27 commentaires


  1. ·

    merci pour l’accueil Cattnat, surtout que ce sont surtout des bribes à chaud,

    il me revient un bout de nos échanges d’aujourd’hui, sur le côté « invasif » de la pénétration en général et du coït en particulier :
    je pense que c’est vrai à 99% dans les sociétés actuelles, occidentales en tout cas,
    mais dans l’antiquité les hommes exprimaient une peur exactement inverse, et parlaient de « vagin denté » (vagina dentata), il est intellectuellement possible de penser que le coït est un risque pour le pénis et/ou pour l’homme (absorption, castration…).
    Mais ça c’est de la théorie, pour dire que l’animalité, même là, est fortement imprégnée de social. Parce que la réalité c’est plutôt le viol comme arme de guerre voire arme d’épuration ethnique en ex-yougoslavie (cf. Véronique Nahoum-Grappe)

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  2. Catnatt
    ·

    « A partir du moment où il est quasiment impossible de penser la sexualité sans coït, à quel point un consentement, si conscient soit-il, est-il éclairé? »

    Sous réserve que j’ai bien tout compris, finalement le problème n’est pas tant féminin. Car quid des hommes qui n’aimeraient pas le coït ? Evidemment, je n’en connais pas (ou ils n’ont jamais osé en parler, ce serait intéressant de savoir )mais si on pousse plus loin le curseur, ce n’est pas tant un problème de genre que de réelle liberté dans les pratiques sexuelles. La « pression sociale » est indiscutable à ce sujet. Quelle serait les solutions pour un homme qui refuserait le coït ? Il serait fatalement considéré comme déviant. En bref, c’est valable et pour les hommes et pour les femmes, non ?

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  3. Artémise
    ·

    Des hommes qui n’aiment pas la pénétration oui, cela doit sûrement exister. Mais comme ils ne sont pas encouragés à en parler (encore moins que les femmes tant c’est impensable), bien au contraire, les infos sont encore plus rares les concernant.
    Je pense qu’il n’y a pas besoin non plus d’être particulièrement imaginatif pour se figurer des couples qui n’ont strictement pas/plus d’intérêt pour la chose mais qui s’astreignent tout de même à un certain nombre de rapports sexuels « normaux » dans un laps de temps donné, par unique soucis de « normalité ».
    Cependant, si ces injonctions faites aux femmes et aux hommes ont la même source, le patriarcat, elles n’ont pas exactement les même conséquences et ne s’expriment pas vraiment de la même manière.

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  4. Artémise
    ·

    Et c’est précisément là, au sein de ces différences dans l’expression de ces injonctions sexuelles ainsi que leurs conséquence qu’intervient le problème du genre, notamment sous la forme d’agressions sexuelles…

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  5. Catnatt
    ·

    Certes… Pour autant, j’ai connu un homme dont la femme, en rentrée de soirées bien arrosées, s’entendait dire par celle-ci « Ou tu me baises ce soir ou je te quitte »…. Et de s’exécuter sans « coeur à l’ouvrage »…

    Ou celui qui, le lendemain d’une soirée alcoolisée (décidément) s’est réveillé avec une fille, n’ayant pas trop de souvenirs de la veille et qui se sentant terriblement mal a fini par réaliser qu’il avait été victime d’un viol. Il avait dit non, ce me semble, la fille ne l’a pas entendu de cette façon tout en étant persuadée de lui faire plaisir. Le fameux « non » qui veut dire « oui », tu vois ce que je veux dire ? (je résume très schématiquement)

    Mais indéniablement, les conséquences sont beaucoup plus terribles pour les femmes. Les deux cas cités ci-dessus restent anecdotiques. Pour autant, ils existent.

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  6. Artémise
    ·

    Bien sûr que je ne vais pas nié que ce type de violences existe, au même titre que tu reconnais qu’elles ne sont pas comparables avec celles subis par des femmes. Le deuxième cas que tu cites me fait me dire que la femme en question n’a probablement pas envisagé une seule seconde qu’un homme pouvait réellement refuser un rapport sexuel.
    On en revient donc au postulat qu’il est encore plus tabou de parler du non désir sexuel des hommes que de celui des femmes.
    Pour les femmes on admet qu’il puisse y avoir désir ou pas, seulement on a tendance à se foutre parfois de l’absence de leurs désir justement. Parce que physiquement le rapport est possible avec ou sans. Parce qu’au cours de l’Histoire le désir/plaisir féminin à tantôt été diabolisé, tantôt été nié, et puis aussi valorisé mais plus comme un but à atteindre par et pour les hommes. C’est quand même assez récent ce concept de la femme qui joui pour elle avant tout et qui n’est pas censée en avoir honte.
    Le désir/plaisir masculin lui n’a jamais, il me semble, été remis en question. Les hommes doivent bander et baiser dès que « l’occasion » se présente, point.
    Là je crois que les différences anatomiques sont en grande partie à la base de ces différences de « traitement », néanmoins cela n’en fait absolument pas des fatalités et je pense qu’aujourd’hui nous pouvons largement espérer faire évoluer cela. Et que c’est vraiment, vraiment souhaitable, pour tout le monde.

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  7. Catnatt
    ·

    La question du consentement (éclairé ou pas ? :p) des hommes est franchement fascinante.

    Mais soyons très claires, l’urgence est chez les femmes. Comme tu le rappelles, statistiquement, il n’y a pas photo entre les deux.

    (j’insiste sur ce point, je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu sur ma perception des violences faites aux femmes)

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  8. cylk
    ·

    Et si on faisait l’amour sans se poser toutes ces questions ? Si on écoutait nos corps répondre à l’appel de l’autre ? Je trouve toutes ces dissertations analytiques bien froides et dénuées de sensualité. Si on reste dans la sphère du couple, je pense qu »il faut parler librement du sexe pour ne pas imposer à son (sa) conjoint(e) des pratiques qui ne l’excitent pas voir qui le ou la dégoûte et connaître aussi ses besoins du moment. Car oui, nous les hommes, n’avons parfois pas envie de faire l’amour. Désolé, je sais que le mythe de la bite à la place du cerveau persiste mais nous ne sommes pas tous égaux devant notre potentiel de pervers sexuel. Stigmatiser la pénétration à un acte de dominant dominé, j’ai envie de dire « ça me la coupe » mais je dois pas être assez pragmatique. On fait l’amour avant tout parce que c’est bon et on n’oublie pas les caresses les préliminaires et la tendresse aussi.

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  9. Catnatt
    ·

    C’est là où mon cher Cylk, on atteint les limites de l’empathie ou de la projection.

    Tu n’es pas une femme, il y a des choses qui t’échappent et ce en toute bonne foi 🙂

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  10. Artémise
    ·

    « On fait l’amour avant tout parce que c’est bon ».
    Si seulement c’était toujours vrai et pour tout le monde… Dire cela et balayer d’un revers de main le conditionnement social, culturel, le petit côté « comptable », calculateur, égoïste voir criminel bref, tout ce qui peut se nicher dans nos rapports au sexe je trouve que c’est assez présomptueux.
    Sinon, un peu de lecture: http://lesquestionscomposent.fr/vraimecvraiefille/
    http://antisexisme.wordpress.com/

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  11. Artémise
    ·

    Mince j’ai fait un quasi-doublon. Pas grave, quatre liens au lieu de deux ça ne peut pas faire de mal.

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  12. ·

    consentement, le retour 😉

    c’est bougrement intéressant de discuter avec vous

    ça peut paraître paradoxal, mais on peut se demander si les femmes ne sont pas encore plus conditionnées que les hommes à s’attendre à un coït lorsqu’il y a sexe.
    D’ailleurs dans le sexe tarifé, il y a la masturbation (salon de massage), la fellation, pas forcément le coït vaginal. D’ailleurs Des hommes hétéros coïtent avec des prostitués hommes, par coït intercrural (entre les cuisses).
    La fellation, la sodomie, sont mieux vues par un grand nombre d’hommes que par les femmes.
    Ce qui me ramène néanmoins à un point sur la « normalité » du coït : pour préserver la virginité jusqu’au mariage, certains couples ou certaines femmes pratiquent la sodomie, mais c’est bien une pratique de substitution par rapport à une norme qui est le coït, d’ailleurs le fait que la virginité se définisse par le coït vaginal, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, démontre ce que nous dit aginva.

    mais sinon, j’approuve le recentrage de catnatt : les conséquences ne sont pas les mêmes, ni physiquement, ni socialement, ni économiquement, elles sont potentiellement bien plus considérables pour les femmes.

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  13. Catnatt
    ·

    Juste une réflexion bisounours en passant

    J’aime quand on part d’un texte radical, qu’on passe par des réactions indignées ou d’adhésion, qu’on essaye de réfléchir et de décrypter et qu’on en arrive à échanger ainsi

    C’est très gratifiant.

    Merci à tous, surtout à Arbobo

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  14. ·

    pas mieux CatNatt ^^

    sinon, et là encore c’était tellement évident qu’on ne l’a pas encore exprimé :
    refuser en bloc le « pdv » comme dit aginva (pénis dans le vagin, c’est presque aussi poétique que son pseudo en anagramme de vagina),
    on part du principe qu’une femme ménopausée (ou, même si heureusement c’est plus rare, ayant subi une hysterectomie), n’a pas droit au coït parce que ça entretiendrait la domination masculine.

    on commence à peine à considérer que les femmes de 50, 60, 80 ans ont tout autant droit à vivre pleinement leur sexualité sans avoir à s’en cacher ni en avoir honte, alors quand ce sont des féministes qui viennent leur dire de faire ceinture au nom de la bonne cause, y’a de quoi rire jaune.
    Si aginva n’a pas tort de dire que le sexe hétéro sans coït n’est pas pensé, elle en commet une belle aussi en étant incapable, 2 articles de suite, de penser les femmes âgées et plus largement les femmes sans ovocytes (il y a plusieurs cas de figure, pas forcément liés à l’âge). Pas une seule fois elle n’en parle.

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  15. Catnatt
    ·

    Oh putain, je suis en train de lire son second article ^^

    Elle débloque complet ou bien ? « Le postulat patriarcal / des hommes est le suivant:

    1. PdV = sexe sans conséquences + nécessité hétéro (plus ou moins strictement, mais c’est généralement vrai)

    2. Conséquences du PdV régulier pour les femmes = conséquences NORMALES d’une situation NORMALE (PdV).

    Or ce postulat est Faux. Le PdV est une conséquence normale d’une situation ANORMALE (et par définition non-naturelle, puisque comme toute pratique humaine sociale, elle est éduquée, non instinctive…). »

    A lire ici : http://jeputrefielepatriarcat.wordpress.com/2013/03/30/pdv-penis-dans-vagin-la-suite/

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  16. ·

    je retire ce que j’ai dit, elle précise dans le 2e « femmes en âge de procréer »,
    mais elle pousse quand même 😉

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  17. catnatt
    ·

    Mais, moi j’aime bien avoir un pénis dans mon vagin ^^

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  18. Le Matou 69
    ·

    Merci à tou/te/s pour ces cogitations, la provocation à penser a été très efficace… D’ailleurs, au point où j’en suis de ma tempête de cerveau, je ne serais pas contre un p’tit coup de main.

    Avant de poursuivre, je préviens que je viens en paix, donc si quelqu’une se sent agressée par mes propos, ce sera un malentendu ou une maladresse de ma part, et pas du tout intentionnel.

    Parce que je ne suis pas très au fait des arcanes du mouvement féministe,
    globalement favorable à la cause mais dubitatif face à certains de ses combats,
    conscient de la nécessité que nous avons d’évoluer et de faire évoluer la situation
    mais refusant d’avoir honte de moi-même
    et souvent dubitatif face à des injonctions qui me semblent contradictoires.
    Bref, un « mâle lambda », quoi.

    A première lecture, ce n’est pas le postulat coït = viol qui m’a bloqué. J’avais moi aussi très envie de comprendre pourquoi une personne que je ne rattacherais pas a priori au féminisme radical et révolutionnaire semblait soutenir ce texte et, vu le titre, je ne m’attendais pas à une balade au parc.

    Mais même si j’admets ne posséder aucune des clefs de lecture sur ce courant de pensée, j’ai eu beau tourner certains de ses arguments dans tous les sens, ça reste pour moi des contrevérités. Ca pique tellement les yeux que du coup j’ai eu du mal à prendre en compte ses autres arguments ce qui, je le concède, est dommage.

    Mais même en passant outre, il ne m’est pas possible de raccrocher avec mon vécu personnel cette espèce de théorie du Grand Complot des Hommes pour asservir les femmes au travers du coït.

    C’est pas que je veuille nier la situation de domination masculine ni que je me prenne pour un chaton immaculé, loin s’en faut.
    Mais d’abord je n’ai jamais reçu mon carton d’invitation aux Assemblées Secrètes du Patriarcat, où les hommes sont censés organiser l’asservissement, voire la destruction, des femmes. D’ailleurs si quelqu’un peut mettre les listes à jour, j’irai volontiers leur dire un mot ou deux, à ceux-là…

    Et ensuite j’ai eu au moins deux relations d’assez longue durée où on s’est passés du coït (au sens de PdV), l’une parce que ma chérie avait décidé d’arrêter la pilule et qu’on n’avait pas envie d’utiliser le préservatif, la deuxième tout simplement parce qu’elle n’était pas fan de cette pratique, pour des raisons qui la regardent.
    Et franchemenent, no problemo quoi.

    Par contre, ça a commencé à devenir très intéressant lorsque j’ai parcouru vos échanges, de voir que vous semblez d’accord sur l’existence de ce qu’Arbobo appelle « le consensus silencieux autour du coït ».

    C’est pas top prestige mais au risque passer pour un hypocrite ou un déviant (bien fait de prendre un pseudo, finalement 😎 ), je me sens obligé de vous le dire en toute sincérité : ce n’est pas que je n’aime pas ça, bien au contraire, mais le coït n’est pour moi qu’une pratique parmi les autres, je m’en suis passé sans problème et je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais ressenti la « pression sociale » dont vous parlez.

    Mais, en y réfléchissant, ma chérie qui n’en était pas fan n’a pas abordé la question dès le début de notre relation.
    De là à penser qu’il a fallu qu’elle se sente d’abord en confiance, parce qu’effectivement pour la majorité des gens cela paraît anormal…

    Ok, un point pour vous, surtout que si j’accepte l’existence de ce consensus, ça m’ouvre une perspective.

    En re-re…relisant le texte d’Aginva je me suis fait la réflexion qu’il y a beaucoup de passages fortement chargés émotionnellement, où elle ne décrit pas la situation mais le ressenti qu’elle en a.

    Le fait d’avoir conscience de cette pression sociale autour du coït, au moins confusément, ne peut-il expliquer qu’une femme puisse se sentir proche du ressenti d’Aginva ou lorsqu’elle écrit qu' »il y a quelque chose qui cloche », même sans forcément adhérer aux thèses féministes radicales et révolutionnaire ?

    Mais là, comme dirait Catnatt, j’atteinds peut-être les limites de l’empathie ou de la projection 🙂

    Le Matou 69

    Répondre
  19. LuLu
    ·

    « quid des hommes qui n’aimeraient pas le coït ? » -> j’en connais 🙂

    Et purée que ça repose d’être en relation avec quelqu’un qui ne considère pas le coït comme un passage obligé de tout rapport sexuel !!!

    Non pas que je n’aime pas ça du tout, mais certaines fois, je n’en ai pas envie…sauf que face à quelqu’un qui pense que c’est automatique, je n’ose pas toujours dire non (et quand je le fais, c’est 10 minutes de discussions pour faire entendre ce « non »…)

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  20. Hugo
    ·

    Salut, voici mon témoignage.

    Je ne suis pas du tout à l’aise avec le coït PDV, c’est un acte qui ne me vient pas naturellement, contrairement aux pratiques orales/digitales.
    Je suis sorti avec une amie qui m’avait prévenu qu’il n’y aurait jamais de coït, ce qui me convenait parfaitement. Nous avons passé plusieurs mois parfaits. Un jour, elle a finalement tenu à ce que l’on pratique une pénétration, j’ai refusé pour une raison précise, j’avais une petite blessure à la base du pénis. Elle a été très déconcertée puis m’a largué quelques jours plus tard.

    Je suis techniquement un homme, même si je me considère intérieurement plutôt comme une butch…

    Comme quoi les hommes ne sont pas tous le stéréotype que l’on imagine.

    @+

    Hugo

    Répondre
  21. Catnatt
    ·

    Bonjour Hugo 🙂

    C’est quoi une butch ?

    Répondre
  22. Hugo
    ·

    Salut Catnatt,

    c’est un peu maladroit de ma part, mais ça l’est toujours dès qu’il est question de se coller une étiquette…

    Une « butch » est un terme employé généralement par les lesbiennes pour décrire le look masculin qu’elles peuvent adopter.

    Pour ma part à l’intérieur je me considère lesbienne et pourtant techniquement je suis un homme. J’aurais aimé être une femme mais ce n’est pas le cas et le look androgyne ne me va pas du tout donc je garde mon look « homme » avec des pratiques pourtant très éloignées de mes congénères. Donc même si c’est maladroit ce qui me définirait le mieux serait « butch identifiée homme »…

    Sinon sur le sujet d’origine j’ai une critique politique du coït qui pour moi n’est qu’une manière pour beaucoup d’hommes de se masturber dans une femme sans se soucier du plaisir féminin. Il ne faut cependant pas ignorer que de nombreux hommes se soucient du plaisir féminin sans savoir comment s’y prendre, parfois demandent aux femmes qui bien souvent n’arrivent pas à leur répondre (parfois elles-mêmes ne savent pas). Du coup il est bien plus confortable pour les hommes de ne pas se prendre la tête et pratiquer le coït plus ou moins violemment, selon leur degré de conscience.

    Je ne suis pas pour diaboliser le coït, mais je pense que faire connaître et proposer une sexualité sans coït permettrait aux femmes comme aux hommes de faire un grand pas en avant dans le bien-être, le plaisir, l’anti-patriarcat, la politique, tout est rattaché à la sexualité…

    Pour ce faire les pratiques du type « méditation orgasmique » me semblent être une porte d’entrée potentielle, pas dans son aspect commercial bien sûr mais uniquement dans son apport technique qui est indéniable.

    Le fait est que lorsque l’on fait une recherche sur la sexualité sans coït on ne trouve que des questionnements d’anormalité ou des textes trop agressifs pour être audibles par le mâle lambda, alors que c’est justement lui qu’il faudrait convaincre!

    @+

    Hugo

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  23. Lilith444
    ·

    Bonjour à Toutes et Tous,

    J’avais lu il y a plusieurs mois l’article d’Aginva et je me disais que ça allait trop loin. J’étais en colère pour des mêmes raisons que les critiques d’Arbobo expliquent de manière tout à fait pertinente.
    Si le feminisme radical est le bienvenu chez vous et que vous acceptez d’être décoiffés par celui-ci, vous lirez sans difficultés la suite de mon post.

    En attendant de faire mon propre blog, je vais expliciter mon cadre de pensée. Je me définis, mais sans m’y limiter, car aucune étiquette quelconque ne peut résumer un-e individu-e, comme une éco-féministe-arnarchiste individualiste réaliste. Voilà je n’arrive pas à enlever un seul epithète car chacun a sa place dans ma manière de penser.

