Le jour où la politique m’est devenue insupportable

Et pourtant, j’aime ça, hein… Est-ce que j’aimais ça ? Dois-je commencer à utiliser le passé ?

 

Hier soir, ça s’est foutu sur la gueule. Quatremer a accusé Melenchon de dérive antisémite, son raisonnement me semble à minima quelque peu tiré par les cheveux pour ne pas dire foireux mais je reconnais qu’il y a dans les propos du second une caricature. Mélenchon a accusé Moscovici de préférer la finance internationale à son pays,  de «  »petit intelligent qui a fait l’ENA » et qui « ne pense pas français, qui pense finance internationale », ce qui est ni plus ni moins une accusation de trahison. C’est tout aussi grave. Les deux pour moi, ont dérapé dans la violence verbale.

 

J’ai aimé la politique, les heures à batailler le bout de gras ou des choses essentielles, s’engueuler vertement avec des potes, réfléchir en écoutant des spécialistes, se coller le nez sur la télé le doigt en l’air en hurlant à la connerie ou lire un article de fond qui pouvait faire évoluer mon opinion ; pas mes fondamentaux.

 

Avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, c’est monté d’un cran, il était clivant, je savais que j’étais du bon côté, il fallait le battre. Avec l’essor de twitter, trois années à rester vigilante, des heures de crises de rire avec les potes de cette plateforme, ricaner à propos de l’UMP, montrer du doigt le FN et rester accrochée à la perspective 2012. Et la victoire de François Hollande. La victoire de celui-ci, on l’espérait, c’était aussi celle de la pondération. On a tant reproché à Sarkozy d’être dans la violence verbale à force de vouloir parler « vrai ».

 

Cette guerre gagnée tous ensemble me laissa un peu désemparée. J’étais en mode « armé » depuis si longtemps qu’il fallait m’accoutumer à ne plus l’être mais peu à peu le sens de la mesure est revenu. En même temps que la déception…

 

Et aujourd’hui ?

 

C’est une petite phrase qui m’a mis la puce à l’oreille. Un parlementaire socialiste déplorait que la majorité gouvernementale manquait de « snipers », de « Frédéric « barbouze » Lefebvre ou Nadine « poissonnière » Morano. Le problème c’est que ces gens-là ne font pas de politique, ils font de la phrase choc qui, pour peu qu’on les décortique, n’ont pas vraiment de sens.

 

Je ressens un écoeurement et aujourd’hui, si je devais voter, je ne serais pas foutue de le faire sereinement. La gauche s’est fractionnée et tous les jours, en particulier sur twitter, on assiste à une guerre de tranchées, une guerre de mots de plus en plus agressive : on ne peut être qu’un traître ou un facho, un libertaré ou un socio-traître, un antisémite de gauche ou un antisémite de droite, un trotskyste ou un néopétainiste , un Staline ou un Hitler, germanophobe ou vendu aux boches, euro-mafieux, FMImafieux, un Louis XVI, un Robespierre, un Brasillach, pensée brune, pensée rouge, pensée rouge-brune, tous pourris, le poisson pourrit par la tête ; je pourrais continuer très longtemps comme ça.

 

Toutes les outrances sont permises aujourd’hui et si vous le signalez, on vous rétorque que vous n’avez-rien-compris-à-l-urgence-de-la-situation qui justifie-évidemment-tous-les-débordements et ce quel que soit le camp. Les gens se sentent légitimes dans leur usage de la violence verbale ; en politique, le sujet justifie toutes les méthodes.

 

Et moi dans tout ça ? Ca me fatigue. L’époque est complexe et personne ne veut s’y soumettre. Je rêve à des choses inaudibles comme le revenu universel, une 6ème république ou la démocratie des capabilités. Je rêve de discussions posées et je me fais traiter de neuneu qui n’a rien compris. Je regarde certains de mes congénères qui défendaient bec et ongle Mediapart, y compris leurs méthodes, retourner leur veste. Chacun a sa figure emblématique, Sarkozy ou Cahuzac, pendant ce temps-là, le Front de Gauche et le FN, sans que cela suppose un partage d’idées, se retrouvent à entonner le même refrain « tous des salopards pourris ». La conclusion est la même. Ca devrait déranger, on s’incline.

 

Ca hurle tellement qu’on n’a plus le temps d’écouter. L’époque est à l’outrance. On a tous peur. Mediapart fait peur, les hebdos font peur, l’Europe fait peur, le Front de Gauche fait peur, le FN fait peur, les renoncements du PS font peur, les méthodes de l’UMP font peur, on crève tous de peur.

 

Et parce qu’on crève tous de peur, il faut choisir son ennemi pour tenir. Et c’est là où on se retrouve à taper dans les fondamentaux sans s’en rendre compte. Aucune cause ne justifie la violence, même celle du vocabulaire. On dit souvent que c’est Sarkozy qui a amené ce climat, moi je crois que c’est nous. Tous autant que nous sommes, incapables de nous tenir.

 

J’essaye de résister. Mais en résistant, on se retrouve fatalement au centre, le ventre mou, pendant que les bras, les jambes et surtout la tête n’en finissent pas de donner des coups. L’époque est au sniper, pas à la diplomatie. Et encore moins finalement à la Politique. La vraie. Twitter, ce formidable outil, a fini par m’écoeurer de ce que j’aimais. Je regarde passer les empoignades comme une vache regarde passer des tgv. Presque l’indifférence. Un spleen poisseux.

 

Je sors au marché et je subis la conversation téléphonique d’une gonzesse avec sa pote avec moults félicitations pour Zemmour et sa prestation d’hier soir, celle qui a consisté, entre autres, à créer un pont improbable entre les ennemis du libéralisme et les homophobes par exemple. Je règle ma note au boucher qui annonce que ça va fermer dans quelques minutes parce que le curé de Saint Jean-Baptiste de Belleville fait une messe spéciale aujourd’hui. S’il avait pu, il aurait crié à la cantonade « points de suspension hein… ». Je n’ai pas su ce qui était spécial mais c’est le jour de la manif pour tous. Je me suis fait hurler dessus par une vieille agressive qui a eu peur que je lui fasse mal en passant. J’ai quand même eu droit à la douceur du fromager et le rire des primeurs mais il est impossible d’échapper aux outrances, à la peur, cette putain de peur, ce poison de la démocratie.

 

C’est dimanche et je n’ai qu’une envie, c’est baisser les bras. Pourtant, je le sais, si tu ne t’occupes pas de politique, la politique se chargera de s’occuper de toi. Mais elle est devenue une vieille mégère acariâtre et agressive et aujourd’hui, elle me fait tout simplement chier, j’ai envie de la laisser crever.

 

PS : je sais que je n’ai pas évoqué les écolos. Je ne sais pas où ils sont passés, ils ont disparu de mon radar.
PS bis : pour la messe spéciale, il peut s’agir des Rameaux me dit AdrienneAlix
MAJ de lundi 10h12 : les propos exacts de Melenchon sont  » Pierre Moscovici « ne pense plus en français » ». (voir ici)

20 commentaires sur “Le jour où la politique m’est devenue insupportable

  1. Je ne peux que plussoyer . Voir les gens de gauche s’envoyer des noms et outrances en tout genre ..pffff ça ne donne pas envie de faire quoi que ce soit, déja pour les municipales ils pourront aller se faire voir : si je vote ce sera un vote nul ou blanc, ou clown s’il y en a chez moi, et idem pour les européennes.

  2. J’en arrive au même point que toi. Et pourtant, il y a quelque chose en moi qui résiste. J’ai toujours hurlé après ceux qui ne votaient pas, voire ceux qui ne choisissaient pas. Le faire serait un grand renoncement.

    J’aurais abandonné un truc fondamental chez moi.

    Et nous qui aimons la politique on en arrive là ? Mais quid de la population lambda qui ne s’y intéresse guère ?

    Est ce qu’avec toute leur agressivité, les politiques et leurs sympathisants hystériques se rendent compte qu’ils sont en train de dégoûter des millions de personnes alors que nous nous sommes battus pour vivre en démocratie, en république ?

  3. Le problème est qu’il n’y a plus d’idéalistes, de personnes désintéressées. Il faudrait tout un gouvernement national ou européen de personnes semblables au président de l’Uruguay. Nous n’avons plus que des orgueilleux, des ambitieux, des égoïstes. Il faut des personnes, pas des partis ou clivages, qui visent le bonheur de leur peuple et non pas à favoriser leurs cercles « d’amis » , qui ne cherchent pas leur prospérité personnelle. Il nous manque des « grands hommes ».
    Et quand on en trouve, on les dénigre, on les entrave, on les empêche de faire toute réforme. Pourquoi ne pas expérimenter de nouvelles solutions? Il n’y a pas que le socialisme, le capitalisme ou le libéralisme.
    Il faut, en plus, surveiller notre liberté dans tous les sens du terme. Ne plus céder un pouce dans ce domaine.

  4. Attention ! Baisse de bras, baisse de chocolat…

    Laisser crever la politique ? Concept intéressant mais irréalisable. La bête ne meurre jamais, pire elle croit à travers les siècles. il n’y a qu’à se référer à l’histoire de notre beau pays (j’écrase une larme patriotique…).

    Allez courage ! demain c’est lundi.

    Félicitations pour vos articles.

  5. Tu rages et comment ne pas te comprendre.
    Mais il ne faut pas baisser les bras. C’est un moment comme l’histoire en a connu d’autres. Tu parles de tes fondamentaux dans ton billet c’est ce qui me parait le plus important et qui permet de toujours se situer.
    Un plaisir de te lire, toujours.
    Et comme dit Yann plus haut, demain c’est lundi et il fera jour !

  6. Mélenchon gâche tout parce que, intimement, profondément, il AIME la violence, il la provoque, il s’en repait, il l’alimente.

    de la part d’un type intelligent et fin, aux idées souvent justes, c’est dommage,

    mais en soi ça me débecte, de plus en plus. il n’y a aucun effort à faire pour interpréter sa sortie contre mosco comme antisémite, que ce soit le cas ou non les propos sont là et le gars est tr-s cultivé (j’ai le plus grand mal à imaginer méluche antisémite, mais dire un truc qu’on pense pas n’empêche pas qu’on l’a dit).

    il y a quantité de reproches politiques à faire au gouvernement, des centaines, pas la peine de faire exprès de vomir des dégueulasseries à longueur de temps comme mélenchon le fait avec un plaisir autoérotique.

    aller dans le bon sens, c’est dire ses idées et chercher des moyens, de pistes pour les transformer en propositions.
    Ce dont la gauche manque cruellement en ce moment, c’est de députés rémontés et ave des l’estomac, assez organisés pour faire en groupe des amendements sérieux et indispensables,
    c’est des publications programmatiques qui ne se paient pas de mots et ne se rengorgent pas d’imprécations gratuites et délétères,
    ce dont la gauche a besoin (et le besoin, car j’ai le défaut de croire que la gauche a plus de bonnes choses à apporter que la droite à ce pays) c’est d’analyses fouillées, d’un programme clair, et préconisations précises (je ne parle pas de « solutions », je n’ai plus l’âge de croire à ces trucs là mais j’ai encore celui d’avoir de l’optimisme).

    bref, à ma manière je me joins à toi pour dire qu’on a plus besoin de cerveaux en ébullition que de langues enflammées, plus besoin d’idées que d’anathèmes.

    à une époque j’étais syndicaliste. Notre méthode, notre crédo, c’était de faire des dossiers comprenant une analyse fouillée suivie de propositions détaillées. C’est très soc-dem, mais c’est se mouiller autrement plus que tous les bras d’honneur outragés qu’on puisse imaginer.

