se faire un avis clair sur la question!
    C’est clair que le monde de la prostitution englobe des situations très différentes, et que ce soit du côté des clients que des prostitué(e)s, le « marché » est très segmenté et très concurrentiel, et les différents groupes ne se fréquentent pas. ça m’étonnerait que les clients de Morgane Merteuil (avec qui elle dit faire un travail de psychologie sociale…) soient les mêmes que ceux d’une fille ou d’un travesti bossant sur le bord de la route. C’est pour ça que j’ai du mal avec le Strass, eux c’est un peu l’aristocratie du métier, ils vivent un peu dans leur monde et ils pensent avant tout à leur business. Quand à leur proposition de maisons de passe autogérées, sécurisées, où l’hygiène serait respectée, finalement ça ressort du même idéalisme que l’idée d' »abolir la prostitution ». Un structure comme ça demande un sacré investissement financier à la base, alors que la majorité des prostituées font ce boulot parce qu’elles sont fauchées! Donc ça serait vite zappé par des grosses maisons de passe dont le propriétaire serait on ne sait pas qui, et les filles paieraient un loyer pour une chambre. De la même manière que la concurrence des supermarchés écrasent les commerces de proximité…Il parait que la prostitution est strictement réglementée en Allemagne mais je sais pas trop à quel point. En tt cas, aux Pays-Bas, je sais que les gens commencent à se poser des questions sur les « Happys Hours » et les « Promotions » organisés par les bordels, et en ont marre d’habiter à côté.

    Répondre

  19. ·

    Je suis ne suis pas sur que la légalisation de la prostitution serrait si positive que çà. J’ai bien aimé l’expression de Vengy ( Bien que je pense que tu fais d’un cas une généralité, car, OUI il existe des prostitués qui font cela de leur plein grès, bien qu’il existe en aussi des totalement maltraités dans ce domaine ! BREF) :  » Observer le nœud du problème, et non les extrémités « . Et le nœud du problème à mon avis.. ( je parle bien sûre des prostitués en quelque sorte, non consentante ) C’est les macs tout simplement. ( et apparemment, je ne suis pas le seul à penser ça, après lecture du débat ). La légalisation, je ne pense pas.. Mais leur venir en aide, absolument !C’est marrant, en lisant les posts de Shengys, j’ai étais totalement dégoutté. Il me fait penser aux personnes qui trouve ça absurde que des bénévoles amènent des seringues propres aux drogués pour ne pas qu’ils aillent se choper des merdes. Drogues ou prostitution, si j’ai bien compris, sa vision des choses c’est : Ils servent à rien, autant qu’ils crèvent ! De toute façon, tant que ma petite personne va bien et n’est pas choquée , et bien « chacun sa merde » !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *