L’avenir d’une ado : doutes et débuts de réponse

 

St. Paul Jewish Community Center Collection

 

Hier, j’ai eu rendez-vous avec le prof principale de ma fille. Charlotte est en 4ème. On le sait, cette classe est compliquée. C’est une phase délicate entre explosion de l’adolescence, un enfant qui ne l’est plus tout à fait, qui se tourne complètement vers le monde extérieur et un enseignement qui se corse. Autant Baptiste a toujours virevolté entre toutes les matières avec une facilité déconcertante autant Charlotte a pris en grippe les maths très vite. Cette gamine cartonne dans tout ce qui est matières culturelles, le reste, ça ne l’intéresse pas, que voulez-vous que je vous dise et moi, ça ne m’intéresse pas que mes enfants soient les premiers de la classe. Mon objectif premier est que mes enfants soient autonomes, aiment aller à l’école, apprendre, s’insèrent facilement en société et pour l’instant, c’est réussi.

 

Toujours est-il qu’en 4ème, les choses se compliquent : entre attentisme et tête ailleurs, il est difficile d’avoir une prise sur Charlotte. Ses résultats ne sont absolument pas catastrophiques, ils ne sont pas mirobolants non plus. On est en plein service minimum. Rapidement, je me suis aperçue que les études allaient devenir la pomme de la discorde entre elle et moi ; j’allais entamer un bras de fer avec ma fille. Je n’ai jamais fliqué mes gosses, ça m’intéresse beaucoup plus de les responsabiliser. Pour dire, il n’y a jamais eu de contrôle parental sur les ordinateurs, j’ai plutôt passé des heures à faire de la pédagogie et à leur expliquer que les choix qu’ils faisaient sur internet n’auraient de conséquences que sur eux.  Donc que faire ?

 

J’ai décidé en janvier que l’école n’allait pas devenir le lieu du pourrissement des relations avec ma fille. Précision : je n’ai absolument pas peur d’être en conflit ouvert avec elle. Je trouve ça même très sain qu’elle me « tape dessus », psychologiquement s’entend, plutôt qu’elle ne tape sur la société plus tard. Je suis là pour ça : qu’elle teste ses capacités de révolte, d’usure, de refus, de silence, de colère etc sur moi, ça me va très bien. C’est mon rôle. Par contre, je me méfie beaucoup plus des conflits larvés : ceux qui s’installent insidieusement, qui dépassent leur champ d’action et gangrènent tout sur leur passage.

 

Surtout, Charlotte n’est pas une de ces ados qui ne savent pas quoi faire d’elles, elle passe un temps monstrueux à prendre des photos, à les retoucher, à dessiner, à faire des vidéos, les monter, créer des gifs animés et depuis bientôt deux ans, le graphisme flotte dans l’air. On en parle, elle y revient, s’en éloigne mais c’est là.

 

On discutait avec le prof principal et je lui expliquais tout ça. Je lui précisais même que j’étais mère célibataire et qu’il y avait des limites à tous les rôles que je pouvais endosser. Je dois choisir. J’ai vraiment ce sentiment : l’entonnoir se resserre, le champ des possibilités se réduit, et ce que l’on peut se passer à tour de rôle quand on est deux parents, je ne l’ai pas. Je ne suis pas surhumaine. Plus Charlotte grandit et multiplie la diversité de ses comportements, moins c’est fluide de mon côté. Je ne saurais trop comment l’expliquer, c’est très instinctif, mais ce sentiment est là. Il est hors de question que je sois une maman copine mais il est tout aussi inenvisageable d’être un général ivre d’autorité. Mais bref, soudain, ça était très clair dans ma tête, c’est sorti tout seul, j’ai regardé le prof principal et je lui ai dit : « Très bien, et si Charlotte passait un bac pro en graphisme ? Ca existe ? ». Précision, elle est admise en troisième, elle n’a pas de difficultés majeures. Il a été étonné mais pas fermé à cette idée. Il m’a parlé direct d’un lycée qui le faisait puis a fait machine arrière comme s’il avait laissé échappé quelque chose. Charlotte n’a apparemment pas le profil d’une ado à partir dans un bac pro, cela l’a donc surpris.

 

Il n’a pas été le seul, je me suis surprise toute seule : à chaque fois que nous en avons parlé avec Charlotte, il était évident qu’elle allait faire un bac général. Mais d’un coup, j’ai trouvé ça complètement idiot comme raisonnement. Pourquoi absolument le bac général ? Si Charlotte sait à priori ce qu’elle veut faire, pourquoi ne pas lui faire gagner du temps ? J’ai une image comme ça un peu catastrophique des bacs pros. Mais je soupçonne que mon état d’esprit est obsolète. Le bac général et après ? On en voit tous les jours des armadas de gens avec des mentions à cet examen, sur-diplômés qui se retrouvent en train de ramer au chômage. Je crois que l’époque est surtout aux gens débrouillards, autonomes, adaptables et réactifs. Je crois que l’époque est aux parcours particuliers, rien n’est garanti. Surtout, je veux que ma fille soit heureuse dans le métier qu’elle a choisi : se lever le matin content d’aller exercer une profession qu’on aime, ça n’a pas de prix.

 

Je suis rentrée et j’en ai parlé à Charlotte : au départ, elle a été décontenancée, elle avait comme moi ce mépris idiot pour les bacs professionnels. On a regardé ensemble et j’ai même envoyé un mail à l’école des Gobelins. Ma fille a eu plein de questions, de doutes. Rien n’est décidé évidemment mais tout ce que je sais, c’est qu’après deux heures de discussion à bâtons rompus dont je vous ferais grâce, elle est venue me voir en me disant avec un grand sourire : « écoute, merci, c’est beaucoup plus clair dans ma tête, j’ai l’impression d’entrevoir une direction possible, une direction à prendre ». Et là, j’ai réalisé à quel point ça devait être terrifiant pour des gosses de cet âge. La 4ème, c’est le compte à rebours qui commence, cette sensation de fin, les amis qu’on a depuis la primaire que l’on va perdre, ces foutues études qu’il faut choisir, cette terreur de ne pas être pris dans un bon lycée, cette pression qu’on leur demande déjà à cet âge d’assumer. Il y a comme un arrière goût de c’est trop tard. Je trouve ça horrible et je suis contente mais alors contente d’avoir décidé de ne pas entamer le bras de fer que j’entrevoyais pendant les quatre prochaines années mais plutôt d’avoir cherché une solution autre, du moins de tenter de proposer autre chose, une autre voie, de l’avoir fait sortir l’espace d’un instant de cette autoroute à pleine vitesse dans lequel elle est lancée sans qu’elle ait eu le temps de réaliser qu’elle y était entrée. Le temps d’une discussion ou plus, lui avoir proposé un chemin de traverse, une échappée belle…

 

Je l’ai sentie rassurée. Encore une fois, rien n’est décidé mais si après avoir fait des journées portes ouvertes dans différents établissements, si l’année prochaine elle souhaite toujours devenir graphiste, si après avoir fait son stage (que du coup on va choisir en fonction) cette envie persiste, je n’aurais plus aucune hésitation à inscrire Charlotte en bac professionnel de graphisme. Ce seront trois années de gagnées et ça lui en fera d’autant pour une éventuelle spécialisation ou une marche arrière. Si elle veut rétropédaler, on sera toujours à temps de lui faire passer un bac général en candidat libre. Nous vivons à une époque où tout change, évolue, pourquoi les études ne suivraient pas ?

 

J’ai vu du soulagement dans les yeux de ma fille, hier soir. Ca m’a fait mal au coeur parce que je n’avais pas soupçonné l’état dans lequel tous ces foutus choix à faire pouvaient la mettre. On s’acharne à balancer des discours appris par coeur depuis quelques générations : travaille sinon tu vas finir caissier(e), si tu fais des études, tu auras un boulot, choisis un métier qui rapporte de l’argent etc. Sauf que ces discours sont des fakes, ça ne marche plus obligatoirement comme ça. Le monde a changé et ils le savent. On les prend quelque part pour des idiots : tu auras beau faire un parcours exemplaire, rien n’est garanti. Alors autant prendre le temps de les écouter vraiment et pour ceux qui savent déjà ce qu’ils veulent faire, leur offrir l’opportunité d’aller s’éclater à apprendre ce qu’ils aiment vraiment.

 

Il y a aussi ce vertige qui me saisit quand je réalise la responsabilité qui m’incombe : comment être sûr que l’on pousse son enfant sur le bon chemin ? Et si je me plantais ? Se rend-on vraiment compte de ce que c’est d’influer sur le début d’une vie ? L’angoisse m’étreint, il y a aussi chez moi un arrière-goût de c’est trop tard alors que ce n’est pas de ma vie dont il s’agit. C’est complètement dingue de faire des enfants, je ne m’en remets jamais vraiment. La seule solution que j’entrevois, c’est de faire ce que je fais : écouter encore plus si c’est possible ma fille, lire entre les lignes et ne pas la coincer dans un schéma de pensée qui n’est que le mien. Si seulement les enfants savaient qu’être parent, ce n’est qu’une improvisation au long cours… Qu’on ne sait pas vraiment ce qu’on fabrique la plupart du temps… C’est la plus grande leçon d’humilité qui existe si l’on y prête vraiment attention.

 

Et pour finir, si certains d’entre vous qui me lisent, sont graphistes, j’aimerais beaucoup qu’ils échangent avec Charlotte pour lui expliquer vraiment ce qu’ils font. Merci d’avance 🙂

 

17 commentaires sur “L’avenir d’une ado : doutes et débuts de réponse

  1. j’adore ce que je vois de ta relation avec tes enfants, et je crois que vous avez une chance folle tous les 3 d’avoir réussi ensemble à avoir ce fonctionnement. Je le pense, sinon je me contenterais du silence 🙂

    « J’ai vu du soulagement dans les yeux de ma fille, hier soir. Ca m’a fait mal au coeur parce que je n’avais pas soupçonné l’état dans lequel tous ces foutus choix à faire pouvaient la mettre.  »
    holala mais non, au contraire, sois soulagée toi-aussi, c’est parfait tout ça puisque tu as pris les choses très tôt, et puis c’est une partie de l’autonomie dont tu parles de commencer à affronter ses angoisses sans ses parents, non?
    si tu étais constamment consciente de ses craintes, de ses hésitations, soit tu interviendrais et ça ne l’aiderait pas à grandir, soit tu le garderais pour toi et ça te minerait à juste titre.

    je ne suis pas graphiste, mais je connais une fille qui après un bac général très correct, s’est perdue en fac de droit avant de retourner en lycée pro pour une formation de stylisme parce que c’est ce qu’elle voulait faire, et elle s’y est éclatée.

    ce qui me vient à l’idée, en plus de discuter avec des graphistes de leur parcours, c’est de repérer différentes écoles, et de voir les modalités d’entrée. Tu sauras s’il y a ou non une voie commune qui mène à toutes, ou s’il existe différentes voies. Tu verras si faire tel choix ou tel autre ouvre ou ferme des possibilités, et donc s’il y a des arbitrages à faire.

    j’ai aussi une amie qui est passée par l’école penninghen, si ça t’intéresse.

    1. Hello 🙂

      Merci, on se débrouille tous les trois effectivement. C’est très gratifiant. Ce qu’il y a de rassurant avec tous les échanges que j’ai eu aujourd’hui, c’est que finalement, pour peu qu’on s' »étudie » un peu, chacun peut finalement trouver sa place.

      Pr Penninghen, je retiens merci beaucoup 🙂

  2. Bonjour Catnatt,

    Joli billet, il faut sortir des conditionnements.
    Oui la société à changé et la fameuse sécurité génèrent bien des vies gâchées.
    L’école des Gobelins est une excellente école complète et polyvalente qui forme à toutes les disciplines artistiques qui intéresse ta fille, qu’elle n’hésite pas, le profil des Gobelins est très recherché.
    Toi qui travaille en post prod, tu sais bien que, par exemple, des graphistes qui savent manier la 3D sont très recherchés et très très bien payé ;-).

    Je lui souhaite de réussir dans ce qu’elle aime.

    1. Coucou !

      Oui apparemment les gobelins, c’est très bien. Le truc c’est qu’il faut sortir du fantasme du métier de graphiste. Il faut que Charlotte se confronte à la réalité et on avisera à ce moment-là 🙂

  3. Je ne savais pas à quoi m’attendre en commençant à lire… et félicitations, je crois que c’est une décision pas facile mais vraiment intelligente.
    Je ne suis pas graphiste mais après une école de cirque, un bac scientifique, des classes prépas littéraires, un Bac +5 en géographie environnementale, une vie très parisienne, je suis devenue finalement… « commerçante en province »,
    le truc pas glamour, pas bien vu par ma famille, pas rock n’ roll, pas comme il faut par rapport à mon milieu, peu compris par mes amis…
    Mon choix je l’ai faite seule (très) mais le soulagement dont tu parles c’est celui que je vis à présent, les carcans ne vont à personne et à certains encore moins qu’à d’autres. Charlotte est intelligente et aura toujours l’énergie de tout chambouler 10 fois.
    Des graphistes jeunes et passionné(e)s par leur travail j’en côtoie tous les jours, ils seront ravis d’aider si besoin 😉

    1. Oh Mauve !

      Tu as été mon commentaire préféré, j’ai adoré ta trajectoire à l’envers 🙂

      Suis ravie d’apprendre que tu vas bien surtout !Merci pour l’aide proposée.

      Plein de bises !

  4. Je pense sincèrement que nous avons le même genre de fille: la mienne a quinze ans, elle dessine tout le temps, c’est sa passion comme le théâtre, la musique ou la chanson, c’est une artiste et il faut bien que nous l’admettions…Elle aussi est sans grand enthousiasme en classe, pas vraiment passionnée par les matières générales, sauf la techno et les matières littéraires et culturelles ( musique et art ) dans lesquelles elle excelle.
    J’ai fait le deuil très récemment d’un bac général, ce fut très difficile car je suis prof et j’avais du chemin à faire pour admettre la réalité…Ce sont mes collègues qui m’ont soutenue et aussi ouvert les yeux sur les bacs pro., j’ai été aux portes ouvertes et j’ai été époustouflée par le talent de ces jeunes graphistes. Ma fille a donc fait un stage en agence de communication et beaucoup partagé avec un étudiant à Estienne , fils de nos amis pour conforter son choix.
    Elle est transformée, elle a un projet : elle a déposé un dossier en Bac pro Marchandisage visuel et passe demain le test de positionnement en bac pro graphisme !
    Croisons tous les doigts, il n’y aura que quinze élus !

  5. Bonsoir 🙂

    C’est bien d’avoir été à l’écoute. Je trouve ça formidable. Je note le marchandisage visuel. Je regarderai également le test.

    Merci beaucoup pour tous ces renseignements précieux 🙂

  6. Bon, alors j’amène mon grain de sel. Attention, je raconte toute ma vie.
    Tout d’abord, j’enseigne en école d’art (et en section design graphique) depuis plus de quinze ans, dans le public (Amiens, Rennes, Le Havre, Angoulême, ensci) et, quelques années, dans le privé. Je suis aussi enseignant en fac d’arts plastiques depuis 1996.
    Je suis par ailleurs papa, et j’ai notamment une grande fille en 4e année d’études d’illustration à l’esad de Strasbourg.
    Mais je suis aussi un ex-adolescent pas très intéressé par l’école, qui s’y ennuyait la plupart du temps, mais qui passait son temps à faire du graffiti. Après avoir redoublé ma classe de troisième, je n’étais toujours pas très intéressé par l’école, et un jour on m’a regardé avec de gros yeux en me disant : « Si ça continue, tu ne passeras pas en seconde et on va devoir t’orienter ». Orienté, c’est à dire envoyé dans une filière professionnelle, c’était la honte, le truc des irrécupérables. Pourtant en théorie, c’est très bien, d’avoir une orientation, un but à ses études, une filière, un métier à apprendre. Mais en France c’est mal vu, parce qu’on pense que ça déterminera le reste de son existence, alors on préfère dire « Fais un bac S, toutes les portes te seront ouvertes ». Et tous les bons élèves se forcent à faire un bac S, et les mauvais aussi, d’ailleurs : les vrais science-geeks doivent se sentir en minorité dans les classes S.
    En tout cas j’ai pris les devants, je me suis dit, un peu vexé, « on veut m’orienter ? Très bien » et j’ai commencé à étudier les filières. J’ai découvert le CAP photo option retouche, et ça m’a semblé un formidable moyen pour aller travailler sur les prochains Star Wars avec George Lucas. Il y avait un petit concours, que j’ai passé, et réussi. À la fin de l’année, cependant, je suis passé en seconde, mais ça m’avait l’air bien, mon LEP, et c’était à Paris (j’habite en banlieue), en plus… Plusieurs amis de mes parents ont tenté de les convaincre de m’empêcher d’aller en LEP, mais mon parrain, agrégé de maths, trouvait ça plutôt bien.
    C’était un LEP en trois ans. J’y ai appris la photo, la retouche (à l’époque sans Photoshop, mais aux crayon et au pinceau), je n’étais pas un virtuose des matières techniques, mais bon en dessin et en théorie de la photo. Au bout de trois ans, j’ai réussi à ne pas avoir mon CAP, car j’ai du avoir 9/20 en pratique, ce qui était éliminatoire. Insouciant, j’ai négligé de le repasser l’année suivante (or j’avais eu une très bonne note à la partie théorie, que je pouvais garder d’une année sur l’autre). J’ai alors eu mon premier emploi : photograveur. Une catastrophe, on m’a viré après une semaine. Je me demande comment mes parents ont supporté tout ça 🙂
    À cette époque, mon père était au chômage mais mes parents m’ont quand même inscrit dans une prépa privée dans le but de faire de la pub… Je n’ai pas continué ce cursus hors de prix mais j’ai postulé pour les Beaux-Arts de Paris, où j’ai réussi à entrer. Là, j’ai passé trois ans à suivre le cours de morphologie/anatomie. Je n’allais jamais voir mon chef d’atelier, que je considérais comme un artiste sans intérêt (j’ai appris, depuis, qu’un mauvais artiste peut faire un bon prof et inversement).
    Au bout de trois ans, il m’est arrivé deux choses : un bébé, et le service national (civil : deux ans). J’ai laissé tomber les Beaux-arts pour la fac d’arts plastiques où, enfin, j’ai trouvé des choses excitantes : on était en pleine explosion du cdrom et ma fac abritait les artistes les plus à la pointe dans le domaine. Ma facc accueillait assez bien les gens qui n’avaient pas le bac. Très vite, j’ai été à la fois étudiant et programmeur pour des artistes, ce qui est devenu mon métier. J’ai fini par avoir mon premier diplôme, un deug, suivi d’une licence (en même temps que j’enseignais) et, quelques années plus tard, d’un DEA (équivalent Master 2 disons).
    Bref, j’ai tout fait dans le désordre. Mais j’ai profité d’un entourage bienveillant, de parents qui ont toujours cru en moi, et d’une certaine insouciance.

    (bon, la suite plus tard)

  7. Et maintenant, qu’est-ce que je conseillerais à ta fille ?
    Bien entendu, d’aller vers ce qui lui plait !
    Graphiste est cependant un métier difficile, parce que pour en vivre il n’est pas rare de devoir faire des choses ennuyeuses ou répétitives. C’est là où les études comptent, et même des études assez longues, parce qu’on y fait ce qu’on n’a plus le temps de faire après : réfléchir, inventer, s’amuser… Et se constituer un savoir-faire qui colle à ce qu’on veut faire.
    Les lycées professionnalisants dans le domaine sont a priori bons, par exemple Maximilien Vox ou Auguste Renoir à Paris. Mais les places sont chères ! Je ne pense aucun bien des équivalents dans le privé mais je ne les connais pas assez pour généraliser. Mon école de photo, qui s’appelait le LEP Quinault s’appelle à présent Brassai. Je pense que c’est une excellente formation, et un bon départ pour s’engager ensuite dans des études supérieures : Manaa (mise à niveau arts appliqués), ou école supérieure d’arts (publique). Je ne conseille la fac qu’en poursuite d’études, parce qu’on n’y apprend pas à travailler si on ne sait pas déjà le faire. Les formations d’arts appliqués genre céramique, textile ou que sais-je sont à mon avis des bons points de départ aussi, parce que même si ça semble en apparence assez éloigné, ça permet d’acquérir un savoir-faire, de se frotter à des réalités, d’apprendre à répondre à un sujet, de voir le monde professionnel,… Et quand on recrute les étudiants dans le supérieur, ce sont toujours des « plus » appréciables. L’école Boulle m’a l’air formidable, par exemple, quand je vois ceux qui en sortent. Idem Estienne, Duperré, Olivier de Serres…

    Ce qu’il faut que tu saches bien, c’est que le lycée est géré par l’éducation nationale, dont le cœur de métier est de dire « rêve pas » et de décourager les adolescents d’apprécier ce qu’ils font à l’école. Un élève qui a de trop bonnes notes, on fait tout pour l’empêcher de faire un bac pro. Un élève qui a de mauvaises notes, on l’empêche de s’y inscrire. Tout ça est assez incompréhensible. Et les conseillers d’orientation, si je me fie à mon expérience de père, ne connaissent rien aux domaines artistiques, ils ont des listes d’écoles, mais aucune idée des métiers…
    Donc n’attends pas beaucoup d’aide de l’éducation nationale.
    Ma fille aînée savait depuis ses cinq ans qu’elle voulait faire du dessin animé ou de l’illustration. Elle a baigné dans un environnement favorable, elle a connu toute petite de grands artistes du domaine, enfin elle avait tout pour elle. Mais on n’a jamais réussi à l’inscrire dans le lycée de son choix ! Il faut dire que les lycées d’arts parisiens ne sont pas tellement ouverts aux banlieusards, mais quand même…
    Bref, elle a fait une filière générale (L option théâtre), ce qui lui a pas mal profité malgré tout : pas de regrets. Et aujourd’hui elle est dans une école vraiment prestigieuse, en fin d’études.

  8. Bonjour, j’arrive sur ce post deux après votre « bataille ». Mon fils est exactement dans le même cas, en 4e cette année. Et nous envisageons boulle, maximilien fox ou renoir en bac STD2A. Qu’en est-il pour votre fille ?
    Cordialement
    Béatrice

  9. Bonjour béatrice.

    Charlotte a postulé à Renoir en bac STD2A. Elle a passé une année de 3ème assez compliquée : stages pdt les vacances + le stage obligatoire ; un book pr son dossier qui a du être refait complètement, mais elle a été prise à Renoir.

    S’en est suivi (donc cette année) deux trimestres en seconde à Renoir. Ils sont extrêmement exigeants, il y a un boulot monstre à faire, des expos, des planches et bcp de plantades.

    Il n’est pas du tout exceptionnel que Charlotte bosse jusqu’à 23h30 tous les soirs.

    En STD2A, il faut que les gamins ne confondent pas beaux arts et arts appliqués. Il faut sortir du scolaire, ce n’est pas un virage si simple à prendre et Charlotte continue de ramer même si elle s’améliore.

    Mon avis personnel : attention à Boulle. La compétition y est féroce. Il faut un tempérament assez fort, je pense.

    Après si vous avez d’autres questions ou si votre enfant veut échanger avec Charlotte par mail, on peut organiser ça 🙂

    PS : ne ratez surtout pas les journées portes ouvertes qui ont lieu en janvier ou en février.

    Bon week-end 🙂

    1. Bonjour,
      Ma fille est en 3ème et elle rédige en ce moment sa lettre de motivation pour entrer en 2nde STAA à Boulle. Un book est-il absolument nécessaire ?
      Je m’interroge aussi sur le choix de Boulle plutot que Vox (ou Renoir mais beaucoup plus loin de chez nous). Mon ado est très perturbée, angoissée, peu sociable mais transformée depuis qu’elle a découvert cette possibilité de poursuivre ses études avec des mômes qui lui ressemblent un peu plus. Elle a 15 de moyenne dans une très bonne école privée et est excellente en sciences (et bine sur techno et dessin. J’ai cru voir son portrait quand vous décrivez les loisirs de votre fille).
      Je suis maman célibataire aussi et c’est dur de prendre toutes ces décisions seule… Tellement peur de faire un mauvais choix et de les « orienter » trop tot.
      Pourrions nous organiser éventuellement un RV tél avec votre fille pour qu’elles parlent ?
      Bien à vous

    2. Bonjour Laurence

      Je ne connais que le process d’accession à la seconde STD2A et là le book est obligatoire. Vous êtes obligé de faire un choix et seul en fait le lycée désigné en 1 peut vous prendre. Il y a tellement de candidatures que les deux autres lycées sur Paris ne vous prendront pas (enfin, c’est ce que j’ai compris) .