  7. en fait, il nous manque un vrai gros mouvement occupy en France, non?

    le truc qui échappe à tous les appareil de partis et centrales syndicales et rappelle que, eh oh, les 99% c’est toi, vous, moi, c’est nous, et que le bullshit on n’en peut plus

  8. « Le concept de non-violence est un faux idéal. Il présuppose l’existence de la compassion et d’un sens de la justice de la part de l’adversaire. Lorsque cet adversaire a tout à perdre et rien à gagner en faisant preuve de justice et de compassion, sa réaction ne peut être que négative. » (Georges Jackson – Black Panthers)

    Ne pas voter est aussi un acte politique! Et un beau!

    1. @memeciredutemps

      Je crois fondamentalement… Mais alors fondamentalement à la compassion et à la justice.

      Et je crois que dans le monde on se réclame beaucoup plus de Martin Luther King que des Black Panthers avec tout le respect sincère que je leur porte.

      La violence n’amène que de la violence; elle peut être compréhensible mais jamais légitime ou justifiée; Si on suit ce raisonnement jusqu’au bout ça nous amène direct à « oeil pour oeil, dent pour dent » et si tu pousses le curseur encore plus loin, ça nous ramène à la peine de mort;

      Il n’y a qu’à voir les résultats de la politique carcérale : une usine à délinquants. tu voles, peu importe pourquoi, je te mets en prison, surtout je ne me penche pas sur le problème de fond et surtout je te mets dans une prison tellement merdique qu’il y a une chance sur deux pour que tu deviennes une « bête sauvage ». Je te relâche, tu récidives et je te tape un peu plus sur la gueule;

      Je ne peut pas être d’accord. Le concept de non-violence est le meilleur; il est compliqué mais il faut tendre vers ça. Légitimer la violence comme le fait Georges Jackson, c’est la porte ouverte à tout. Parce qu’il était du bon côté de la barrière, c’était audible mais mets cette phrase dans une autre bouche, quelqu’un dont tu n’apprécies pas les idées, au choix Marine le Pen, Poutine ou Bachar El Assad, tu verras que ça passe plus du tout.

  9. Bonsoir, j’ai atterri ici via Facebook, car une « amie » d’un « ami » l’a partagé sur son mur.

    Que dire ? Je vous comprends.

    Engagé moi-même, je me dis que parfois cela ne vole pas très haut. Mieux, ça creuse.

    Pour réagir, j’ai fondé une association politique, une de plus vous direz. Peut-être. Mais je veux croire que, une tentative après l’autre, quelqu’un réussira cette mission impossible et indispensable de redonner du sens et de l’épaisseur au mot « Politique »

    Cordialement

  10. @catnatt J’ai longtemps été d’accord avec toi mais que nous ont apporté ces belles idées? Rien, le vide. Je souhaite de tout coeur autre que chose que la violence mais se laisser prendre pour des cons commence à gonfler… Des têtes doivent tomber à nouveau pour qu’ils se calment…

  11. J’écoutais encore aujourd’hui sur Radio France un reportage sur un campement de Roms, sans eau, sans électricité et où les enfants avaient peur des rats. Ce campement se trouve en bordure de Paris, AUJOURD’HUI! Et tu entends les horreurs de Valls??? Réveillons nous, levons nous!!!

  12. Je prends enfin le temps pour commenter ton article et te faire part de mon ressenti de militante de gauche, encartée au Parti Communiste depuis un certain avril 2002. Je ne vais pas m’étendre sur mon parcours politique ou le pourquoi du choix de m’encarter dans un parti que l’on considère encore aujourd’hui comme moribond. Je suis communiste par conviction et aussi par culture. Et je vais insister lourdement sur ce dernier point.

    Lorsqu’on veut militer, s’inscrire dans une démarche politique quotidienne, nos (mes) convictions servent de moteur, tiraillent suffisamment pour que chaque matin, fassent que j’aille lire les mails de mes camarades, participent ou pas aux discussions générales… Mes convictions nourrissent mon envie pour que je continue à me battre sur des sujets aussi variées que le mariage pour tous ou les milliers de salariés qui crèvent aujourd’hui en silence parce qu’ils n’ont pas les outils pour se battre.

    En résumé conviction = moteur.

    Mais les convictions ne suffisent pas, car si elles permettent de réagir, ça ne reste à mes yeux que de la réaction. Je constate qu’aujourd’hui avec une certaine forme de tristesse les gens ne font que… réagir. Ils sont dans la dénonciation, la protestation mais au-delà de ça, ils n’agissent plus. Et c’est là que ma culture entre en jeu, ma propre culture politique. A savoir que personnellement, j’ai besoin d’agir, de me confronter à ma propre culture politique et à celle des autres pour agir. Je veux dire par là que j’ai besoin à un moment donné d’avoir des références politiques, sociales, historiques et même parfois philosophiques pour construire ma propre action politique.

    Avec tout le respect que je dois à Stéphane Hessel, son Indignez-vous a fait plus de mal que de bien 🙂
    S’indigner oui mais pour en faire quoi après ? Et en politique, c’est le « faire après » qui est à mon avis le plus intéressant et surtout le plus enthousiasmant. On ne peut pas l’initier si on n’a pas un peu de culture politique.

    Je suis d’accord avec ton constat mais si je m’arrêtais à ça, je baisserais en effet les bras et irais cultiver les choux en Islande, mais je veux croire encore que l’action politique a un sens et ne se résume pas aujourd’hui à des petites phrases, des éructations ou des coups de com’ 😉

  13. Il y a quand même un truc qui me dérange fondamentalement ds le Front de Gauche. J’entends que les situations sont difficiles, que règne l’injustice, qu’il y a de quoi se mettre en colère.

    Sauf qu’on ne fait pas de politique en hurlant sur les gens, en les traitant de tous les noms, surtout quand on est une personnalité politique. Je ne sais pas ce que fout Melenchon mais il me semble qu’à part député européen où il brille pas par sa présence, il n’a aucun mandat en France. Le vote du peuple qui lui est si cher, il ne l’a pas eu.

    L’élection à Hénin Beaumont a été très claire, ils avaient choisi le PS ou le FN. Ce que je veux dire, c’est que Melenchon a peut-être l’impression de faire de la politique en hurlant mais finalement il ne fait vivre que le mythe. Les sympathisants FDG (sur le même mood que lui, ça en devient très pénible) ne sont pas les électeurs. En plus, on a reproché à Sarkozy de monter les français les uns contre les autres, c’est exactement la même chose chez eux, riches contre pauvres, faisant fi d’une classe moyenne coincée au milieu, qui finalement se retrouve à se faire incendier comme ceux qui vivent ds la classe sociale au dessus d’eux.

    Ce que je veux dire par là, c’est que finalement Melenchon fait de la com. Pas de la politique. Le parti communiste est inaudible à côté, dévoré par le tribun. Je ne sais pas comment tu fais pr t’y retrouver là-dedans.

    La conviction n’exclut pas la remise en question. Et pour revenir à ce que j’ai écrit, utiliser la violence verbale avec des termes très définitifs et assez caricaturaux finalement, de facto, exclut cette remise en question, ce doute nécessaire.

    C’est ce qui a tué le communisme à l’est finalement. Ce qui a tué l’idéal, ce qui a tué le rêve politique, l’utopie.

  14. Je suis au Parti Communiste, pas au Parti de Gauche, il y a quand même une nuance (et crois-moi elle est de taille) et je fais partie des personnes qui n’ont pas été d’accord pour lui donner les clefs des élections.

    Après je ne me concentre jamais sur le bruit (tu l’as peut-être remarqué) et je crois encore en un idéal communiste et nous sommes quelques uns à nous accrocher à cette vieille branche.

    Je rectifie aussi une de tes affirmations : le communisme à l’est n’est absolument pas mort à cause d’un trop plein de violences verbales ou de caricatures, mais à cause d’une usure du trop plein de totalitarisme.

    Et puis paradoxalement, je m’aperçois que le marxisme est loin d’être mort. Bien au contraire, on perçoit ici et là des initiatives, on l’analyse à nouveau, on le respire à nouveau. Il faudra encore quelques années pour voir surgir une nouvelle pensée marxiste. C’est un pari que je prends personnellement sur l’avenir.

