2 commentaires


  1. ·

    quitte à ce qu’on reparle à un autre moment de nkm et hidalgo (sacrée passe d’armes en effet ^^ ),
    j’ai repensé à ta première question sur la nationalisation du débat.

    la nationalisation du débat pourquoi pas,
    le problème plus général tu l’as dit toi-même c’est comment se faire entendre entre 2 élections identiques (2 présidentielles, en l’occurrence).
    Le « vote sanction » sur un autre scrutin, chaque électeur est libre alors à chacun-e de voir, si on pousse jusqu’à la caricature c’es un peu comme les punitions collectives en classe, ceux qui n’ont rien fait de mal trouvent ça injuste, mais comme les partis sont nationaux c’est pas si simple, je dirais qu’il y a du vrai dans les 2 points de vue.

    Là où ça devient paradoxal, c’est pour Paris, puisque justement il y a des rencontres à intervalle régulier dans tous les arrondissements, innovation de l’équipe en place, de même que la création de conseils de quartier. C’est ouvert à tout le monde, pas obligé d’y aller à chaque fois. Si Hidalgo était plus fine c’est ce qu’elle t’aurait répondu, elle a préféré te cornériser c’est pas très malin. Sur le principe y’a quand même pas photo : il faudrait que les élus puissent rendre des comptes en cours de mandat, et comme ce n’est pas le cas pour le gouvernement on sanctionnerait ceux… qui rendent des comptes en cours de mandat 😉

    Si on fait abstraction des cas particuliers, Paris ou autre, la question reste entière. C’est un problème posé carrément à toutes les démocraties représentatives à l’époque actuelle.
    Durant l’essentiel du 20e siècle, le modèle de la démocratie représentative (on élit des représentants à intervalles réguliers, on leur délègue notre pouvoir décisionnel pour la durée d’un mandat) a fonctionné en partie grâce aux « corps intermédiaires ». Les syndicats surtout, et le monde associatif, sont ces intermédiaires qui servent traditionnellement d’interlocuteur avec le pouvoir en cours de mandat. Le conseil économique et social (et environnemental depuis qqs années, CESE) avait aussi été créé dans ce but.
    Or les corps intermédiaires, ils sont de plus en plus désertés et de moins en moins écoutés. Un problème du Ps, c’est de vouloir ranimer ce système épuisé au lieu d’en proposer un nouveau. Hidalgo est sur cette voie en te suggérant de militer, c’est pas idiot en soi comme réponse mais c’est une réponse qui a 30 ans de retard parce que le système politique doit s’adapter à la société et prendre en compte que le militantisme est et va rester minoritaire. Idem quand Hollande relance le dialogue social, ce qu’il a fait pour de vrai, ou en redonnant plus de place au CESE. D’un certain point de vue c’est bien, et c’est respectueux des institutions telles qu’elles sont, mais ça ne tient pas compte de l’évolution de la société, c’est appliquer des réponses anciennes à des questions nouvelles.
    Là-dessus tu as donc raison, il faut proposer des moyens (neufs) aux électeurs de se faire entendre en cours de mandat, sur les enjeux nationaux.

    Quand le débat parlementaire dure plusieurs mois, que tout le monde est entendu dans des auditions publiques et que les débats en séance s’étalent sur des jours carrés, le printemps français et affiliés crient au scandale (débat tronqué, on nous écoute pas), parce qu’ils ont été mis en minorité et qu’ils ne l’admettent pas. Mais s’ils ont de l’audience c’est aussi parce que s’en prendre aux parlementaires c’est du pain bénit (avec leur complicité, le manque de transparence et le cumul des mandats ça agace légitimement).
    Depuis 1 an1/2, c’est la réacosphère qui descend dans la rue le plus massivement. Avec succès. Quand la gauche était dans l’opposition, nous trouvions souvent légitime que le gouvernement recule quand nous mobilisions la rue. Je supporte mal les sbires du printemps français, mais faut avouer que « c’est le jeu ma pauvre lucette ».
    Et du coup, quand nous descendons à notre tour dans la rue, c’est d’abord pour contrer ces réacs. Les mobilisations de gauche pour pousser le gouvernement à mettre le cap plus à gauche, fonctionnement moyennement (la dernière derrière mélenchon avait une certaine ampleur, mais moyenne, pas massive).

    Qu’est-ce qu’il y a d’autre? Des lieux de débat citoyen, y’en a parfois, pas souvent. Quoi d’autre? Des émissions de libre antenne genre « le téléphone sonne », des rencontres avec des particuliers comme le hangout auquel tu as participé ou sa version plus old school à la rédaction du Parisien.
    Et puis internet, par la voie des commentaires sur les sites persos des élus ou des partis, par les commentaires sur les sites de presse (ouais, là c’est « au secours! »), ou encore les blogs, twitter, etc.
    C’est d’ailleurs la raison de ta participation à ces hang out, je suppose, tu es bien identifiée sur twitter et par tes articles sur HCW.
    Il y a aussi moyen de s’adresser à son-sa député, qui tient des permanences dans sa circonscription, crois-bien que beaucoup d’électeurs ne s’en privent pas, et les parlementaires font régulièrement pression sur le gouvernement pour faire entendre ces messages de la base.

    Il existe donc des manières de s’adresser aux élus entre deux élections. Toi-même tu en utilises plusieurs.
    Il y a une autre question : ces interventions, que deviennent-elles? Si on est très minoritaire, on a moins de chance d’être entendu, mais en l’occurrence vu la cote de popularité de hollande-ayrault t’es pas la seule à te plaindre de l’exécutif, donc c’est pas ça. Quoique : entre deux mécontentements, sur sa droite et sur sa gauche, en ce moment n’est-ce pas celui qui gueule le plus fort qui se fait le plus entendre? A débattre.
    Un sentiment très répandu : les gouvernants sont sourds, ils n’écoutent pas. On disait la même chose d’autres gouvernements moins impopulaires, y compris dans leur camp, mais peut-être que tout bonnement c’était déjà vrai et ça l’est encore.

    Si c’est le cas (j’ai bien peur que ce soit assez largement le cas), alors ma manière de voir les choses serait plutôt :
    puisque toutes les autres manières de s’adresser aux gouvernants pour leur rappeler leurs engagements de campagne semblent avoir échoué, la seule carte qu’il reste à jouer pour y parvenir, c’est le vote sanction sur une autre élection. La nationalisation du débat, donc, comme ultime moyen de « se faire entendre ». C’est parfaitement logique, je dis pas le contraire.
    Vu du point de vue des équipes candidates partout en France, je trouve logique aussi de trouver ça injuste ou inapproprié de ne pas être jugé pour soi. Là encore, « c’est le jeu ma pauvre lucette ».

    entre ces 2 facteurs, d’une part des corps intermédiaires de moins en moins adaptés et puissants et pas vraiment remplacés par autre chose, de l’autre un pouvoir sourd y compris aux critiques de son propre camp (publiquement on a vu des critiques de malek boutih, de gérard colomb, en interne la grogne est beaucoup plus généralisée pour un résultat quasi inexistant), je n’arrive pas à me faire idée de ce qui pèse le plus lourd.
    Je crois qu’il y a une dimension de fond, structurelle. Et la manière dont ces problèmes structurels trouvent aujourd’hui, conjoncturellement, un apogée.

    (punaise, j’ai écrit 10 pages et je suis même pas sûr d’être clair, c’est la teuhon oO )

    Répondre

  2. ·

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *