L’incompréhension

Je viens de lire l’article de Voici – oui, oui, je sais, on est abonné au boulot et c’est même de ma faute mais qui trouve mieux pour détendre un client m’appelle… – sur Bertrand Cantat et Krisztina Rády basé sur un message téléphonique que cette dernière aurait laissé à ses parents quelques temps avant son suicide ainsi que le témoignage de son dernier compagnon. (Celui-ci allègue entre autres que Cantat aurait séquestré la mère de ses enfants toute une nuit.) Vous pouvez lire le résumé ici.

 

L’article est clairement à charge contre Cantat. Je suppose que Voici est sûr de ce qu’ils avancent car ils risquent gros vu ce qu’ils affirment : en clair, Krisztina Rády était une femme morte de peur face au père de ses enfants, pervers narcissique de première classe, l’empêchant de refaire sa vie, la harcelant ainsi que son compagnon du moment et l’ayant frappée. L’article est au présent, jamais au conditionnel.

 

Toujours selon l’article (J’essaie d’être très prudente), Krisztina Rády aurait été une femme battue, au moins des gifles à partir de 1998.

 

Je lis et je pose l’article, envahie par le dégoût et l’incompréhension. J’ai pour principe de toujours séparer l’artiste et l’individu (jurisprudence Céline) mais là, j’avoue qu’on atteint mes limites. Je crois que je ne supporterais pas d’entendre encore la voix de Cantat. Et Dieu seul sait que j’ai une passion pour cette chanson, « Le vent l’emportera ». Je suis restée, à l’époque, très prudente sur l’affaire de Vilnius. Même si Cantat était clairement responsable et qu’il était tout à fait normal qu’il aille en prison, je n’avais aucun avis définitif sur cette affaire. Pour autant, je ne défendais pas l’excuse du crime passionnel mais je pouvais envisager un dérapage atroce lié à la drogue et à l’alcool (sans que cela suppose le moindre début de justification). C’était idiot mais je vivais à Bordeaux à la fin des années 90 et à cette époque-là, là-bas, tout le monde était à deux degrés de séparation de Noir Désir. J’avais des potes qui étaient amis avec le groupe. Je voyais passer la petite famille en vélo. On était tous attachés à ça. C’était complètement con mais j’étais persuadée que s’il y avait eu quelque chose, on en aurait eu vent. Cet article suppose que tout le monde se serait tellement tu… Il ne faut pas raconter d’histoires, l’entourage très proche d’un pervers narcissique sait toujours de quoi il retourne.

 

Et puis, le doute. Le suicide de Krisztina Rády. J’étais mal à l’aise.

 

Et à la fin, l’incompréhension (Si, évidemment, tout cela s’avère bel et bien vrai, encore une fois restons prudents). Parce que dans cet article, Voici allègue ni plus ni moins que Krisztina Rády aurait menti au procès de Vilnius. Elle a affirmé que Cantat n’avait jamais levé la main sur elle or le papier affirme le contraire basé sur le témoignage des parents, entre autres. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de la condamner, vraiment pas. C’est juste que je ne comprends carrément pas et je vous assure que j’ai un seuil de tolérance très élevé. Si on m’explique, je peux tout comprendre, je crois. Mais là… Je veux bien tout ce qu’on veut, qu’une relation avec un pervers narcissique est complexe et que le travail de sape est tel qu’il est difficile d’agir indépendamment. J’entends tout ça. Mais, bordel quand on est convoqué à un procès pour meurtre, est-ce qu’on continue à être dans le déni ? Est-ce que le fait qu’il s’agisse du père de ses enfants justifie que l’on puisse mentir ? Comment peut-on regarder un juge et un jury et affirmer tranquillement : « Ras, passez-votre chemin, il n’y a rien à voir » ? D’après le dernier compagnon, elle aurait eu peur. Peur de quoi ? De son ex en prison à l’étranger ? Je ne vois pas comment on peut préférer mentir devant une cour de justice alors qu’il y a un cadavre ! Si ça, ça ne fait pas réagir jusqu’où ça peut aller, c’est dingue, non ?! Elle est où la limite ?

 

Je ne comprends pas. J’ai beau retourner le truc dans tous les sens, je reste démunie. Je relis la restranscription du message de Kristina Rady et j’ai mal au coeur.

 

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de cette femme ? La culture et l’intelligence n’ont rien à voir dans l’affaire. C’est la mécanique d’une relation pervertie jusqu’à la moelle qui est en cause. Et cela démontre bien que ce n’est pas parce qu’une histoire avec un pervers narcissique s’arrête que la mécanique cesse. Partir ou être quitté(e) règle le problème de forme, jamais de fond. Et pour que cette relation s’installe, encore faut-il qu’il y ait terrain favorable chez la victime. Toute personne un tant soit peu équilibrée et dotée d’une estime de soi à peu près constituée part en courant dès les premiers signes. Si on trempe là-dedans, c’est qu’il y a faille. Une faille tellement énorme qu’elle ne se résoudra qu’avec une solide remise en question et un gros travail de reconstruction. La perversion ne cesse pas avec l’incarnation. Elle cesse quand au fond de soi, on sait à peu près ce que l’on vaut et qu’on a acquis un système de défense psychologique solide.

 

Elle cesse quand on se décide à écouter cette petite alarme que l’on a tous au fond de soi et qui fait qu’on est interpellé et mal à l’aise face aux agissement de l’autre. Elle cesse quand on décide de ne pas continuer une relation avec quelqu’un qui fait retentir cette petite alarme. Parfois, sans preuves mais avec un sentiment de méfiance exacerbé. Peut-être que l’autre est très bien mais on ne prend plus de risque et on estime qu’il (elle) ne nous convient pas.

 

Malheureusement… Il faut bien avoir fait l’expérience de ce genre de lien pour pouvoir s’en méfier. In fine, l’on est en sursis toute sa vie ; veuillez m’excuser pour la comparaison un peu malheureuse, mais ça marche comme pour un ex-toxico, un ex-fumeur ou un ex-alcoolique :

 

On le reste, quelque part, toute son existence…

 

Et si vous ne l’avez pas encore lu, voici le texte  « Plainte » .

 

 

8 commentaires


  1. ·

    je ne vais pas me prononcer sur les 2 personnes en question, j’en sais encore moins que ce qu’il y a dans l’article ou ce qui a pu être écrit dessus.

    Mais, il y a ça « elle aurait eu peur. Peur de quoi ? De son ex en prison à l’étranger ? Je ne vois pas comment on peut préférer mentir devant une cour de justice alors qu’il y a un cadavre »

    dans l’absolu, je pense que c’est compréhensible, c’est déprimant au possible mais compréhensible.
    Ne serait-ce que parce que ce n’est pas que de son ex qu’il s’agit, témoigner contre lui c’est aussi rentrer chez soi et affronter le regard de l’enfant qu’on a en commun avec lui, certaines personnes, certaines femmes, sont prêtes à aller tellement loin pour protéger leur enfant de ce que les parents ont pu être ou commettre..

    secundo, la peur elle est très concrète, tant que le verdict n’est pas prononcé, voire confirmé en appel, celui que tu as accusé, il peut ressortir libre, et venir te demander des comptes, te bastonner,

    voire, tertio, réclamer des droits sur son enfant « rendez-vous compte monsieur le juge, la justice lettone me blanchit, et elle qui vient me salir publiquement dans le seul but de me séparer de mon enfant? notre enfant serait bien mieux avec moi qu’avec une femme comme elle! »

    Il y a aussi la profondeur de l’emprise. Je pense qu’on n’est pas tou-te-s conçu pareil, que la capacité à dire non, à surmonter sa peur au lieu d’en être esclave, est inégale selon les gens. Quiconque n’a pas vécu de peur et par la peur, aura la plus grand mal à se représenter ce que c’est. Si tu savais comment on peut se haïr soi-même de se voir incapable de faire ce qu’il faut, d’émettre un son à certain moment, incapable de ne pas être littéralement tétanisé par la peur, et encore, je n’ai vécu aucun harcèlement, aucune violence, je n’étais « que » incapable de vivre sans être dans l’effroi permanent envers tout et tout le monde. Je n’entrevois qu’une infime partie de ce que d’autres peuvent vivre, subir. Et quand je parle de se haïr, je t’assure que c’est vrai, et il arrive que par moment on soit si enfermé dans sa peur que c’est la seule chose qui nous soit atteignable, ce dégoût de soi. Et le pire c’est qu’on n’entrevoit aucun « pourquoi ».
    C’est un enfermement tel qu’on n’a même plus accès à ce surmoi, à ces valeurs qui permettent de se lever au nom d’autrui et pour prendre sa défense.

    tu as mis le texte de maître mo en lien, c’est justement à cela que je pensais en te lisant et je m’apprêtais aussi à le mettre.
    Et comme tu dis, il ne s’agit pas d’excuser quoi que ce soit, mais puisque c’est de comprendre que tu parles, j’essaie de te fournir ce que mon expérience m’en dit.