  15. Heu… on s’est aps compris, ou j’ai pas été claire (vu comme je suis fatiguée aujorud’hui, ce serait pas étonnant )

    Donc pr reprendre : oui je sais que tu n’es pas au FDG. >> Le parti communiste est inaudible à côté, dévoré par le tribun. Je ne sais pas comment tu fais pr t’y retrouver là-dedans.

    Ensuite « le communisme à l’est n’est absolument pas mort à cause d’un trop plein de violences verbales ou de caricatures, mais à cause d’une usure du trop plein de totalitarisme.  »

    Ce n’est pas ce que j’ai dit, j’ai dit que l’absence de remise en question, l’absence de doute a tué le communisme à l’est. A force d’être persuadé que tu vas sauver le peuple, t’en arrives à vouloir tuer toute opposition et à envoyer au goulag ceux qui ne sont pas d’accord.

    Je dis ça parce que la violence verbale est justifiée par ceux qui en usent au nom d’une noble cause sans se rendre compte que ca va les conduire à la cata. Ca commence par la violence verbale, on ne sait jamais jusqu’où ça peut aller

    si c’est pas plus clair, je reprends demain, aujourd’hui je suis perturbée :p

  16. Que dire… Tu as raison…

    et je pense que la surabondance permanente d’infos, négatives, agit sur le cerveau. Pas un jour sans une « affaire », une guerre, une crise, des meurtres, des viols etc. qui donne à tous l’impression que l’époque est pire qu’avant alors que je n’en suis pas certaine mais que je suis certaine qu’on a jamais autant parlé de tous les problèmes du monde… Tous les problèmes du monde : un cerveau humain normalement constitué ne peut pas les encaisser… Pas a ce rythme, pas en masse chaque jour. Pas quand on doit faire des choix citoyens. Hard.

    Personnellement j’avoue être perdue. Non pas avoir perdu mes repères moraux ou fondamentaux, mais perdue au sens que je ne comprends pas tout. Chaque débat est devenu un Mix entre petites insultes et laïus ultra techniques que si t’as pas un bac +16 en science eco t’es dead…

    Comment choisir quand je comprends pas de quoi on me parle a moins de passer mon temps libre à me renseigner sur le détail d’une loi, d’une réforme, d’un mécanisme eco. Pas le temps. Pas envie. Autre chose à foutre. Soit j’ignore, soir j’agis mais en mode associatif. Pas le temps de les écouter. Je capte plus rien.

    A la fin je me dis, mais putain, économiquement? la seule question c’est celle de comment on repartit ce putain de blé que y en a en France et dans le monde largement suffisamment pour que TOUS mangent, boivent de l’eau potable. On le sait. Si si. Sérieux. Et y’a 80.000 milliards en shadow banking. Si si, les tunes pour nourrir la planète ENTIÈRE a la fraîche, on les a.

    Et je dois assister impuissante à ces tonnes de débats de pinailleurs, de sophistes, alors que putain on a les moyens quoi. On A LES MOYENS. Pourquoi ça nous passe au dessus….? Ben, NOUS, on peut pas grand chose.

    Cette surabondance non stop de miltitudes d’infos badtrip, mêlée à cette impuissance qu’on ressent tous un peu, qui engendre de la colère pour les uns, de l’indifférence pour les autres…. alors même qu’on sait que les tunes sont là, et que leur bullshits sur LA crise ils se la racontent a eux memes, oui je suppose que ça rend cynique, aigri, mauvais,… Et que faut des coupables, mais des coupables palpables et accessibles pour un cerveau humain. La finance, les marchés, le réchauffement climatique? Pfffff no way. Trop balaise. Inaccessible. Les homos, les chômeurs, les ROMS, les jeunes, les immigres? Ha ça oui. C’est accessible…

    Bref. Désolée pour ce petit commentaire coup de gueule.

    Mais merci de l’ouvrir, toi, la tienne de gueule, en tout cas ;))

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