      Quant aux futurs lycéeens qui seront avec elle, en fait Charlotte s’est pris une claque à ce sujet. Elle pensait vraiment tomber sur des gens comme elle, ça n’a pas du tout été le cas. L’expérience de Charlotte ne vaut que pour Charlotte hein.. Mais elle a été terriblement déçue, pour vous dire elle les appelle « les faces de pets » tant elle ne supporte pas une partie de sa classe : branchouilles, snobs, prétentieux, il y a toute une bande qui fait la pluie et le beau temps dans sa classe. Ils divisent le monde en deux : eux les « populaires », le reste « des boloss ». Ambiance, ambiance…

      Sinon, elle est vraiment ravie ! Pour un échange par téléphone, pas de soucis, envoyez vos coordonnées par mail : catnatt71@gmail.com

      Sachez qu’il est tout à fait possible en cas de doute à la fin de la seconde de réintégrer un lycée général, j’ai cru comprendre que l’équipe pédagogique de Renoir est très présente pour ça et nul doute que c’est le cas aussi ailleurs.

      Bien à vous

  10. Merci beaucoup pour votre réponse. Nous avons déjà fait les portes ouvertes de boulle cette année. On a été emballe vu les travaux présentés. Il est vrai que cette école est très reputee et du coup exigeante. Est ce que cela ira pour notre fils…. On a un ami qui vient de rentrer a boule cette année et qui est tres content. il n’a pas mentionné pour l’instant de difficultés. Mais il est vrai vu son caractère fait qu’il ne s’étale pas beaucoup en parole. Mais il a été pris… Et ne faisait pas parti des meilleurs niveau notes !!! Notre fils n’est pas tres scolaire et je me dis que…. Bref difficile. Nous avons aussi un ami (comme quoi quand on est confronté à un doute, on en parle autour de soi, et on s’aperçoit que d’autres ont la même problématique) qui vient d’entrer à Maximilien vox. Il n’était pas le meilleur non plus est a été accepté. Il est super content. Du coup , nous ne savons que faire. Nous avons encore le temps il n’est qu’en 4ème. Mais c’est assez dur pour lui : peut mieux faire, trop passif…. Bref le contraire quand il sort du contexte scolaire : il n’arrête pas de parler et de prendre la parole, ses activités extra scolaires sont « couronnées » par ses profs (vidéo, impro..,). Le scolaire l’étouffe et l’empêche d’être lui même, de montrer sa différence… Pourtant nous avons choisi un college privé sensé être à l’écoute de ses élèves : la seule chose qui les intéresse, les notes ! Au détriment de l’ado.
    Je vois donc que pour vous le chemin est compliqué aussi. Ce n’est jamais simple, lorsque nos enfants ne sont pas dans la norme. Mais votre fille a l’air de s’accrocher, la trouvez-vous plus épanouie qu’au college. Je garde en note votre proposition de dialogue par mail entre les ados. Merci

  11. Juste une question, comment ça se fait que depuis quelques temps j’ai des commentaires sur ce billet vieux de 2 ans ?

    Vous m’avez trouvée comment ?

  12. Bonsoir,
    Personnellement je vous ai trouvé par une recherche sur choisir une 2nde ST2A. je pense que c’est l’époque des demandes pour le choix de 2nde.
    Ce qui m’inquiéte c’est lorsque vous dites qui’il faut faire un choix 1 et que c’est le lycée du choix 1 qui décidera si oui ou non et que l’on ne pourra pas envoyer le dossier dans le choix 2. ça, ça change la donne. Car nous aussi, comme la fille de Laurence, notre fils veut tenter Boulle (après avoir fait les portes ouvertes cette année). Mais pas sûr qu’il soit pris, n’étant pas les meilleurs de son collège (privé). Un ami de notre fils a été admis cette année à Boulle, nous allons essayé de nous renseigner pour le book. Lors des portes ouvertes, une jeune fille nous a dit qu’elle n’avait pas présenté de book, mais une lettre de motivation ainsi que des lettres de recommandations. à suivre…. et merci catnatt de cette lettre ouverte sur le web….

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