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  2. Catnatt
    ·

    la mécanique, je la connais bien Arbobo donc c’est pas de ça dont il s’agit.

    Ce dont il s’agit, c’est de la limite. Où est-ce qu’on place la limite si cette limite là (une morte et procès ultra médiatisé) ne fonctionne pas ?

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  3. ·

    ben justement, elle est loin la limite,
    la femme dont parle maître mo, il lui a fallu 15 ou 20 ans pour l’atteindre

    la peur nous fait généralement faire le contraire de ce qu’on devrait, paradoxalement d’ailleurs parce qu’on est du coup sa propre victime, mais il y a une dimension tellement isolante dans la peur qu’elle est, du même coup, considérablement égoïste

    combien de gens qui n’ont pas la même peur ne font rien, ne disent rien, tous les jours, partout dans le monde?

    c’est agir qui est l’exception, non?

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  4. ·

    et puis attends,
    ton raisonnement part quand même d’un cas précis, sur laquelle il n’y a pas de vérité établie à ce jour (a-t-il battu et tyranisé Krisztina Rády?),
    il y a aussi une possibilité, qu’il n’ait effectivement pas porté la main sur elle (ce qui laisse ouvert qu’elle en ait eu peur)

    Pour revenir à plus de généralité, c’est par des gens comme toi que l’action peut prendre le pas sur la peur, je crois que tes articles sont bénéfiques, vraiment

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  5. ·

    J’ai lu aussi ce Voici et j’ai regardé le film Cloclo (parce que je ne connaissais pas le bonhomme et il avait été dit que cela était assez proche de sa vie) Je fais le parallèle, parce qu’à un moment du film le fameux chanteur harcèle une jeune femme blonde, il la harcèle jour et nuit, et à la fin elle plie et devient sa femme. Je me disais que si cela m’était arrivé je serais morte de peur, un fou prêt à tout pour me posséder. J’ai vécu l’immense terreur (mais seulement 9 heures alors que kristina a vécu des années avec Cantat et qu’elle a eu des enfants), j’étais littéralement tétanisée, il m’a fallu des mois pour redevenir libre dans ma tête, je partage assez ce que dit arbobo et comme toi, difficile maintenant d’écouter à nouveau Cantat.

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  6. catnatt
    ·

    Arbobo 🙂

    Ce que tu ne comprends pas, c’est que ce qui m’intéresse là, c’est que Kristina Rady s’est retrouvée dans une situation où elle a juré de dire la vérité, toute la vérité devant témoins, devant caméras, devant une société toute entière et qu’elle aurait menti. Ce que je veux dire, c’est que c’est une situation très particulière. Et si cette situation ne « suffisait » pas, je ne vois pas ce qui aurait pu déclencher l’éclatement de la vérité. C’est fou !

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  7. Olivier
    ·

    J’ai posté l’article de Métro hier aussi, et le fait d’avoir des éléments (enregistrements…) crédibilisent ce qui est écrit.
    Je suis fan de Noir Désir et de Cantat depuis le premier album, vu plusieurs fois en concert ( La Cigale en 93 étant l’apogée pour moi).
    Lors de l’affaire Trintignant, j’étais abasourdi, il était coupable, nul doute pour moi, et a été condamné à 8 ans. C’est beaucoup, ou pas assez, je n’ai aucun droit de juger n’étant pas juré ou juge.
    J’étais plein de regret envers cet homme, immense artiste, mais dangereux pour ses proches.
    A l’époque, sa femme s’exprimait pour le défendre, sur sa fragilité, ses crises…
    Au procès, elle a témoigné en sa faveur, comme souvent dans ce type d’affaire où il y a une véritable emprise, en effaçant tout coté négatif du personnage.
    Comment elle en est arrivée là ? En pensant à ses gosses, en cédant aux chantages, je mets des guillemets, ce n’est que ma théorie.
    Elle l’avait quitté, refait sa vie, ensuite l’a repris, elle n’a pas su mettre de barrière pour se protéger, parce que pour accepter ce genre d’homme, il faut être très fragile, et cette fragilité l’a tuée.

