Hang out avec NKM, hang out avec Hidalgo ou la différence entre échange (sportif) et rééducation (froide)

Je vis à Paris et j’ai eu la chance de faire un hang out (chat vidéo) avec d’autres internautes et les deux principales candidates à la mairie :  j’ai nommé NKM et Anne Hidalgo. L’exercice est fascinant tant il dit de choses sur les personnalités, le résultat est extrêmement surprenant, en tout cas pour moi.

 

Six internautes, une candidate et Daïc Auduit réunis sur un plateau virtuel afin que des citoyens lambdas puissent échanger avec une politique. Ils ne sont ni journalistes ni politiques, ne maîtrisent pas forcément les sujets mais sont les principaux concernés de cette élection. L’exercice est forcément particulier, le débat n’est pas toujours intéressant, en tout cas pas en totalité ; pour autant ça éclaire vraiment sur le rapport qu’entretiennent les candidates avec leurs électeurs. Le propos ici n’est pas de vraiment parler à proprement parlé du programme de ces deux personnes mais de rapporter mes impressions et sur l’exercice et sur l’interaction entre elles et moi.

 

 

© Olivier Couvreur / France 3 Paris Nathalie Kosciusko-Morizet et le journaliste Daïc Audouit, durant le débat interactif
© Olivier Couvreur / France 3 Paris Nathalie Kosciusko-Morizet et le journaliste Daïc Audouit, durant le débat interactif

 

Premier débat : NKM. Les trois thèmes que j’avais choisi étaient la nationalisation du débat, le financement du Grand Paris, les classes moyennes et le logement. Je n’ai pu en aborder que deux, faute de temps.

 

NKM le dit d’entrée de jeu, elle aime bien le hang out et c’est sincère, elle le démontrera tout le long du débat interactif. Elle joue le jeu et la preuve la plus éclatante, c’est que nous avons demandé à la fin si nous pouvions continuer car c’était agréable, nous étions dans l’échange même si pas toujours d’accord. Ce ne sera pas le cas avec Anne Hidalgo… Je ne sais trop pourquoi, mais j’étais parfaitement à l’aise – peut-être trop à l’aise ? – mes amis m’ont dit que je parlais aux politiques comme je m’adressais aux gens en général avec en prime mon côté sale gosse; je n’étais absolument pas impressionnée. Sur NKM, je partais avec un fort a priori, elle n’est pas de mon bord politique.  Je vais la titiller tout le long du débat. Sa façon de changer de sujet quand le terrain devient trop glissant m’a agacée et j’ai réalisé à quel point il est compliqué de casser la langue de bois des politiques tant ils sont surentraînés et ce sans passer pour quelqu’un d’agressif.

 

Les insuffisances de NKM sont devenues trop apparentes : programme flou et un positionnement anti Hidalgo-Hollande qui l’affaiblit vraiment à mon sens. Elle gagnerait à être moins « complotiste » (avec les impôts par exemple) et plus au dessus de la mêlée : en somme, elle est encore trop UMP, pas assez NKM et c’est probablement fondamental sur une élection locale. Il y a eu quelques séquences intrigantes comme les places d’urgence en crèche (14,16″), les concierges de quartier (22,34″) et les « brigades d’urgence de propreté » (26,29″) et ce débat m’a laissée perplexe quant à la moyenne d’âge des employés de la mairie de Paris : vu comme NKM s’appuie sur le départ à la retraite pour réformer l’administration, on dirait que c’est l’exode du troisième âge.

 

A partir de la 22ème minutes, j’agace clairement NKM, mais elle continue de jouer le jeu, elle ne transformera pas, contrairement à Anne Hidalgo, la « passe d’arme » en conflit personnel… Elle ne manque pas d’humour ou en tout cas elle se maîtrise assez pour en avoir l’air. A 30,24″ j’ai eu droit à « vous avez l’air de vivre dans un monde merveilleux, ça a l’air bien » manière de disqualifier mes propos (bien tenté !), ce à quoi je lui répondrai aimablement qu’elle est merveilleuse :). Sur le sujet qui me tient le plus à coeur, le logement et les classes moyennes, NKM me répondra par la construction ce que je trouve bien, mais dans le cas qui m’intéresse (mon amie d’enfance et j’y reviendrai prochainement dans un billet) j’en appelle à des solutions plus immédiates.

 

Bilan : positif. J’ai vraiment aimé l’exercice.

 

 

Olivier Couvreur
© Olivier Couvreur / France 3

 

Le deuxième débat avec Anne Hidalgo ne sera pas du tout dans la même ambiance, un moment ni détendu ni agréable et le soulagement sera palpable (en tout cas pour moi) quand ça se terminera. Soyons factuels, personne ne l’a retenue contrairement à NKM. Pourtant, je partais plutôt bien disposée vis-à-vis d’elle, excepté le fait qu’elle appartient au PS, parti avec qui j’ai quelques différents depuis un bon moment, mais je pensais vraiment que c’était quelqu’un d’abordable, de chaleureux et dans le dialogue. Je suis tombée de l’armoire : c’est exactement le contraire. Alors vous me direz, ce n’est pas la personnalité qui compte, c’est le programme. Certes. Mais il y a une chose très claire, si Anne Hidalgo ne partait pas avec le bilan plutôt positif de son prédécesseur, elle aurait un ÉNORME problème de communication.

 

Mes questions étaient les mêmes qu’avec NKM, l’angle étant différent sur la nationalisation du débat et je n’ai pas eu le temps comme pour le premier de parler du financement du Grand Paris. D’entrée de jeu, je fais part de mon mécontentement lié au gouvernement. La déclaration d’Hidalgo ne m’avait pas du tout plu, façon de verrouiller le sujet : ceux qui nationalisent le débat ne respectent pas la démocratie. Avec un argument massue pareil, c’est compliqué de parler. Si NKM a mis 22 minutes à manifester son agacement, Hidalgo ce sera dès le départ. Pourtant, je lui parle exactement sur le même ton. Elle a refusé totalement la discussion, son truc, c’est que c’est comme ça et pas autrement, le divorce entre certains électeurs du PS et ce parti se résout par la vie associative ou militer dans un parti. Fin de l’histoire. Pour Hidalgo, l’électeur est discipliné, il répond gentiment à la question qui lui est posée et surtout ne mélange pas tout sinon, il ne respecte pas la démocratie (manière de le disqualifier par la même occasion). Bien, bien, bien…

 

Si je comprends que mes propos n’aient pas plu à Hidalgo, ce qui va me sécher, c’est la façon dont elle va répondre au second internaute au sujet de l’impact économique des salons/foires  (10,24″). Autant je peux comprendre que je la gonfle, autant ce monsieur n’a rien fait pour susciter une réaction pareille : elle n’essaye pas de dialoguer ou de convaincre, elle assène que ce qu’il raconte est faux, point barre. Et là, je  comprends tout de suite que c’est sa conception du débat avec les citoyens, en tout cas s’ils ont le malheur de la contredire. Si j’avais des doutes sur le sujet, son débrief post débat entérine le postulat.

 

Au même titre qu’elle n’aime pas les comptes-rendus de la mairie de Paris – ça se sent, ça transpire – elle n’aime pas les débats interactifs avec les citoyens. C’est criant. Les citoyens ont (malheureusement) un avis sur tout (quelle angoisse) qu’il faut rationaliser parce qu’ils sont dans l’émotion, ils tiennent des propos caricaturaux ou font dans l’image d’Epinal, positive ou négative et grosso modo Anne Hidalgo est là pour rééduquer. A aucun moment, elle ne parle d’échange intéressant. C’est fascinant, non ? Le pire était que nous étions à ses yeux tous des geeks. Il faudrait peut-être apprendre à faire la différence entre un geek et quelqu’un qui sait se servir d’un ordinateur et des réseaux sociaux, hein… Je lui accorde peut-être une chose, c’est qu’elle est probablement très fatiguée, mais ça n’est en aucun cas mon problème.

 

Quelques séquences intéressantes : celle sur le mode de fonctionnement du Grand Paris (15,30″) où j’ai appris que finalement Paris mènerait la danse avec 30% des voix et lorsque j’aurais le malheur de dire que c’est pas très démocratique, elle m’expliquera que c’est la loi ; point barre. Encore une fois, elle n’essaye pas de me convaincre – je n’ai pas forcément la bonne analyse – elle me dit que c’est comme ça et pas autrement. De toute manière, ça va tellement la gaver qu’elle nous renverra à deux reprises à la fin à son programme (196 pages… je me suis d’ailleurs trompé, je lui en ai attribué 100 de plus, désolée) : grosso modo, j’ai déjà répondu à toutes vos questions dans mon programme, vous n’avez qu’à le lire au lieu de me faire perdre mon temps ! En tout cas, c’est ce que j’ai compris. Nous sommes pour elle des êtres passifs et pas actifs, c’est curieux à l’ère d’internet. L’attitude d’Hidalgo va parasiter ses points de programme qui deviendront, à mes yeux, quasi inaudibles, comme par exemple l’aménagement des grandes places parisiennes comme point de rencontre entre les citoyens et l’art. (32,01″). C’est dommage.

 

Sur le logement et les classes moyennes, elle propose plusieurs solutions, contrairement à NKM qui n’a parlé que de construction, c’est un point positif. J’ai bien tenté d’évoquer l’encadrement des loyers comme ils font à Berlin il me semble, mais je n’ai pas eu le temps de finir, ce qui a donné à mon grand désarroi un « Mais pourquoi on fait pas comme en Allemagne ? », je me serais tapée dessus :p. Cette séquence logement était intéressante, hormis le fait qu’Anne Hidalgo s’en remet quand même au secteur privé pour les logements à prix « classes moyennes » (moment « pacte de responsabilité », désolée, j’ai pas pu m’en empêcher). Malheureusement, ça a donné lieu aussi à une première séquence entre elle et moi qui démontre bien la tournure personnelle des choses : « je vous sens très réactive Nathalie », ce à quoi je vais lui répondre : « Ha mais apparemment vous l’êtes aussi… »  (37,29″).

 

Pour finir, il y a eu un échange plutôt très marrant avec @squintar et Hidalgo sur les taxis et les hôtels parisiens (41,32″) : Anne Hidalgo a l’intention de s’attaquer, pour ne pas le nommer, au site R’bnb.

 

Et nous avons terminé sur un « climax » qui en dira long sur la façon dont elle m’a prise en grippe « Je vous trouve très partisane, Nathalie »… alors que ce n’est même pas moi qui suis en train de parler ^^, c’est @squintar qui l’interpelle. Une séquence absolument hallucinante. (43,26 »). J’ai l’habitude que certaines personnes me « rejettent » de manière épidermique, c’est leur droit, à contrario certaines personnes m’aiment beaucoup tout aussi spontanément, mais en l’espèce c’est une politique qui s’adresse à moi et je trouve que ça dénote un manque de maîtrise de soi et un manque de compétence en communication assez frappant. J’ai détesté ce débat.

 

Une conclusion de toute beauté, il semblerait que le hang out ait continué malgré la coupure, l’émission était officiellement terminée – je ne sais pas vraiment, j’avais raccroché – mais il paraît qu’Anne Hidalgo s’est plainte de mon comportement, de mon « sourire, je sais pas quoi » et que j’étais une « Madame je sais tout ». On notera la faux-culterie de Madame qui est capable de dire que « les parisiens ont un avis sur tout et c’est très bien » et sa réaction exaspérée vis-vis de moi qui suis… une « madame je sais tout » donc. J’ai envie de dire, Madame Hidalgo faudrait savoir ! J’ai tellement apprécié… Ca m’a rappelé des souvenirs de scolarité où certains profs parce que je ne respectais pas le côté « maître-disciple » expliquaient que j’étais insupportable et insolente. Ca dit une chose : Anne Hidalgo est un professeur, l’électeur est un élève. Or je rappelle aux politiques français qu’ils nous doivent des comptes, c’est nous qui les mettons en place, ils doivent réussir à nous convaincre, pas nous traiter comme des gosses de 5 ans et demi qui ne comprennent rien ; et prendre l’électeur de manière frontale n’est pas à mon sens une très bonne technique.

 

Ce que j’en conclus à titre personnel ? NKM n’arrive pas à rendre son programme clair, il est trop réactif, elle est trop réactive par rapport à sa concurrente, mais elle est clairement plus proche des gens qu’Hidalgo. Quant à elle, heureusement qu’elle a le bilan Delanoë et qu’elle a l’intention de continuer dans la même lignée, ce qui lui apportera probablement la victoire. Mais une chose est certaine de mon point de vue, Anne Hidalgo n’aime pas les gens, elle aime les administrés, ce qui n’est pas du tout la même chose et je pèse vraiment mes mots. Des personnes qui dépendent d’une autorité administrative, voilà ce que nous sommes ; c’est technique, froid, clinique et passif. Elle daignera dialoguer (remarquez, bien obligée, hein…) avec des élus, des représentants mais des électeurs, sûrement pas.

 

Je ne sais si ces deux débats vous seront utiles, en ce qui me concerne, ce fut instructif et cela a entériné ma décision : au second tour, je voterai blanc. Par ailleurs, si France Télévisions se lançait dans un programme permanent de hang out avec les politiques, j’adorerai devenir « internaute professionnel », l’exercice m’éclate vraiment ! :p

 

Débat avec NKM

 

 

Mes interventions :

 

1,56″ (nationalisation du débat)

13,15″ (recrutement pour de nouveaux services à la mairie, donc potentielle augmentation des impôts ?)

15,55″ (organisation des places d’urgence en crèche)

21,08″ (recrutement de policiers municipaux, comment qu’on fait ? les départs à la retraite #runninggag)

22,17″ ( désaccord sur qui gère la propreté à Paris)

27,14″ ( recrutement des concierges de quartier, comment qu’on fait ? #runninggag

27,30″ (l’absentéisme du service propreté de la mairie de Paris)

30,29 (fast checking, moment « le Figaro dit n’importe quoi » le monde merveilleux de Catnatt :p )

41,28″ (logement et classes moyennes #Fred)

 

 

Débat avec Hidalgo

 

Mes interventions :

 

1,55″ (nationalisation du débat)

11,26 (séquence entre l’internaute et Hidalgo un peu musclée dirons-nous)

18,21″ ( le président du Grand Paris)

33,12 (logement et classes moyennes #Fred)

36,57 (séquence entreprises privées et utopie, point #PacteDeResponsabilité :p)

37,29″ (mon côté réactif)

43,26″ (ma partisanerie ^^)

2 commentaires sur “Hang out avec NKM, hang out avec Hidalgo ou la différence entre échange (sportif) et rééducation (froide)

  1. quitte à ce qu’on reparle à un autre moment de nkm et hidalgo (sacrée passe d’armes en effet ^^ ),
    j’ai repensé à ta première question sur la nationalisation du débat.

    la nationalisation du débat pourquoi pas,
    le problème plus général tu l’as dit toi-même c’est comment se faire entendre entre 2 élections identiques (2 présidentielles, en l’occurrence).
    Le « vote sanction » sur un autre scrutin, chaque électeur est libre alors à chacun-e de voir, si on pousse jusqu’à la caricature c’es un peu comme les punitions collectives en classe, ceux qui n’ont rien fait de mal trouvent ça injuste, mais comme les partis sont nationaux c’est pas si simple, je dirais qu’il y a du vrai dans les 2 points de vue.

    Là où ça devient paradoxal, c’est pour Paris, puisque justement il y a des rencontres à intervalle régulier dans tous les arrondissements, innovation de l’équipe en place, de même que la création de conseils de quartier. C’est ouvert à tout le monde, pas obligé d’y aller à chaque fois. Si Hidalgo était plus fine c’est ce qu’elle t’aurait répondu, elle a préféré te cornériser c’est pas très malin. Sur le principe y’a quand même pas photo : il faudrait que les élus puissent rendre des comptes en cours de mandat, et comme ce n’est pas le cas pour le gouvernement on sanctionnerait ceux… qui rendent des comptes en cours de mandat 😉

    Si on fait abstraction des cas particuliers, Paris ou autre, la question reste entière. C’est un problème posé carrément à toutes les démocraties représentatives à l’époque actuelle.
    Durant l’essentiel du 20e siècle, le modèle de la démocratie représentative (on élit des représentants à intervalles réguliers, on leur délègue notre pouvoir décisionnel pour la durée d’un mandat) a fonctionné en partie grâce aux « corps intermédiaires ». Les syndicats surtout, et le monde associatif, sont ces intermédiaires qui servent traditionnellement d’interlocuteur avec le pouvoir en cours de mandat. Le conseil économique et social (et environnemental depuis qqs années, CESE) avait aussi été créé dans ce but.
    Or les corps intermédiaires, ils sont de plus en plus désertés et de moins en moins écoutés. Un problème du Ps, c’est de vouloir ranimer ce système épuisé au lieu d’en proposer un nouveau. Hidalgo est sur cette voie en te suggérant de militer, c’est pas idiot en soi comme réponse mais c’est une réponse qui a 30 ans de retard parce que le système politique doit s’adapter à la société et prendre en compte que le militantisme est et va rester minoritaire. Idem quand Hollande relance le dialogue social, ce qu’il a fait pour de vrai, ou en redonnant plus de place au CESE. D’un certain point de vue c’est bien, et c’est respectueux des institutions telles qu’elles sont, mais ça ne tient pas compte de l’évolution de la société, c’est appliquer des réponses anciennes à des questions nouvelles.
    Là-dessus tu as donc raison, il faut proposer des moyens (neufs) aux électeurs de se faire entendre en cours de mandat, sur les enjeux nationaux.

    Quand le débat parlementaire dure plusieurs mois, que tout le monde est entendu dans des auditions publiques et que les débats en séance s’étalent sur des jours carrés, le printemps français et affiliés crient au scandale (débat tronqué, on nous écoute pas), parce qu’ils ont été mis en minorité et qu’ils ne l’admettent pas. Mais s’ils ont de l’audience c’est aussi parce que s’en prendre aux parlementaires c’est du pain bénit (avec leur complicité, le manque de transparence et le cumul des mandats ça agace légitimement).
    Depuis 1 an1/2, c’est la réacosphère qui descend dans la rue le plus massivement. Avec succès. Quand la gauche était dans l’opposition, nous trouvions souvent légitime que le gouvernement recule quand nous mobilisions la rue. Je supporte mal les sbires du printemps français, mais faut avouer que « c’est le jeu ma pauvre lucette ».
    Et du coup, quand nous descendons à notre tour dans la rue, c’est d’abord pour contrer ces réacs. Les mobilisations de gauche pour pousser le gouvernement à mettre le cap plus à gauche, fonctionnement moyennement (la dernière derrière mélenchon avait une certaine ampleur, mais moyenne, pas massive).

    Qu’est-ce qu’il y a d’autre? Des lieux de débat citoyen, y’en a parfois, pas souvent. Quoi d’autre? Des émissions de libre antenne genre « le téléphone sonne », des rencontres avec des particuliers comme le hangout auquel tu as participé ou sa version plus old school à la rédaction du Parisien.
    Et puis internet, par la voie des commentaires sur les sites persos des élus ou des partis, par les commentaires sur les sites de presse (ouais, là c’est « au secours! »), ou encore les blogs, twitter, etc.
    C’est d’ailleurs la raison de ta participation à ces hang out, je suppose, tu es bien identifiée sur twitter et par tes articles sur HCW.
    Il y a aussi moyen de s’adresser à son-sa député, qui tient des permanences dans sa circonscription, crois-bien que beaucoup d’électeurs ne s’en privent pas, et les parlementaires font régulièrement pression sur le gouvernement pour faire entendre ces messages de la base.

    Il existe donc des manières de s’adresser aux élus entre deux élections. Toi-même tu en utilises plusieurs.
    Il y a une autre question : ces interventions, que deviennent-elles? Si on est très minoritaire, on a moins de chance d’être entendu, mais en l’occurrence vu la cote de popularité de hollande-ayrault t’es pas la seule à te plaindre de l’exécutif, donc c’est pas ça. Quoique : entre deux mécontentements, sur sa droite et sur sa gauche, en ce moment n’est-ce pas celui qui gueule le plus fort qui se fait le plus entendre? A débattre.
    Un sentiment très répandu : les gouvernants sont sourds, ils n’écoutent pas. On disait la même chose d’autres gouvernements moins impopulaires, y compris dans leur camp, mais peut-être que tout bonnement c’était déjà vrai et ça l’est encore.

    Si c’est le cas (j’ai bien peur que ce soit assez largement le cas), alors ma manière de voir les choses serait plutôt :
    puisque toutes les autres manières de s’adresser aux gouvernants pour leur rappeler leurs engagements de campagne semblent avoir échoué, la seule carte qu’il reste à jouer pour y parvenir, c’est le vote sanction sur une autre élection. La nationalisation du débat, donc, comme ultime moyen de « se faire entendre ». C’est parfaitement logique, je dis pas le contraire.
    Vu du point de vue des équipes candidates partout en France, je trouve logique aussi de trouver ça injuste ou inapproprié de ne pas être jugé pour soi. Là encore, « c’est le jeu ma pauvre lucette ».

    entre ces 2 facteurs, d’une part des corps intermédiaires de moins en moins adaptés et puissants et pas vraiment remplacés par autre chose, de l’autre un pouvoir sourd y compris aux critiques de son propre camp (publiquement on a vu des critiques de malek boutih, de gérard colomb, en interne la grogne est beaucoup plus généralisée pour un résultat quasi inexistant), je n’arrive pas à me faire idée de ce qui pèse le plus lourd.
    Je crois qu’il y a une dimension de fond, structurelle. Et la manière dont ces problèmes structurels trouvent aujourd’hui, conjoncturellement, un apogée.

    (punaise, j’ai écrit 10 pages et je suis même pas sûr d’être clair, c’est la teuhon oO )

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