    Commençons par la partie « éco » qui fait référence à mon attachement à la Nature, à la perception aiguë que j’ai d’appartenir à cette biosphère, de ne pas en être séparée comme se plaisent à le penser la plupart des bipèdes hominidés.
    J’observe simplement que ce qui me permet actuellement de taper ces lignes, c’est un corps physique, animal, mammifère, femelle.
    Un des impostures intellectuelles MAJEURE que je passe mon temps à décosntruire dans les milieux alternatifs, libertaires est précisément la déconstructionnite aigüe et sans discernement qui va jusqu’à la négation pure et simple de notre propre corporéïté. C’est-à-dire qu’en dénoncant intellectuellement les aliénations culturelles des individu-es, on en produit d’autres, aussi pire au moins si ce n’est plus, puisqu’une telle aliénation de sa propre corporéïté ne peut nous mener qu’à la construction du Meilleur des Mondes sauce 1984 avec une pincée de BigBrother.
    Les libertaires vont-ils-elles construire la 1ère marche de cet enfer devenu très tangible ces derniers temps ? Ce serait quand-même le combre ! Mais les Peggy Sastre et autres Marcela Iacubs féministes auto-proclamées sont là pour répandre ces impostures intellectuelles concernant le corps des femmes et le pouvoir qui y réside : celui de procréer.

    Je vous signale tout de même que de tous les pouvoirs celui-ci est le plus grand. Parce que si une masse critique de femmes décidaient en même temps de faire la grève du vagin et de l’utérus, je peux vous dire qu’il n’y aurait beaucoup de raisons de palabrer sur l’avenir de notre espèce politque ou non parce que l’histoire de notre espèce s’arrêterait à plus ou moins brève échéance !!
    Et nous avons des « féministes » pour venir nous expliquer que « l’ennemi de la femme ce n’est pas l’homme, c’est l’enfant », pour venir nous expliquer que la libération des femmes i.e dans leur tête de cruches (cad vides) se battre à armes égales avec les hommes dans un monde d’hommes fait par eux et pour eux, il faut que nous nous amputions du Pouvoir des pouvoirs. Autrement dit, sous prétexte que nous vivons sous domination des manchots (les hommes qui ne peuvent procréer, reproduire leur domination sans le ventre des femmes), il faudrait se couper un bras pour lutter à armes égales avec eux ?
    Mais qu’est-ce que c’est cette histoire ?