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  8. ·

    Les commentaires sur ces sites sont tristes. Les gens semblent avoir peur de dire les noms des personnes concernées.
    Une personne à Québec a réussi à faire interner deux pervers narcissiques, ces personnes sont des jumeaux.
    Pascal et Patrice Saint-Pierre qui demeuraient à Beauport et plus précisément à Notre-Dame de l’Espérance sont maintenant dans un asile pour la vie dans la région de Montréal. Leurs parents, deux malades ont travaillé au gouvernement du Québec à Québec.
    Ils ont menacé une personne honnête avec les Hells Angels. Comme armes, ils avaient des mitraillettes.
    Les deux sauvages n’ont jamais travaillé de leurs vies. Ils se faisaient entretenir contre des promesses mensongères ce que leurs hôtes savaient. Aucune expérience de travail, depuis l’âge de seize ans. Ils ont été internés dans la mi-trentaine.
    Chaque personne narcissique a une spécialité. Les deux Saint-Pierre c’étaient les mensonges et de la jalousie pour inciter des gens à s’en prendre aux victimes. Bref, les victimes sont coupables de quelque chose d’imaginaire. Enlever l’énergie pour mieux détruire par la suite. Leurs personnes sont parfaites, ils se mouchent pour faire croire aux gens la fausse souffrance. Un pervers narcissique ce qu’il pense doit se réaliser.
    Un simple exemple, complexe pour ceux qui travaillent avec ces gens malades en psychiatrie : Une personne étudie en graphisme à l’extérieur de la ville. Les deux jumeaux fous s’organisent pour lui nuire à son retour, à la fin de sa technique.
    La personne reçoit du service de placement au Cégep l’adresse d’un endroit pour une entrevue. Il prend contact pour une journée, se présente et aperçoit sur le stationnement dans un camion vert, la vicieuse de Céline Guay, le sourire fendu jusqu’aux oreilles avec Pascal Saint-Pierre qui se brasse la tête, de façon bizarre parce qu’il se mouchait.
    La personne en graphisme a parlé peu et il n’y a eu aucune entrevue. Céline Guay a remis à Pascal Saint-Pierre son camion gratuitement en échange de certains services. Une jalouse, abaisseuse, qui aime se mettre dans la vie des gens. Son mari est le fils des grues Armand Guay à Québec et il travaille à la SAAQ.
    À son retour de son entrevue le téléphone sonne dans la même bâtisse grise, le CV est maintenant en possession d’une compagnie y sans rapport avec son diplôme.
    Nos deux narcissiques fous avaient dit de ne pas aller dans ce domaine à ce Cégep et pour lui faire changer d’idées ça prend des arguments violents.
    Un groupe de musique québécoise (Vilain Pingouin de la compagnie Audiogram) arrive au Cégep (parce qu’il aimait le vendredi soir voir des amis jouer de la musique). Des menaces, et encore des menaces. Une agence de publicitaires Marketel qui parle sans fondement (parce qu’il aimait dessiner un peu comme passe-temps ou regarder des choses visuelles et artistiques).
    Le cerveau humain artistique est complexe comme le cerveau du pervers narcissique. Le cerveau de celui de la personne perverse narcissique peut raisonner pendant plusieurs années : tu n’as aucun talent, tu n’es pas bon, tu ne peux pas. Le pervers narcissique a des manies, Pascal Saint-Pierre aimait se tenir les reins, se sentir les mains, faire un bruit vulgaire lorsqu’il boit sa tasse d’eau chaude, se caresser en simulant l’embrassade avec l’un de ses voisins. Patrice est le déficient mental de sa famille de dégénérés.
    Tout le monde sait qu’un pervers narcissique doit avoir des complices (voir les noms plus haut). Des gens profiteurs, calomnieux, menteurs, hypocrites et même des chieurs et des chieuses comme Céline Guay de Beauport du même village. Ses coordonnées ont été envoyées sur les sites des ennemis des Hells. Par curiosité, on va suivre cela attentivement. Un jour ou l’autre, elle va recevoir un poing en pleine figure. Elle souffre d’arthrite, donc elle s’en prend aux gens pour apaiser la souffrance de ses os qui craquent de partout.
    Restez honnête et courageux et n’hésitez pas à utiliser la force nécessaire. Attendez pas après de l’aide, il faut faire suivre discrètement les agresseurs pendant plusieurs années avant qu’ils passent aux actes. Des caméras cachées et des témoignages sont deux des meilleures solutions pour en finir avec ces types de psychopathes sociaux.
    Pour conclure, ces malades mentaux mangent de la purée de pommes, de la salade fruits et du sucre à la crème de leur petite maman folle ou Céline Guay avec leurs copains qui sentent les vomissures et qui rient d’êtres dans leurs excréments. Bref une vie jusqu’à la mort dégueulasse.

    Pour terminer, ils organisent des raves à certains endroits et voici le lien :
    http://www.youtube.com/watch?featudetailpagere=player_&v=rF3MEB0m9IY

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