Dans la tête de François Hollande

Quelques réflexions rapides sur la soirée spéciale François Hollande sur France 3.

 

J’ai préféré le second documentaire en terme d’analyse parce qu’il m’apportait peut-être plus de réponses concrètes à mes interrogations. Le premier était plus « psychologique » et évoquait beaucoup plus la vie privée du Président. Mais que se passe-t-il dans la tête de François Hollande en terme de politique ? A part nous expliquer que c’est un socio-démocrate, il n’y a rien et ça, c’est extrêmement ennuyeux. La social-démocratie, finalement, personne n’est vraiment contre ; vivre dans une économie de marché sans vivre dans une société de marché, sur le principe, je ne vois pas qui peut se mettre à hurler compte tenu que nous vivons dans une économie mondialisée.

 

Mais est-ce vraiment de la politique ? Je me le demande, ça s’apparente plus à de la gestion, de la comptabilité. Lors du hang out avec Anna Cabana, Franz Olivier Giesbert et Martin Gouesse, j’ai maladroitement essayé de dire que peut-être que le « divorce » entre les Français et François Hollande venait de là.  Je parie comme M dans la liste que j’ai publiée que le prochain président réussira l’exploit de descendre encore en plus bas dans les sondages parce que ce ne sont plus les individus qui sont en cause, c’est le système. Le système de la Vème République est obsolète, il était taillé sur mesure pour des chefs d’état qui avaient une vision politique dans un contexte où les idéologies continuaient d’exister et de se battre. Mise à part l’écologie, il n’y a plus d’idéologie, il n’est plus question que de comptabilité. Cette Vème République n’en finit pas de nous promettre le prince charmant que nous porterons dans une clameur collective sur son trône. C’est du délire puisque nous faisons face à un casting de technocrates. On devrait pousser le curseur jusqu’au bout et élire un conseil d’administration et un PDG. Finalement, la situation aurait le mérite d’être plus claire pour tout  le monde et on pourrait en toute légitimité licencier une équipe parce qu’elle n’a pas fait assez de profits. Et sans parachute doré !

 

Ce que je retiens des documentaires, c’est que la bonhommie du président est une façade, qu’il est machiavélique (au sens premier du terme), froid, calculateur et têtu. On a beaucoup cité Mitterrand dans la méthode et Delors dans la façon de penser. Autant dire que nous sommes très loin de l’homme du Bourget. Ce n’est pas parce que personne ne l’a vu arriver que ce n’est pas avant tout la réussite d’un égo monstrueux, d’une ambition dévorante, l’histoire d’un homme qui n’arrive jamais vraiment à s’engager totalement (dixit le documentaire). Si j’avais encore un soupçon d’empathie pour lui, c’est terminé.

 

Pour finir, ce que je retiens également, c’est le moment où Franz-Olivier Giesbert évoque, pour changer (!) le modèle allemand et cette fameuse croissance après laquelle on court. Mais plus ça va, plus je me dis que la croissance, c’est comme le plein emploi, c’est en train de devenir un fantasme, une Atlantide. Ceux qui nous bassinent avec ces deux concepts sont-ils encore réalistes ? Le monde entier court après la croissance, la Chine plus que les autres. Mais si l’on a entériné sans mot dire que le plein emploi ne reviendra pas – de moins en moins de politiques osent employer le mot vu que c’est quand même bien prendre les gens pour des cons – la croissance continue de nous faire courir comme le bip-bip du dessin animé. On l’envisage comme quelque chose d’exponentiel, elle est infinie. Pour combien de temps encore ? Mon raisonnement est facile parce qu’il s’arrête là. Je n’ai pas de solutions concrètes sauf que si l’écologie reste la seule perspective en dehors d’une gestion, elle s’accompagne automatiquement d’un phénomène de décroissance.

 

Voilà, j’ai prononcé le gros mot. Décroissance. Mais pour ça, il faudrait que tous ceux qui nous parlent, médias, politiques, analystes veuillent bien sortir la tête du guidon. Et ce n’est pas prêt d’arriver…

 

Pour résumer, une soirée ma foi fort intéressante, c’est toujours très agréable de débattre même si c’est toujours trop court. J’attends le discours de politique générale de Manuel Valls et de voir si la fronde de certains élus PS se maintiendra. Le timing de Valls est implacable, les conseillers d’état sont désignés demain, qui mordra à la carotte ?

 

Voici la vidéo du hang out. Il y a par contre un problème de son au départ. Je n’ai pas réussi à mettre la main sur le lien des replay des docs.

 

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