    Donc, j’affirme qu’il est urgent que les libertaires se réapproprient pleinement leur corporeïté !!
    Les travaux de déconstruction des comportements sociaux sont utiles mais ils rencontrent nécessairement une limite : celle du corps bien qu’il y ait un corps vécu, c’est-à-dire une construction sociale du corps que je ne nie pas et que l’on observe chez les transgenres et les transsexuels (merci Hugo!). Ton cas me rappelle le personnage de Liz Taylor dans la saison 5 d’American Horror Story. C’est mon personnage préféré.
    Je pense que c’est précisément sur cette frontière entre corps biologique et corps vécu que beaucoup se prennent les pieds dans le tapis. Le corps (anatomique) et le corps vécu interagissent certes (les hormones etc) mais ne sont pas une seule et même chose. Et oui nous avons une psyché, un appareil complexe qui construit et déconstruit en permanence la réalité extérieure et même ma perception intérieure que l’on a de soi, de ses sensations.
    On va donc commencer par le plus simple, ce sur quoi nous devrions être d’accord : la Réalité anatomique de notre espèce qui est une espèce sexuée comportant de ce fait une asymétrie reproductive donnant aux seules femmes le privilège exorbitant (expression de François Héritier) de reproduire les deux sexes.
    Allez-y, sortez vos manuels d’anatomie à la page « profil » et regardez bien.
    Normalement vous verrez ceci pour le bas ventre :
    – Un homme possède 2 orifices : urétral sur le pénis pour évacuer les urines et le sperme + anal pour évacuer les matières fécales
    – Une femme possède 3 orifices : urétral pour évacuer les urines + vaginal pour reçevoir une semence et expulser le foetus + anal pour évacuer les urines.
    A priori dans nos milieux, je pense que tout le monde sait que le clitoris est un mini-pénis et que le plaisir clitoridien de la femme est probablement assez proche du plaisir de l’homme. Femme comme homme peuvent connaitre le plaisir de la pénétration anale s’ils-elles le souhaitent.
    Maintenant je pose cette question : qui d’autres que les femmes peuvent savoir ce que c’est que d’être pénétrée par le vagin ?
    VOUS AVEZ LA REPONSE : ETRE UNE FEMME C’EST AVOIR PLUSIEURS CHOSES EN PLUS DU POINT DE VUE DE LA REPRODUCTION ET DU PLAISIR SEXUEL !!!!
    Ne serait-ce pas là la raison de la domination des femmes par les hommes ? Une bête histoire de jalousie en somme ?
    Personnellement, j’ai bien l’intention de conserver toutes ces choses en plus et d’en faire usage ou non comme je l’entends.
    Je n’ai aucune envie que demain, on reproduire l’espèce en déposant des paillettes de sperme dans le vagin des femmes.
    NON MERCI AGINVA !!
    Femmes du monde, vous voulez vous libérez et vous réapproprier le corps que le patriarcat vous a volé : MILITEZ POUR LA SUPPRESSION DU MARIAGE ET DES DROITS PATERNELS !!!
    Quand on y réfléchit sérieusement, c’est la seule solution pour que l’utérus des femmes ne soit plus un enjeu politique et de domination.
    Pour le coup, je souhaite que la société valide totalement le pouvoir biologique des femmes de reproduire si et quand elles le souhaitent.
    Les femmes doivent reprendre le controle total de la filiation et n’y inclure un homme que si elles le souhaitent.
    Le rôle de société doit se limiter à donner les moyens aux femmes qui choisissent d’être mère d’accomplir ce rôle en toute sérénité.

    C’est là que je prends ma casquette « arnarcha-féministe » : je n’ignore pas que le coït donne généralement lieu à des relations de pouvoir avec les hommes. Cela ne veut pas nécessairement dire que le coït est mauvais en soi. Ceci veut dire que c’est la représentation sociale du coït qui implique une rapport de domination. Ceci fait une différence substantielle et je ne peux donc pas souscrire au raisonnement raccourci d’Aginva qui partant de l’observation de l’asymétrie anatomique, en déduit que la domination est biologiquement inscrite dans le coït. NON ! Ce qui est inscrit dans la biologie est le pouvoir reproductif des femmes et ce qui est inscrit dans la culture est la volonté des hommes de s’approprier par la force ce pouvoir.
    Je sais que les humains n’aiment pas se comparer aux animaux mais pourtant la comparaison est rarement à leur avantage. Observons par exemple les éléphants, présent sur la planète depuis plus longtemps que nous. Les éléphants vivent en groupe sous l’égide d’une matriarche. Des études ont montré que plus la matriarche est âgée, mieux le groupe survit en raison de l’expérience de la matriarche. Encore mieux, les éléphantes gèrent les pulsions sexuelles des mâles qui peuvent être agressives envers de jeunes femelles. Si un jeune mâle veut saillir une femelle non disposée et qui ne supporterait pas le poids du mâle, des femelles plus âgées se chargent de le corriger et de le faire fuir.
    Donc le coït en tant que tel peut être canalisé par une organisation sociale adéquate qui viserait à ce que les hommes apprennent à maitriser leur fardeau du pénis, non pas en s’en déchargeant sur les femmes à leur dépends comme le leur permet le patriarcat, mais par d’autres voies à imaginer par VOUS Mesdames.

    Pour la partie « corps vécu », il faudra attendre mon blog parce que là c’est du lourd et cela inclue, le fait que beaucoup de femmes coopèrent en effet à leur propre viol lors de leur 1ère expérience de coït. Mais chacune de nous a le pouvoir de vivre le coït autrement ou bien d’apprendre à s’en passer si définitivement on ne peut sortir des jeux de pouvoirs une fois revenue à la verticale.

    Lilith444

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